2 min de lecture Économie

Vélib' : comment une start-up peut "manger" une multinationale

ÉDITO - Sauf contre-attaque victorieuse de dernière minute, JCDecaux ne sera plus l’opérateur des vélos en libre-service de Paris. Une grosse surprise.

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Vélib' : comment une start-up peut "manger" une multinationale Crédit Média : RTLnet | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

Le syndicat Autolib' Vélib' Métropole a confirmé ce week-end avoir "classé en tête l'offre du groupement Smoovengo" pour le renouvellement du marché du vélo en partage Vélib'. Ce changement de guidon serait beaucoup plus qu’un simple coup de tonnerre industriel et commercial. JCDecaux détient ce marché depuis 2007. Une concession que le géant du mobilier urbain et de la publicité extérieure pensait inexpugnable.

Mais c'était en 2007. C'était il y a dix ans. C'était une autre époque.
C'était un autre monde : celui d’une économie où les poids lourds balisaient leurs territoires et où il était quasiment impossible de poser un orteil. C'est cela qui rend ce dossier exemplaire, en 2017. Une start-up, Smoove, implantée à Montpellier (37 personnes, à peine 10 millions de chiffre d'affaires), pique le plus prestigieux des marchés à une multinationale qui réalise 3,4 milliards. Une parfaite illustration des bouleversements qui animent le paysage économique dans les grands pays développés.

Finance et technologie

Qu'est-ce qui a fait la différence ? D'abord la finance. Selon un rapport d'audit de la ville de Paris, JCDecaux tirerait autour de 50 millions d'euros par an des Vélib'. Les recettes de la Ville seraient, elles, très inférieures aux prévisions, tandis que sa participation à l'entretien des 18.000 Vélib' serait devenu excessif.

Il y a ensuite la technologie. Smoove proposerait des stations d’accueil moins coûteuses, car elles n’ont pas besoin de bornes de paiement ni d’infrastructures lourdes. Elles seraient par ailleurs dotées d’un système d'attaches beaucoup plus résistants au vol. Un critère d’importance : Paris assume une large part des coûts du vol et du vandalisme qui frappe 100% du parc chaque année. Par ailleurs, la start-up permet de s'abonner directement sur les bornes Navigo et les horodateurs de la capitale. 

Ultime étape le 12 avril

La victoire n'est pas encore définitive. Il reste une ultime étape à franchir le 12 avril : celle du Comité syndical Autolib' Vélib' Metropole, qui doit donner son feu vert définitif à Smoovengo, le nom du système proposé aux Parisiens. JCDecaux met en avant ses réussites : 300.000 abonnés, 300 millions de locations depuis le lancement, et sa présence dans 69 villes à travers le monde. Le groupe va contre-attaquer, notamment sur le volet social. Cela dit, il serait très étrange que l’attribution du marché change de selle après avoir été sanctionné par la commission d’attribution.

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Smoove, qui est associée à des costauds (l'Espagnol Movienta, les parkings Indigo et le groupe Norauto-Midas), équipe déjà vingt-six villes en France, mais aussi Chicago, Moscou, Helsinki ou Vancouver. Elle n'en est pas à se premiers tours de roue. Reste que Paris, par sa complexité et son taux de vandalisme, est un dossier délicat.

La note du jour

05/20 au dispositif de l'année blanche bancaire en faveur des agriculteurs. Seuls 2.480 agriculteurs l'ont sollicité, soit 0,5% des exploitations. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

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