1 min de lecture Jean-Michel Aphatie

Vol Rio/Paris - NKM : "Le BEA établit des faits, la justice des responsabilités"

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie et des Transports, était l'invitée de RTL ce vendredi matin. Elle est notamment revenu sur le crash du vol Rio-Paris et le nouveau rapport du Bureau d'enquêtes et d'analyses. "Le BEA établit des faits, sur la base de ces faits il établit des recommandations (...) La responsabilité des uns et des autres, c'est le rôle de la justice", a rappelé la ministre sur RTL.

Nathalie Kosciusko-Morizet au micro de RTL le 29 juillet 2011
Nathalie Kosciusko-Morizet au micro de RTL le 29 juillet 2011 Crédit : RTL.fr
micro générique
La rédaction de RTL et Philippe Corbé

Bonjour Nathalie Kosciusko-Morizet
Bonjour.

Nous y sommes. C'est ce week-end ce que nous appelons nous, journalistes parfois, sans beaucoup de vocabulaire, le traditionnel chassé-croisé des juillettistes et des aoutiens.
On dit pareil.

Il faudrait trouver une autre expression. D'abord, la route. Quels conseils pouvez-vous donner pour les millions des Français qui vont prendre la route ce week-end ? Peut-être de partir lundi justement ?
Le conseil que je pourrais donner, c'est de partir aujourd'hui ou partir lundi.

Pas samedi, pas dimanche.
En fait, pour les départs, c'est vraiment le samedi le jour le plus difficile. Pour les retours, c'est pas très bon non plus. Mais ca commence à se remplir dès aujourd'hui et ça continue dimanche. Après, chacun fait comme il peut aussi, et s'il faut absolument partir dans ce créneau là, naturellement, des conseils de plus grande prudence, notamment par rapport à la somnolence. Je fais un déplacement cet après-midi avec Thierry Mariani sur une aire d'autoroute sur lequel on a fait tout un travail autour de la somnolence. Quand on commence à être fatigué, il faut une petite sieste de 20 minutes. Même une petite sieste de 20 minutes, ça peut changer les choses.

Justement, la tendance des chiffres de la mortalité sur la route est très mauvaise ces derniers mois. Est-ce qu'il y a un relâchement général de nos comportements ?
Vous savez, c'est malheureux à dire mais c'est des sujets sur lesquels quand on n'en parle pas beaucoup, eh bien ça se relâche très vite.

Donc là, le fait d'en parler, c'est important.
Je crois que le fait d'en parler c'est très important. Il faut que chacun soit bien conscient que ça peut arriver à soi. Qu'on est concernés. On est concernés à travers ses propres gestes, on est concernés à travers le geste des autres, donc on est tous liés par ce sujet. La moitié des personnes qui ont eu un accident n'étaient en rien responsables. On est liés par l'attitude des autres, et c'est un sujet dont il faut parler en société. C'est vraiment la manière la plus bête de mourir.

Est-ce que le fait que les députés UMP contre l'avis du gouvernement il y a quelques mois aient obtenu un assouplissement du permis à points a donné un signal négatif ?
Non, je crois qu'il y a régulièrement des débats sur la bonne manière de faire. On peut avoir ces débats à l'infini. Ce qui est très important, c'est qu'on en parle, que l'on considère pas que c'est une fatalité. En France, pendant des années, souvenez-vous des années 70-80, on considérait que c'était une fatalité, c'était un espèce de non-sujet et on est devenus un des pays recordman de l'accident bête. Maintenant, c'est une tendance qui s'est inversée, même si de temps en temps, ça repart à la hausse. C'est une tendance qui s'est inversée. C'est un sujet dont on parle. On a régulièrement des campagnes choc. Il y a eu des moments où elles ont fait scandale ces campagnes. On discutait sur l'opportunité d'avoir des campagnes pareilles. Je crois qu'au contraire, c'est vraiment des sujets sur lesquels il ne faut pas se relâcher.

On a beaucoup parlé ces derniers mois des détecteurs de radars. Hier, l'Etat et les constructeurs d'appareils ont signé un protocole d'accord. C'est à dire qu'ils n'informeront plus sur les radars mais sur des zones dangereuses. Assez vague, c'est ça ?
Oui, mais c'est pas rien. Vous avez l'air de dire que c'est juste un glissement sémantique. C'est tout le contraire. Informer sur les radars, c'est donner les moyens de tricher, en fait. Ralentir et réaccélérer derrière.

C'est des moyens d'informations aux conducteurs.
Oui, d'accord, mais enfin avec les risques justement en matière de sécurité qu'il y a à ralentir et accélérer derrière et à mettre de son attention sur la question de savoir précisément où est le radar. En revanche, dire où est la zone de danger, c'est précisément ce qu'on souhaite avec les radars. C'est par là que ça se passe. Alors, évidemment, on a peur parce qu'il y a un radar, on a peur parce que c'est la zone de danger. En tout cas, on fait attention dans une zone et c'est bon pour la circulation routière.

Beaucoup de monde sur la route, beaucoup de monde dans les gares. Pas de perturbations particulières à attendre ?
Non, on est très attentifs.

