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ÉDITO - Temps de travail : "Un système d'avantages surréalistes" dans certaines mairies

Certaines collectivités territoriales résistent encore aux 35h de travail, c'est notamment le cas de Paris où la campagne présidentielle s'en mêle.

La mairie de Paris.
La mairie de Paris.
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Paris, la rebelle qui ne voulait pas passer aux 35h
00:04:16
Paris, la rebelle qui ne voulait pas passer aux 35h
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Martial You - édité par Nicolas Barreiro

Depuis le 1er janvier 2000, les 35h de travail hebdomadaires sont appliquées pour les entreprises de plus de 20 salariés, mais dans les mairies, le compte n'y est toujours pas. Alors, le bras de fer se durcit l'État et les collectivités locales. Les 35h hebdomadaires correspondent à 1.607 heures de travail par an. Dans les collectivités locales, on est à 1.587 heures annuelles, soit 20 heures de moins, et quand vous ajoutez les congés, vous avez une moyenne à 32 heures hebdo au sein de la "Territoriale".

Ces dérogations sont tout à fait légales parce qu'aucun élu et aucun gouvernement n'avait envie d'affronter les syndicats ultra puissants dans les mairies. On pense à FO à Marseille qui vous déclenche une grève des éboueurs en un claquement de doigt. Du coup, on a inventé des tonnes de jours "alibis" : vous avez la journée du maire, la journée du Carnaval, les jours de fractionnement, les jours de RTT pour compenser le temps qu'on passe au vestiaire à revêtir les habits de la ville.

Un système d'avantages surréalistes. En fait, les salaires des fonctionnaires territoriaux sont bas, les catégories C gagnent 1.800 euros net en moyenne et on achète la paix sociale et les petites payes en offrant des congés et du temps libre.

Que dit la loi ?

Il y a pourtant bien une loi, votée en 2019, qui oblige à passer tout le personnel communal à 35h, donc on ne prend pas les mairies par surprise. Les mairies ont théoriquement jusqu'au 1er janvier prochain pour réorganiser leurs plannings et passer à 35h.

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La moitié des villes ont déjà augmenté le temps de travail dans leurs rangs pour rétablir l'équité : si on cite les plus grosses, vous trouvez Rennes, Nantes, Montpellier, Toulouse, Evreux ou encore Bordeaux. Un quart des villes sont en train de le voter dont Lille ou Lyon. À Marseille, le gouvernement regarde un peu ailleurs, parce qu'Emmanuel Macron y est allé et qu'on estime qu'il y a d'autres priorités.

Enfin, vous avez les rebelles, qui ne veulent pas entendre parler d'une augmentation du temps de travail : Strasbourg, Clermont-Ferrand, les villes "rouges"/communistes de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

Le cas de Paris

À Paris, les 35h, c'est la marionnette des Guignols qui masque mal le futur combat pour la Présidentielle, Anne Hidalgo contre Emmanuel Macron. Dans un courrier envoyé le 28 octobre, la mairie de Paris annonce au Préfet (et donc au gouvernement) qu'elle n'aura pas le temps d'organiser le passage aux 35h d'ici le 1er janvier. 

Il faut dire que la capitale est déjà en procès avec l'État sur cette question et qu'on attend un jugement sur le fond pour mars/avril prochain, en pleine campagne présidentielle, car la capitale accorde 3 jours à ses employés en raison du stress et de la pollution.

Au gouvernement, on montre du doigt Paris en disant qu'Anne Hidalgo est mal placée pour prétendre devenir présidente de la République si elle n'est pas capable de respecter la loi. Et on montre que certains de ses soutiens, des villes de gauche comme Nantes dirigée par sa porte-parole Johanna Rolland ont joué le jeu des 35h.

De l'autre, Anne Hidalgo donne l'exemple en maintenant ses 55.000 agents, plus nombreux que tout le personnel des préfectures et des sous-préfectures du pays, en maintenant ses salariés à 32h pour prouver qu'on peut encore réduire la durée du temps de travail, au nom de la défense de l'emploi. 

La capitale peut-elle échapper aux 35h ?

Si Anne Hidalgo gagne la Présidentielle, Paris y échappera peut-être. Mais sinon, ce serait un message terrible par rapport à cette réforme. Parce que Paris donnerait l'idée à d'autres villes.

C'est aussi une mesure qui permettrait de réduire un peu le nombre de fonctionnaires dans les collectivités locales puisqu'on ferait travailler tout le monde un peu plus. Une économie d'1,2 milliard par an pour l'État selon la Cour des Comptes. Ce qui laisse au moins le mérite d'y réfléchir. Surtout que c'est pour rétablir l'équité avec les salariés du privé.

Ça pourrait représenter jusqu'à 50.000 équivalents temps pleins en moins dans la fonction publique. Et 50.000 fonctionnaires en moins, c'était précisément la promesse du candidat Macron en 2017. Finalement, on a légèrement augmenté leur nombre en cinq ans. Les maires n'ont pas très envie de s'attaquer aux fonctionnaires mais Emmanuel Macron n'en a pas eu envie non plus pendant cinq ans.

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