2 min de lecture Présidentielle 2017

Les médias sont-ils prisonniers du système ?

INVITÉS RTL - Maurice Szafran, ancien directeur de "Marianne" et éditorialiste à "Challenges" et Stéphane Hugon, sociologue et directeur de la société d'études Eranos évoquent la défiance du public vis-à-vis des médias.

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Les médias sont-ils prisonniers du système ? Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTLNET | Date :
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Yves Calvi et Léa Stassinet

Ils sont désormais la cible préférée des militants lors des meetings politiques. La défiance vis-à-vis des journalistes n'a jamais été aussi forte. Début février, en pleine affaire Fillon, Jean-Pierre Raffarin les avait même fait siffler lors d'une réunion publique à Poitiers. Dernièrement, des journalistes de Quotidien et du Petit journal ont été agressés lors d'un meeting de François Fillon. Principales critiques faites aux médias : leur proximité avec certains partis politiques, mais aussi avec les capitaines d'industrie qui les possèdent. Au point que beaucoup de Français affirment désormais se tourner vers les réseaux sociaux. 

Certains ont accusé les médias d'avoir pris parti contre François Fillon lorsque l'affaire des supposés emplois fictifs de son épouse Penelope. Mais Maurice Szafran, éditorialiste au magazine Challenges tient à remettre les choses à leur place. "Si on reprend l'affaire Fillon et le comportement  de la presse française, nos confrères qui ont sorti l'affaire ont été très modérés dans leur enquête, par rapport à ce qu'il se serait passé dans les grands pays démocratiques. La presse anglaise, espagnole ou italienne aurait déchiré François Fillon, bien plus que nous ne l'avons fait, il faut en être conscient", rappelle celui qui est également l'ancien directeur de Marianne

"Le problème des journalistes c'est qu'on appartient au même milieu que les gens qu'on observe et qu'on raconte, c'est cela que les Français nous reprochent", poursuit Maurice Szafran. "Ce qui veut bien dire que quand on se met du point de vue du public, il y a l'expression d'une défiance totale par rapport à tous ceux qui depuis près de 200 ans avaient le pouvoir de dire et d'expliquer", analyse le sociologue Stéphane Hugon. "Cela concerne aussi les médecins, les marques commerciales ; le complot n'est pas spécialement centré contre les politiques et les médias, mais il est l'expression d'une rupture". 

On est dans le même sac que les politiques, mais encore plus bas dans la côte de popularité

Maurice Szafran, ancien directeur du journal Marianne
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Selon Maurice Szafran, "il y a la réalité et les fantasmes". On a souvent reproché aux journalistes de rouler pour Emmanuel Macron, ce qui est faux, explique-t-il. "Si vous observez les journalistes politiques, ils ont été extrêmement défiants vis-à-vis de Macron depuis le début. Qui a expliqué, à tort, que c'était une bulle ? Qui a fait campagne contre lui pendant un mois en martelant qu'il n'avait pas de programme ? C'est trop simple de dire que c'est une créature de la presse politique". 

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Compte-tenu de la méfiance qui règne actuellement à l'égard des médias, de plus en plus de citoyens se tournent vers les réseaux sociaux. "Et ça change tout", dit Maurice Szafran. "Il y a une expression quotidienne immédiate à chaque seconde, contre les politiques et contre ce qu'il y a de pire encore que les politiques pour les Français, les journalistes. On est dans le même sac qu'eux, mais encore plus bas dans la côte de popularité", déplore l'éditorialiste. "On est face à quelque chose de nouveau dans notre société", annonce Stéphane Hugon, directeur de la société d'études Eranos. "C'est que finalement peu de gens s'intéressent au fond du problème c'est-à-dire à la nature même des affaire ou des sujet. On est face à une communication forte avec de l'information faible, soit la structure même des réseaux sociaux, sorte de caisse de résonance", précise le sociologue. 

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