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Taxis contre VTC : pourquoi le rachat des licences ne règle rien

REPLAY / ÉDITO - La feuille de route présentée par le gouvernement pour sortir de la crise ne satisfait pas les chauffeurs de taxi.

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Taxis contre VTC : pourquoi le rachat des licences ne règle rien Crédit Image : THOMAS SAMSON / AFP | Crédit Média : Christian Menanteau | Durée : | Date : La page de l'émission
Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

Dans la phase de rétropédalage actuelle du gouvernement, les taxis ont finalement tout à gagner à maintenir la pression pour obtenir toujours plus. L'annonce d'un fonds de garantie qui rachètera les plaques n'est pour l'instant prévue que pour ceux qui ont acheté une licence et qui quittent la profession. Cela leur paraît un peu trop restrictif. Le prix d'achat aussi va être différent selon l'ancienneté dans le métier ou la région. Cela signifie donc des indemnisations du simple au quintuple. Cela crée des frustrations. Les taxis qui ont fraudé en payant une partie de leur licence en dessous de table vont en être pour leurs frais. Cela fait grincer des dents.

Une indemnisation généralisée des 60.000 petites plaques métalliques au numéro rouge sur fond noir, c'est une facture évaluée à 8 milliards d'euros. Indemniser les seuls 18.000 taxis d'Île-de-France, c'est au fil du temps un budget final de 4 milliards. Tout simplement parce que ce rachat de licences déguisé peut grimper jusqu'à 150.000 euros par plaque en région parisienne.

On a au moins une certitude : c'est le consommateur qui va assumer cette charge. Client de VTC ou de taxi traditionnel, nous paierons nos déplacements plus chers si ce projet se confirme. Et avec , à l'occasion, peut-être un coup de pouce du contribuable.

Rien ne va changer

Avec cette opération, on aurait pu s'inspirer de l'exemple irlandais : une indemnité moyenne (elle est de 6.300 euros là-bas), des exceptions pour des cas particuliers avec un recours devant une commission indépendante, et en échange une ouverture du marché et des prix plus compétitifs. L'opération française va faire un peu l'inverse. On va continuer de se débattre dans un cadre unique au monde.

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Nous avons cinq catégories de transporteurs avec des statuts divergents. Vous avez la voiture de petite remise, celle de grande remise, le Loti, le VTC et le taxi traditionnel. Mais personne n'a l'obligation de connecter ses compteurs ou les plateformes pour limiter la fraude, ni d'élargir le nombre de voitures disponibles pour les consommateurs. Tout indique que ce nouvel épisode va se conclure comme les précédents. Les taxis vont préserver l'essentiel (leur rente), l'État va s'acheter une paix (mais elle est factice) et le consommateur va raquer (il va financer l'affaire).

Le bloc-notes

Le projet de construction de deux EPR par EDF en Grande-Bretagne serait, selon son PDG devant les parlementaires, définitivement pris. Il sera financé par la vente de RTE, notre réseau de transport d'électricité.

La note du jour

13/20 à Milémil. Cette PME de Romans-sur-Isère, qui produit des chaussures de sport, va fabriquer la première paire de chaussures à crampons en France depuis trente ans.

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