Parce qu'à Noël dernier, il y avait eu quand même un gros bordel. Bon, il y aura pas de neige cette fois-ci. Il y avait eu un gros bordel Noël dernier.
Ecoutez, on est très attentifs dans les gares. D'ailleurs, la ponctualité des TGV au mois de juillet, je le dis en réponse à ce que vous venez de dire, a été bien meilleure. On a 2000 TGV ce week-end. Plus d'un million de personnes qui sont attendues dans les gares. La fréquentation du train cet été en France a été très bonne. Les Français, je crois, retrouvent le goût de passer les vacances en France, et ça s'accompagne du goût du train. Et c'est une très bonne nouvelle. Puis, c'est un week-end de forte mobilisation des agents. Vous retrouverez encore une fois les gilets rouges dans les gares avec toutes sortes de service, notamment à l'attention des enfants pour pouvoir attendre tranquillement.

Beaucoup de monde aussi dans les aéroports. Il y a un préavis de grève à l'appel de syndicats minoritaires de pilotes. Pas de perturbation ?
Attendez, je voudrais retourner sur ce que vous dîtes. Il y a eu des annonces de très grands préavis. Un préavis de tous les PNC du 5 au 8 août. Grâce à la négociation, grâce à la responsabilité des uns et des autres, ces préavis ont pu être levés. Il reste quelques préavis résiduels. On attend éventuellement un peu de perturbations mais pas d'annulations sur les vols Air France.

Le BEA doit rendre aujourd'hui un nouveau rapport sur le crash du Rio-Paris et dévoiler le scénario de la catastrophe du vol Air France. Selon le Figaro ce matin, ce rapport accuse les pilotes d'Air France et pointe les erreurs successives d'un des co-pilotes. Est-ce que c'est exact ?
Ecoutez, moi je n'aime pas le vocabulaire qui est utilisé sur ce sujet..

...par le Figaro....
Un rapport du BEA n'a pas à pointer, et il ne le fait pas, ni des accusations ni même des responsabilités. Ca c'est le rôle de la justice. Le BEA établit des faits. C'est ce que fait ce rapport.

Il y a bien la responsabilité d'un des co-pilotes...
Le BEA établit des faits. Il ne pointe pas des responsabilités. Sur la base de ces faits, il fait des recommandations. Moi, je souhaite que les autorités internationales de sécurité aérienne puissent examiner sans délais les recommandations du BEA. Là, la responsabilité des uns et des autres, c'est un sujet judiciaire, ça n'est pas le rôle des enquêteurs du BEA.

NKM, vous avez évidemment en charge dans votre portefeuilles l'écologie. Et on s'interroge beaucoup ces derniers jours sur la mort de sangliers dans la baie de St Brieuc. On en est à 35 cadavres depuis début juillet et beaucoup de gens soupçonnent les algues vertes d'être à l'origine de ces morts.
Alors j'ai demandé des analyses très précises parce qu'en fait, on ne connaît pas aujourd'hui les raisons de la mort des sangliers. Vous le dîtes, certains soupçonnent les algues vertes, il y a aussi des bruits qui ont couru sur des possibilités d'empoisonnement. Des analyses sont en cours sur la possibilité donc que ce soit lié à l'hydrogène sulfurée de la décomposition des algues vertes, mais aussi sur la toxicologie, sur les tissus, et elles seront connues en milieu de semaine prochaine. Donc dans l'attente, je crois qu'il faut garder de la réserve sur ce sujet. En revanche, là où on n'attend pas, c'est sur le plan de réduction des rejets dans le plan algues vertes qui avait été annoncé par le premier ministre il y a 2 ans. Les gens disent : alors, ça se passe quand ? C'est en cours. Ce que je veux dire, c'est que ça prend des années. Je vous donne un exemple. Dans la baie de St Brieuc, il y a un projet de territoire. En fait, le problème de la Bretagne, c'est vrai qu'il beaucoup d'élevage, de production, de capacités de nitrates, et de l'autre côté, des petites baies très fermées, dans lesquelles la concentration de nitrates avec en plus s'il y a du soleil ou une élévation de températures, les algues viennent. Donc, dans le plan algues vertes, il y a 8 baies sur lesquelles il y a un travail particulier qui est fait, notamment la baie de St brieuc. Dans la baie de St Brieuc, tous les acteurs vont travailler ensemble. Ils vont signer leur projet de territoire en septembre. Vous me direz, c'est tard. Bah oui, mais ça prend du temps et ça se fait. Dans le projet de territoire vous avez réduction de 2300 tonnes d'azote, vous avez un certain nombre de conversion en agriculture biologique, une trentaine de mémoire. Vous avez aussi la conversion d'un certain nombre de fermes dans un système moins producteur de nitrates. Donc vous avez toute une mobilisation qui va porter ses fruits. Il y a une baie sur laquelle c'est déjà en œuvre depuis une année, c'est la baie de Lannion.

Il y a moins d'algues ?
Il y a moins d'algues. Et je signale que cette année, c'est vrai qu'il y a globalement une augmentation du nombre d'algues relevées, Mais en fait il y a une baisse en Côte d'Armor, une augmentation dans le Finistère. Donc c'est un tout petit plus compliqué que ça. Franchement, les uns et les autres, tous les partenaires là-dessus sont aux avant-poste pour résoudre le problème. Mais ça se résout pas en un claquement de doigts. C'est sûr. C'est progressivement le système agricole qu'il faut faire évoluer. Vous savez bien que c'est compliqué.

Je le sais très bien, il y a des algues en face de chez moi.

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Jean-Michel Aphatie L'invité de RTL Chroniques
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