1 min de lecture David Cameron

David Cameron s'est lancé dans la chasse aux capitaux

David Cameron a créé, au Sommet du G20, une polémique géante : il a appelé les gros contribuables français à déserter et à venir en Grande-Bretagne. Qu'est-ce qui lui a pris ? La chronique de Christian Menanteau.

Christian Menanteau
Christian Menanteau
Christian Menanteau
Christian Menanteau Journaliste RTL

On pourrait penser que le premier ministre britannique était encore sous le coup de l'émotion d'avoir oublié sa fille dans un pub après avoir un peu forcé sur la bière. En fait, je crois qu'il n'en n'est rien. Avec cette déclaration, David Cameron vise deux objectifs.

Le premier : la défense de l'illustration - de la façon la plus spectaculaire bien sûr - de sa politique fiscale. Il a récemment baissé l'impôt sur le revenu des plus riches. Cette mesure passe mal auprès de son opinion publique : il veut donc faire avec des exemples français la démonstration que trop d'impôts fait fuir la richesse.

Le deuxième point, plus sournois mais plus sérieux : il veut encore renforcer l'attractivité du Royaume-Uni aux yeux des investisseurs étrangers. Et c'est là, me semble-t-il, le point le plus important de ce dossier.

Il s'est lancé dans la chasse aux capitaux ?

Oui. Sous le tapis rouge de la fiscalité se dissimule, en réalité, la bagarre pour attirer les entreprises internationales qui veulent s'implanter en Europe. Tous les gouvernements veulent séduire les capitaux étrangers. La Grande-Bretagne, qui est dans une situation économique très difficile plus encore que les autres. Et c'est là que l'on entre dans le cœur de cette affaire. Une étude sur les investissements internationaux en Europe montre que la Grande-Bretagne est, de loin, le pays le plus attractif de l'Union. Elle mobilise à elle seule plus de nouveaux investisseurs que la France et l'Allemagne réunies. Mais il y a un problème : depuis 5 ans, le nombre de projets étrangers a doublé en Allemagne et cela au détriment de la France. Nous étions le deuxième pays d'accueil, nous ne le sommes plus. Nous perdons du terrain. Les Etats-Unis, comme les nouvelles puissances économiques, favorisent désormais le Royaume-Uni et l'Allemagne qui recueillent 70% de ces nouvelles implantations. Comme nous sommes devenus le maillon faible du trio - en termes d'attractivité - David Cameron veut en profiter pour augmenter encore sa part de marchés. Voilà pourquoi il appuie sournoisement sur notre fiscalité.

Mais pourquoi les entreprises étrangères nous boudent-elles ?

Ces entreprises nous font trois reproches. On avait réussi à les surmonter quand la croissance était vive mais aujourd'hui, il semble qu'ils ressortent.

D'abord et avant tout, l'insécurité de l'environnement des affaires en France : le droit, les décisions administratives et, surtout, notre fiscalité changent sans cesse.

Deuxième point : le volet de notre recherche et développement est trop éloigné des standards internationaux.
Et puis, enfin : nous avons trop peu d'ouverture sur l'économie mondialisée. A part le CAC 40, nos P.M.E sont trop repliées sur l'Hexagone et nos cadres parlent mal l'anglais.

Cette affaire nous rappelle que l'insularité britannique n'est pas soluble dans l'esprit européen et que, pendant que tout le monde parle de coopération, la bataille pour attirer les entreprises est violente.

* La note du jour :

14 sur 20 à l'hebdomadaire britannique "The Economist" dont la diffusion bat tous les records : 1 million 600 mille exemplaires.

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David Cameron Le Journal économique Chroniques
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