2 min de lecture Société

Isère : une mère témoigne sur la radicalisation de sa fille devant des collégiens

DOCUMENT RTL - Laurence est venue raconter devant des élèves l'histoire de sa fille Charlotte, une ancienne collégienne qui s'est progressivement radicalisée au point de partir se marier en Angleterre avec un salafiste qu'elle ne connaissait pas.

DOCUMENT RTL - La mère d'une collégienne radicalisée a témoigné il y a quelques semaine dans un établissement scolaire isérois
Crédit Média : Frédéric Perruche

Pour la première fois en France, la mère d'une ancienne collégienne radicalisée est intervenue devant des élèves de quatrième du collège Saint Chef en Isère pour raconter son histoire. Laurence, 44 ans et quatre enfants, est venue à la demande du chef d'établissement pour témoigner face aux collégiens.

La vie de sa fille Charlotte a basculé en 2011. Elle n'a alors que 12 ans et est une élève studieuse de cinquième, sans conviction religieuse. Pour tenter de conquérir le cœur d'un de ses copains musulmans, elle commence à fréquenter sa sœur, très pieuse.

Charlotte se plonge dans le Coran, se convertit à l'Islam en cachette, porte le voile et abandonne son prénom pour celui d'Amina. "Charlotte c'est la fille de Laurence, Amina c'est la fille de cette communauté", raconte cette maman aux élèves.

Le groupe te dit ce que tu dois faire

Laurence, mère d'une fille radicalisée
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Le comportement de sa fille change progressivement : elle lâche ses copines, se coupe de sa famille, ne rit plus et n'écoute plus de musique. Après le voile, elle passe au jilbab et au sitar. "On est en train de capturer le cerveau de la personne, explique Laurence, le groupe te dit ce que tu dois faire."

A la veille de ses 18 ans, Charlotte quitte la France pour le Royaume-Uni. Elle se marie avec un salafiste qu'elle ne connaissait pas, et qui vivait déjà avec deux autres femmes et ses enfants.

Les collégiens attentifs

Devant le récit de Laurence, les collégiens sont médusés et horrifiés. Les questions fusent, et elle tient à répondre à tout. Elle veut mettre en garde les élèves contre les dangers sectaires et la face cachée de Facebook avec la désinformation.

Le message semble plutôt bien passer auprès des quatrièmes. "Moi je n'ai pas envie de finir soumise à mon mari", assure une collégienne à l'issue de l'intervention. "Si ça arrive à une amie je serai là pour la soutenir."

Laurence est satisfaite de cette intervention qui a duré trois heures : "On a réussi à leur faire comprendre ce qu'était un embrigadement." Elle espère pouvoir renouveler l'expérience dans d'autres établissements scolaires, partout où l'Éducation nationale voudra qu'elle témoigne de son histoire.

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