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Ecologie : le gaz de schiste divise l'Europe

DÉCRYPTAGE - Comme la France, plus que jamais divisée après la publication d'un rapport favorable à l'exploitation du gaz de schiste, les pays d'Europe demeurent partagés sur la question. Tour d'horizon.

Manifestation de militants écologistes opposés à l'exploration et l'exploitation des gaz et des huiles de schiste.
Manifestation de militants écologistes opposés à l'exploration et l'exploitation des gaz et des huiles de schiste. Crédit : AFP/B.Horvat
Eléonore Taicher Journaliste RTL

Des parlementaires français ont défendu jeudi, dans un nouveau rapport, une exploration et une exploitation "maîtrisées" du gaz de schiste. Le sujet divise fortement la classe politique française. Le reste de l'Europe n'échappe pas non plus au débat. Si l'exploitation du gaz de schiste a suscité un boom énergétique aux États-Unis, les risques pour l'environnement inquiètent le Vieux Continent.

Les opposants européens soulignent, notamment, les conditions difficiles d'exploitation spécifiques à l'Europe : la complexité des formations géologiques et la densité de population, sans oublier les risques de pollution liés à la fracturation hydraulique.

Du côté des pro-gaz de schiste, la musique est la même que chez les auteurs du rapport français. L'exploitation de ce gaz permettra de réduire la facture énergétique de l'Europe, affirment-ils. A l'heure actuelle, aucun pays européens n'a entamé d'exploitation, mais l'exploration du gaz polémique, quant à elle, a bien débuté chez certains de nos voisins.

Gaz de schiste : où en est-on en Europe ?
Gaz de schiste : où en est-on en Europe ? Crédit : IDE

Ces pays qui ont autorisé l'exploration

La Pologne, qui entretient l'espoir de réduire sa dépendance au gaz russe, a mandaté une quinzaine de groupes internationaux pour prospecter. 44 forages d'exploration ont déjà été réalisés. L'exploitation pourrait démarrer dès 2014. La société pétrolière et gazière américaine, ExxonMobil, s'est toutefois retirée, au regard du peu de résultat. La Bosnie dispose, elle aussi, d'ores et déjà d'un forage d'exploration.

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En Grande-Bretagne, les forages exploratoires par fracturation hydraulique ont été autorisés dès le mois de décembre 2012. La Roumanie, la Hongrie, et l'Espagne, qui s'inscrivent en défenseurs ardents du gaz de schiste, ont également accordé des permis d'exploration.

La Lituanie a voté une loi, le 30 mai dernier, ouvrant la voie à un contrat de prospection et d'exploitation en partenariat avec le groupe américain Chevron. Les pays du Nord, de leurs côtés, demeurent réticents sur la fracturation, mais la Suède et le Danemark ont tout de même délivré quelques permis d'exploration. Pour ces pays, le schiste n'est toutefois pas une priorité dans leur mix énergétique.

Ceux qui ne sont pas fondamentalement opposés à l'exploitation

L'Allemagne, pour l'heure, n'a ni forage ni permis, mais la chancelière Angela Merkel n'a jamais fait part d'une opposition totale à la fracturation. Elle a répété que l'absence de danger devait être démontrée et l'utilisation de la fracturation très encadrée.

La prudence reste de mise aux Pays-Bas. Si deux permis ont déjà été attribués, le gouvernement préfère d'abord enquêter sur les risques avant que les sociétés ne puissent commencer les forages d'essai. Le même type d'étude est cours en Belgique. La République tchèque, pour sa part, prépare un moratoire afin de suspendre tout projet de recherche dans les deux ans à venir.

En Autriche, la nécessité d'une étude d'impact sur l'environnement s'est également imposée avant que ne soit autorisé tout forage d'exploration.

Ceux qui ont purement et simplement dit non

La France a interdit en juillet 2011 la technique de fracturation hydraulique en raison de risques pour l'environnement. Mais François Hollande a annoncé, fin 2012, qu'il prendrait "ses responsabilités" si une nouvelle technique respectueuse de l'environnement apparaissait. L’Hexagone a été le premier pays européen à l'interdire, avant d'être suivi par la Bulgarie et par la région espagnole de Cantabrie.

L’Italie, elle aussi, ne souhaite pas se lancer dans l'aventure, assurant que cette technique ne s’inscrit pas dans sa stratégie nationale.

Les principaux risques pour l’environnement

En réaction au rapport des deux parlementaires français, le président de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet (PS), a contesté que l'exploration puisse "être respectueuse de l'environnement", alors que "cette technique de production utilise aujourd'hui 750 composés chimiques, dont 29 ont été reconnus cancérigènes et à risque pour la santé humaine", a-t-il dénoncé vendredi dans un communiqué.

Il rappelle également que "l'empreinte carbone du gaz de schiste est équivalente à celle du charbon".

Pour sa part, le ministère de l’Écologie, du développement durable et de l'énergie, assure que l'’exploitation des gaz de schiste comporte deux risques pour l’environnement. "La consommation de gaz participe à l’effet de serre, et donc aux changements climatiques", écrit le ministère sur son site. La seconde conséquence est locale, et concerne, elle, les risques de pollution des nappes souterraines et de pollution des sols, qui pourraient survenir "en raison du manque d’étanchéité des forages".

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