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Vendredi 11 avril 2014 : Le double-crime des sœurs Papin

Le 2 février 1933, la police du Mans découvre le cadavre de Madame Lancelin et de sa fille, frappées à coups de marteau et de couteau. Très vite, Christine et Léa Papin, les deux bonnes au service de la famille avouent ce meurtre particulièrement odieux. Acte de folie ou tragique illustration de la lutte des classes ? Ce double meurtre va passionner la France entière et les enquêteurs ont cherché en vain à comprendre les motivations des deux sœurs...

Jacques Pradel
Jacques Pradel
Crédit : Elodie Grégoire
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Bonjour à tous !

A la demande de nombreux auditeurs de L'Heure du Crime sur rtl.fr, nous ouvrons le dossier d’un fait divers tragique… comme il n’y en a qu’un ou deux par siècle !
 
C’est l’histoire de deux sœurs, Christine et Léa Papin, domestiques modèles, qui commettent un véritable carnage dans une maison bourgeoise de la ville du Mans, le 2 février 1933.
 
Les victimes, atrocement massacrées et défigurées, sont leur patronne, Léonie Lancelin, et sa fille de 21 ans, Geneviève. La scène du crime atteint les sommets de l’horreur. Du sang partout, un œil humain sur une marche d’escalier. L’affaire a bouleversé la France de l’époque.
 
Qui étaient vraiment les sœurs Papin ? Comment expliquer cette crise de folie meurtrière ? La passion où la haine peuvent-elles expliquer la violence du crime ?  Leur geste était-il prémédité ? La justice les a considérées comme totalement responsables de leur acte avant de les condamner très lourdement en 1933.
 
Nous revenons sur l’ensemble du dossier dans un instant avec mon invité, Frédéric Chauveau  professeur d’Histoire contemporaine à l’université de Poitiers, un des meilleurs connaisseurs du dossier…

Jacques Pradel


Le 2 février 1933, René Lancelin, accompagné de deux agents de la police du Mans, fait une macabre découverte à son domicile du 6 rue Bruyère : sa femme et sa fille, atrocement mutilées, tuées à coups de marteau et de couteau.
Le propriétaire et les policiers s'attendent alors à trouver les deux bonnes de la famille, les sœurs Papin, dans le même état… Ils se rendent dans les combles, où logent les deux jeunes femmes, et les trouvent en fait vivantes, prostrées dans le lit, un marteau ensanglanté à leur côté.

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Les deux sœurs avouent rapidement. Christine, l'aînée, déclare qu'il s'agissait d'un acte de défense.

Lors de son interrogatoire, Christine explique que tout a été déclenché par une panne d'électricité. Alors qu'elle et sa sœur repassaient, les plombs ont sauté. Quand la maitresse de maison et sa fille sont revenues, les deux sœurs ont fait état de l'incident. La patronne s'est mise en colère et c'est à ce moment-là que les sœurs se sont jetées sur les deux femmes pour leur arracher les yeux. Elles ont alors fini leur acte en frappant à coup de marteau et de couteau les deux femmes Lancelin.

Christine finit son interrogatoire en disant qu'elle n'a aucun regret. Léa, quant à elle, refuse de donner des explications. Elle se contente de confirmer tout ce qu'a dit sa sœur.

J'aime mieux avoir la peau de mes patronnes plutôt que ce soit elles qui aient la mienne ou celle de ma sœur

Christine Papin


 
Le lendemain, le drame fait la une du journal local La Sarthe du Soir : " Horrible forfait. Mme Lancelin et sa fille Genviève assassinées par leurs bonnes ". Les Lancelin étaient très connus dans la ville du Mans.
Le journal Détective a, quant à lui, titré : " Les brebis enragées "

Les soeurs Papin à la une de Détective
Les soeurs Papin à la une de Détective
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Après quelques mois d'enquête, les sœurs ne sont pas inculpées des mêmes chefs. Christine est accusée du double-meurtre, mais Léa seulement de complicité pour le meurtre de Mme Lancelin.
 
Le procès a lieu en septembre 1933 devant les Assises de la Sarthe.

Les soeurs Papin à leur procès
Les soeurs Papin à leur procès
Crédit :


Christine est condamnée à mort, sa tête devant être tranchée sur la place du Mans. Mais le Président Albert Lebrun commue sa peine en travaux forcés à perpétuité. Léa est condamnée à 10 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour.


Alors que Christine meurt de maladie en 1937 dans un hôpital psychiatrique de Rennes, Léa vivra encore de nombreuses années. Elle est libérée le 2 février 1943, 10 ans jour pour jour après le double-crime, et s'en va vivre chez sa mère à Nantes.
 
Invité : Frédéric Chauvaud, historien, professeur à l'université de Poitiers, auteur du livre L'effroyable crime des sœurs Papin (Ed. Larousse)
 

"L'effroyable crime des soeurs Papin", de Frédéric Chauvaud, aux éditions Larousse
"L'effroyable crime des soeurs Papin", de Frédéric Chauvaud, aux éditions Larousse
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