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L'enseignante agressée près de Poitiers sur RTL : "Sans mes collègues j'aurais sombré"

C'est un témoignage poignant qu'a recueilli Christian Panvert, correspondant de RTL dans le Centre : celui de Violaine. Cette enseignante d'histoire et géographie du collège Jules-Verne de Buxerolles, près de Poitiers, a été agressée mercredi par la mère d'un élève de quatrième, à la suite d'une remarque dans le cahier de correspondance. Très marquée par cette terrible expérience, elle ne compte pas pour autant arrêter son métier. Les enseignants ont maintenu leur droit de retrait pour la journée. Les cours devraient reprendre normalement vendredi matin. Le collège sera fermé le 20 septembre pour "une journée qui sera l'occasion pour la communauté éducative de réfléchir sur les conditions de travail, sur les relations entre les enseignants, les élèves, les parents".

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La rédaction numérique de RTL
et Christian Panvert

L'enseignante agressée près de Poitiers témoigne sur RTL

- Qu'est ce qui se passe dans votre tête lorsque vous voyez cette dame rentrer dans votre classe ?

"Ma première réaction, c'est de dire : 'Tiens, il y a du nouveau personnel dans l'établissement !'. Je suis un petit peu surprise. J'essaie de ne pas perdre le contact avec ma classe. Et puis je la vois se diriger vers moi. Le papa reste au fond, bloquant la porte. Et là je reconnais la maman d'Emmanuel. Et elle commence à m'agresser verbalement. Je m'étonnais un peu de sa présence dans la salle.

Je lui dis : 'Comment avez-vous pu monter jusqu'ici ?'. Et puis voyant qu'elle ne voulait pas partir, j'ai demandé à une élève d'aller alerter le chef. Et elle a donné l'ordre à l'élève de ne pas bouger. La petite était déjà partie. Elle est retournée sur ses pas, car la maman lui a dit péremptoirement : 'Toi, tu ne bouges pas d'ici !'. Je me suis levée pour aller jusqu’à la porte pour permettre à l'enfant de sortir. Et une fois que je me suis retrouvée debout, sans aucune raison, puisque j'avais décidé de ne plus lui adresser la parole et d'attendre l'arrivée du chef, c'est là qu'elle a commencé à me toucher, à m'arracher mes lunettes et puis à me frapper. Une gifle !

Et puis instinctivement, je l'ai repoussée. Et là, j'ai reçu un coup de pied très violent dans le ventre qui m'a pliée en deux. A ce moment-là, j'ai quitté la salle, car je n'ai pas voulu que les élèves me voient en train de pleurer. Et puis surtout, j'avais du mal à me tenir debout, et je suis allée m'assoir sur les escaliers. Hier, heureusement que mes collègues se sont relayés auprès de moi, parce que ça m'a évité de sombrer."


- Dans quel état d'esprit vous êtes aujourd'hui est ce que vous vous dites j'arrête ce métier ou je continue ?

"Non, je ne vais pas arrêter ce métier, c'est très enrichissant d'être au contact des enfants. C'est un challenge tous les matins. Ils sont très attachants. Même Emmanuel avait des côtés attachants. Et c'est justement parce qu'on s'intéresse à eux qu'on met des mots dans les carnets, parce que sinon ça serait de l'indifférence. Non je n'ai pas envie d'arrêter..."

- Il faut reprendre vite ?


"Oui, j'ai envie de reprendre. Mais en même temps, il faudrait que je sois capable de contrôler mon émotion. Je vais voir ça avec mon médecin. Comme on dit, il faut remonter sur le cheval le plus vite possible. Je vais essayer d'y retourner bien sûr".

La mère de famille, âgée de 32 ans, a été déférée devant le procureur de la République jeudi matin qui a prolongé sa garde à vue, au cours de laquelle elle a également donné une gifle et un coup de pied à un policier. Elle doit répondre de "violences sur fonctionnaires et violences sur agents de la force publique".

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a jugé "inacceptables" les deux agressions dont ont été victimes des enseignants et "fermement" condamné le recours à la violence, en marge d'une réunion sur la refondation de l'école.

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L'enseignante agressée près de Poitiers sur RTL : "Sans mes collègues j'aurais sombré"
L'enseignante agressée près de Poitiers sur RTL : "Sans mes collègues j'aurais sombré"
C'est un témoignage poignant qu'a recueilli Christian Panvert, correspondant de RTL dans le Centre : celui de Violaine. Cette enseignante d'histoire et géographie du collège Jules-Verne de Buxerolles, près de Poitiers, a été agressée mercredi par la mère d'un élève de quatrième, à la suite d'une remarque dans le cahier de correspondance. Très marquée par cette terrible expérience, elle ne compte pas pour autant arrêter son métier. Les enseignants ont maintenu leur droit de retrait pour la journée. Les cours devraient reprendre normalement vendredi matin. Le collège sera fermé le 20 septembre pour "une journée qui sera l'occasion pour la communauté éducative de réfléchir sur les conditions de travail, sur les relations entre les enseignants, les élèves, les parents".
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2012-09-13 11:18:00
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