3 min de lecture Crime

L'affaire des soeurs Papin

REPLAY - L’histoire de deux sœurs, domestiques modèles qui commettent un véritable carnage dans une maison bourgeoise de la ville du Mans le 2 février 1933. Les victimes, atrocement massacrées, sont leur patronne, Léonie Lancelin et sa fille de 21 ans, Geneviève.

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L'affaire des soeurs Papin Crédit Image : Wikimedia Commons | Crédit Média : Jacques Pradel | Durée : | Date : La page de l'émission
Jacques Pradel
Jacques Pradel et Charlotte Meritan

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L'édito de Jacques Pradel

A la Une de l’heure du crime aujourd’hui, le dossier d’un fait divers tragique presque unique dans les annales judiciaires françaises : le double crime des sœurs Papin.

Cette affaire a profondément bouleversé la France des années 30, car, derrière le fait divers, il y avait à la fois, une tragédie classique, et une fureur meurtrière presque sans équivalent dans l’histoire du crime !

Le 2 février 1933, on découvre un véritable carnage dans une maison bourgeoise de la ville du Mans. Ce jour-là, deux sœurs, Christine et Léa Papin, deux domestiques modèles, ont atrocement massacré et défiguré leur patronne, Léonie Lancelin, et sa fille âgée de 21 ans, Geneviève. La scène du crime atteint les sommets de l’horreur : Du sang partout, l’œil d’une des victimes, arraché et projeté sur une marche de l’escalier

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Comment expliquer le déclenchement d’une telle folie meurtrière ? la passion ou la haine peuvent-elles expliquer la violence du crime ? Qui étaient vraiment les sœurs Papin ?

La justice les a considéré comme totalement responsable de leur acte et les a très lourdement condamné. Nous revenons sur l’ensemble de l’affaire avec l’historien Christophe Belser. Et nous entendront l’avis de l’expert psychiatre Roland Coutanceau

Léa et Christine Papin, coupables d'un double massacre

Le 2 février 1933, Léa et Christine Papin, deux sœurs travaillant comme domestiques pour la famille Lancelin, assassinaient sauvagement leur patronne et sa fille. Ce crime, d'une violence inouïe, avait passionné la France de l'entre-deux guerres. Il avait rapidement mené à la formation de deux camps opposés : ceux qui souhaitaient la vengeance et la mise à mort des sœurs, considérées comme des meurtrières inhumaines et incurables, et ceux qui souhaitaient que ces dernières soient traitées en victimes, de leur propre folie ou bien de la lutte des classes.

Les soeurs Papin
Les soeurs Papin

Le drame

Le soir du crime, une dispute liée à une coupure de courant avait éclatée entre Christine, Madame Lancelin et sa fille. La jeune Christine avait alors soudainement ordonné à sa sœur d'arracher un œil à leur patronne. Point de départ d'un terrible massacre. Les blessures relevées sur les corps ont plus tard été comparées à celles infligées aux lapins dans le cadre de leur préparation en cuisine

La police, appelée par M. Lancelin, a retrouvé les deux sœurs couchées dans le même lit, enfermées dans une chambre. Elles n'ont pas hésité à avouer le crime. 
La relation fusionnelle, voire incestueuse, qui unissait Léa et Christine a été une des caractéristiques participant au tragique de l'affaire et passionnant les foules. Elle a aussi été avancée par les psychiatres pour expliquer partie de ce meurtre commis à quatre mains. 

Une enfance mouvementée, passée à écumer les différents foyers de la région, a aussi été évoquée parmi les raisons qui ont pu pousser les sœurs Papin à la folie. 

Christine et Léa Papin
Christine et Léa Papin Crédit : Wikimedia Commons

Le procès et les expertises psychiatriques

Au cours du procès, les expertises psychiatriques se sont scindées en deux camps, entre celles qui considéraient le meurtre comme un "acte de colère" (revenant à dire que les sœurs n'étaient pas folles), et celles qui estimaient qu'il s'agissait là d'un "acte de folie" (concluant que les sœurs n'étaient pas responsables de leurs actes, à cause de leur démence).

Mais le caractère sadique du crime a finalement mené la cour à déclarer Léa et Christine comme responsables et conscientes de leurs actes. Cette dernière a été condamnée à la peine capitale le 29 septembre 1933, avant d'être grâciée par le président Albert Lebrun en 1934. Elle est morte quelques années plus tard. Léa, quant à elle, a refait sa vie et est décédée en 2001.

Les soeurs Papin à leur procès
Les soeurs Papin à leur procès

Ce fait divers a inspiré de nombreux auteurs, aussi bien dans les domaines de la psychanalyse que de la littérature et du cinéma. Jacques Lacan a notamment écrit sur les sœurs Papin, définissant leur crime comme un délire paranoïaque. Jean Genet a monté en 1947 une pièce de théâtre inspirée du drame, Les Bonnes, et Jean-Pierre Denis a réalisé en 2000 le film Les Blessures assassines, avec Sylvie Testud dans le rôle de Christine et Julie-Marie Parmentier dans le rôle de Léa. 

Nos invités

Christophe Belser, historien et écrivain. Il signe un article sur les sœurs Papin dans le dernier numéro du magazine trimestriel « Les grandes affaires criminelles » (n°6, déc 2015 - janv. fév. 2016).

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REPLAY - L’histoire de deux sœurs, domestiques modèles qui commettent un véritable carnage dans une maison bourgeoise de la ville du Mans le 2 février 1933. Les victimes, atrocement massacrées, sont leur patronne, Léonie Lancelin et sa fille de 21 ans, Geneviève.
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2016-01-05 11:24:00
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