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Drame d'Allinges : le chauffeur du car "dévasté" par son erreur

Une journée très émouvante au procès de la collision d'Allinges avec le témoignage du chauffeur du car scolaire percuté en 2008 par un TER à un passage à niveau en Haute-Savoie. Un accident qui avait fait 7 morts parmi les collégiens.

L'accident avait coûté la vie à sept collégiens à Allinges en juin 2008
L'accident avait coûté la vie à sept collégiens à Allinges en juin 2008 Crédit : AFP / Archives, Jean-Pierre Clatot
Serge Pueyo et La rédaction de RTL

"J'aurais préféré partir avec eux que d'être là aujourd'hui. Parce que ça, c'est terrible", a lâché en larmes, le chauffeur du car qui été avait percuté par un TER en 2008, tuant sept collégiens à Allinges en Haute-Savoie, lors du troisième jour du procès. "On roule des années, on fait toujours attention et là d'un seul coup, en dix secondes, c'est parti", a poursuivi Jean-Jacques Prost, la voix tremblante, à la barre du tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains.

Chauffeur de car pendant 18 ans, M. Prost, 54 ans, moustache et cheveux grisonnants, n'avait jamais perdu un seul point sur son permis de conduire avant l'accident du 2 juin 2008. Regard dans le vide, il a répondu une heure durant aux questions du président, en cherchant souvent ses mots. "C'est des enfants que j'ai aimés. C'étaient les miens, quelque part, dans le car", a-t-il raconté. 

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Journée éprouvante pour les familles des victimes Crédit Média : Serge Pueyo | Durée : | Date :

En pleurs en s'adressant aux familles

Il s'est adressé aux familles, en étouffant des sanglots: "Je tiens à leur dire que je partage avec eux ces moments de douleur, depuis le début". Ne contenant plus ses larmes, M. Prost a aussi évoqué sa vie qui "s'est dégradée petit à petit" et les "regards des gens qui (le) croisent dans la rue et qui vous disent plus bonjour". Tremblant d'émotion, il a terminé son audition en pleurs, penché sur la barre du tribunal, la tête entre les mains. A la suspension d'audience, des parents des victimes essuyaient leurs larmes en quittant la salle.

"J'étais dans l'ignorance totale"

Le chauffeur du car
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Auparavant, M. Prost avait été longuement interrogé sur ses différentes manoeuvres au moment de traverser le passage à niveau. Il a raconté avoir d'abord "cru à une blague" quand il a entendu une élève dire qu'une barrière se baissait alors que le car était engagé en plein milieu de la voie ferrée.  M. Prost n'avait ni vu ni entendu les signaux de déclenchement du passage à niveau. "J'étais dans l'ignorance totale", a-t-il assuré. Freinant pour ne pas endommager le car, il n'a ensuite pas réussi à redémarrer, la pédale d'accélération restant "bloquée au sol". "Je me suis senti piégé", a-t-il répété à maintes reprises.

"J'aurais pu faire quelque chose"

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L'enquête n'a pourtant pas révélé d'anomalie sur la pédale d'accélération du car. Et le récit de M. Prost n'est pas compatible avec le rapport d'expertise qui estime que le car est resté bloqué contre le trottoir après un braquage à droite. "C'est flou dans ma tête", s'est excusé le chauffeur en reconnaissant que les experts disaient peut-être vrai. "Le plus terrible pour moi, c'est que j'aurais pu faire quelque chose (...). C'est ça qui me ronge aujourd'hui", a-t-il dit.

En marge de l'audience, David Héraclide, porte-parole de l'association de familles de victimes Le Sourire des Anges, s'est dit "atterré par l'imprécision de son témoignage et par le sentiment qu'il n'assume pas". M. Prost, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) sont poursuivis pour homicides et blessures involontaires. Le procès doit s'achever le 12 avril.

(Avec AFP)

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