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Transport aérien : les compagnies low-cost sont très rentables et sécurisées

REPLAY / ÉDITO - Représentant près de la moitié du trafic aérien en Europe, les compagnies low-cost comptent parmi les plus rentables et les plus sécurisées du monde.

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Transport aérien : les compagnies low-cost sont très rentables et sécurisées Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet Journaliste RTL

L'avion qui s'est écrasé dans les Alpes mardi 24 mars appartenait à une compagnie allemande, Germanwings. C'est l'une des nombreuses compagnies low-cost qui ont pris d'assaut le ciel européen. Le low-cost représente maintenant presque la moitié du trafic en Europe, même si c'est moins au sein de l'Hexagone. La progression est continue.

Ces compagnies ont commencé par le marché du grand public à la recherche de prix bas. Elles sont aujourd'hui largement utilisées aussi par la clientèle business, les voyages d'affaires.

Germanwings est une filiale de la Lufthansa, la compagnie nationale allemande, première compagnie européenne, qui possède aussi les lignes nationales suisses et autrichiennes.

Les compagnies historiques désormais orientées low-cost

Pourquoi la compagnie régulière allemande a-t-elle ainsi monté une low-cost qui lui fait concurrence ? Pour résister aux mastodontes que sont Easyjet ou RyanAir, les low-cost historiques, qui enchaînent les succès. La première opère 1.400 vols avec plus de 200 avions ; la seconde, 1.600 vols avec 300 avions, dans la quasi-totalité des pays européens. Ce sont parmi les compagnies les plus rentables du monde.

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Les transporteurs historiques sont donc face à une alternative : soit se laisser dévorer, soit combattre leurs rivales avec les mêmes armes qu'elles. C'est d'ailleurs exactement ce qu'a fait Air France, avec sa filiale Transavia.

Les transporteurs historiques sont face à une alternative : se laisser dévorer ou combattre leurs rivales avec les mêmes armes qu'elles

François Lenglet
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Le développement de ces filiales à bas coûts a d'ailleurs posé problème, tant chez Air France que chez Lufthansa. Les pilotes ont multiplié, à l'automne et à l'hiver, les grèves pour protester contre des conditions de travail moins favorables que sur les lignes historiques. British Airways a également sa filiale à bas coûts. En fait, toutes les compagnies historiques sont désormais orientées low-cost.

Comment les low-cost peuvent-elles être les plus rentables alors qu'elles proposent les billets parmi les moins chers ? D'abord, grâce à la productivité. Elles font tourner leurs avions et travailler les équipages davantage que leurs concurrentes. Ensuite, avec les services qu'elles vendent à bord. Le billet lui-même est peu cher, mais on facture le transport du bagage ou le repas servi à bord (alors que c'est compris ailleurs), ou un changement de réservation.

Enfin, grâce à ce qu'on appelle le "yield management", c'est-à-dire l'ajustement du tarif au plus près de la demande. Les prix peuvent changer plusieurs fois par jour pour un même vol, selon qu'il y a ou non beaucoup de clients.

Règles de trafic identiques

Les compagnies low-cost ne font pas d'économies sur la sécurité des avions et des voyageurs. Elles volent exactement dans les mêmes conditions que les autres compagnies. Elles sont soumises aux mêmes règles de trafic et aux mêmes contrôles de la flotte. Elles ont généralement des avions moins âgés que les autres, parce que ce sont des compagnies créées il y a peu.

En Europe, le précédent crash d'un avion low cost est intervenu en 2005 : c'était une compagnie chypriote, Helios.

Transavia, la filiale low-cost d'Air France, avait été mise à mal par le conflit social de cet hiver. Elle était limitée à quatorze avions. C'est justement pour la faire grandir qu'Air France avait indirectement provoqué la colère des pilotes, qui ne voulaient pas renoncer à leur statut en allant travailler chez Transavia.

Après la grève, à la toute fin d'année 2014, un accord a pourtant été trouvé entre la direction et les pilotes. Il permet à Transavia France de se développer pour monter en puissance. La compagnie a commandé une vingtaine d'avions Boeing il y a quelques semaines, qui devraient être livrés à compter de 2016. Le projet de Transavia Europe, avec des bases notamment au Portugal, a lui en revanche été abandonné.

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