2 min de lecture Féminisme

Caroline de Haas, une féministe à la personnalité clivante

PORTRAIT - Elle est devenue incontournable quand on aborde les droits des femmes. En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, portrait de Caroline de Haas, militante féministe et bête médiatique.

L'Homme du jour
Caroline de Haas, une féministe à la personnalité clivante
Crédit Média : Isabelle Choquet Crédit Image : BALTEL/SIPA

Dans les repas de famille, on trouvait Caroline de Haas saoulante, infatigable et fatigante. On a sans doute un gros besoin d'exister quand on est l’aînée d'une famille de 8 enfants. Maman gynécologue, papa généraliste, éducation catholique. Elle se définit elle-même comme bourge et fille de bourges. Mais citoyenne en alerte, depuis toujours. 

Amnesty international, les Petits Frères des Pauvres, les Scouts unitaires... Trois maîtrises d'histoire, elle rate Sciences-Po, et la voilà à l'Unef, puis au Parti socialiste, auprès de Benoit Hamon et de Najat Vallaud-Belkacem. 

Elle claque la porte du PS en 2014, et mène la fronde contre la loi travail. Sa pétition "Non merci" recueille 1 million 300.000 signatures. Mais aux élections législatives, elle échoue dès le premier tour. Elle était soutenue par les Verts, et vote Mélenchon à la présidentielle.

Le féminisme, un déclic

Elle a un déclic quand elle découvre que deux de ses amies ont été violées. Elle aussi, elle a subi un viol dans ses années étudiantes. Elle n'a jamais porté plainte et veut enfin parler. Elle fonde l'association Osez le féminisme en 2009 et lance une campagne insolite pour la réhabilitation du clitoris. Elle se fait un nom lors de l'affaire DSK. 

Depuis, elle squatte les plateaux télés, pour le meilleur et pour le pire. Récemment, elle a ainsi affirmé qu'un homme sur deux ou trois est un agresseur sexuel. Elle a aussi alimenté les accusations contre Nicolas Hulot, avec cette phrase improbable : "J'ai eu des amies qui m'ont dit qu'elles avaient entendu des victimes parler de faits de harcèlements." Les réseaux sociaux se déchaînent, une déferlante d'insultes. On la traite notamment de "féminazie". Elle a fermé tous ses comptes la semaine dernière.

Une personnalité clivante

Même chez les féministes, elle ne fait pas l'unanimité. On lui reproche un discours pas très égalitaire, les femmes victimes et les hommes prédateurs. Et puis il y a Egaé, sa société de conseil et de formation à l'égalité femmes-hommes. Elle ne dit jamais hommes-femmes. Ses clients sont souvent des organismes publics. Alors on l'accuse de conflit d’intérêts. Certains affirment même qu'elle est partie du ministère de l'Égalité avec des fichiers, pour se faire une clientèle.

Elle trouve ça "hyperviolent". Caroline de Haas a le verbe haut, elle s'emporte vite, rit fort, parle beaucoup. Un problème de thyroïde, dit-elle. Deux enfants, mais pas mariée, c'est "so XXe siècle". Elle jure comme un charretier, elle "kiffe" à chaque phrase. Et n'avoue qu'une faiblesse : "Je suis une angoissée de l'inutilité, j'ai très peur de ne servir à rien". Le pire serait de desservir à quelque chose.

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