2 min de lecture Alimentation

Une gorgée de bière à 100 milliards de dollars

REPLAY - ÉDITO - Le brasseur AB InBev, numéro un mondial du secteur, veut se marier avec son dauphin SABMiller, et il est prêt à y mettre le prix. Cela fait chère la petite mousse...

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Une gorgée de bière à 100 milliards de dollars Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

C’est le festival des super méga-fusions. Après les télécoms, c'est au tour de la bière. C’est une mousse à 100 milliards de dollars que le numéro un mondial AB InBev pose sur la table pour avaler son principal concurrent, SABMiller. Cela peut paraître fou, mais la soif de conquête du brasseur belgo-brésilien, dont le siège est à Louvain, est à la mesure des ambitions de ce groupe. Si l’opération réussit, ce sera l’une des plus grosses prises jamais réalisées dans l’industrie agroalimentaire. Ce nouveau géant brassera chaque année 60 milliards de litres de bière sur les cinq continents.

En termes de stratégien le ticket - aussi affolant qu’il puisse paraître - peut se justifier.
1/ La bière c'est un produit et un secteur mature. Les bières d'AB InBev (Budweiser, Corona, Stella, Leffe, et des dizaines d’autres labels) remplissent chaque jour 30% des chopes à bières de la planète. C'est formidable, sauf que les clients sont de moins en moins nombreux. Principalement en Europe, d’Amérique ou au Brésil.

2/ Les grandes marques commerciales sont de plus en concurrencées par des bières artisanales qui font un tabac auprès des jeunes actifs, qui sont en quête de qualité et d’authenticité. Une consommation globale qui baisse, des amateurs plus exigeants : pour continuer à grossir Il faut dénicher de nouveaux territoires. Même au prix fort.

L'Afrique, la nouvelle frontière

Pour les brasseurs, ces nouvelles frontières sont en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. C’est là que la consommation continue de croître et que se trouvent les nouveaux clients. Ça tombe bien : la cible du raid, SABMiller, grâce à ses origines sud-africaines et ses 200 marques locales, règne en maître sur ces marchés en pleine croissance.
On voit bien la logique. Vous êtes une entreprise qui domine en Europe et en Amérique, et qui est, de surcroît, l’une des sociétés agroalimentaires les plus rentables du monde. Si vous mettez la main sur les nouveaux territoires friands de bière, vous avez ensuite toutes les armes pour attaquer le dernier gros morceau l’Asie.
Tout cela, c’est beau sur le papier. Mais ce n'est possible que grâce à la bulle financière et son argent quasi gratuit. On achète sans s’occuper de la facture puisqu'on paye avec de la dette à taux zéro ou presque. Il est aujourd'hui plus facile de faire de la mousse à 100 milliards le demi qu'un livre avec une petite gorgée de bière.

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