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TAFTA : le traité Europe-États-Unis dont la France ne veut pas et qui intéresse l'Allemagne

REPLAY - Le traité commercial TAFTA est au point mort, ce qui pourrait arranger la France et pas vraiment l'Allemagne.

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TAFTA : le traité Europe-États-Unis dont la France ne veut pas et qui intéresse l'Allemagne Crédit Image : Elliott VERDIER / AFP | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet Journaliste RTL

Le fameux traité commercial transatlantique TAFTA entre dans une nouvelle phase de négociation, mais les nuages s'accumulent, et j'allais dire, tant mieux. Ce traité qui ambitionne de libéraliser le commerce entre l'Europe et les États-Unis est mal parti et ce depuis le départ. Il suscite une opposition croissante dans la plupart des pays européens, en France en particulier, et même aux États-Unis. Les deux candidats vraisemblables à la présidence se sont déclarés contre

Ce traité est le dernier en date des grands accords commerciaux internationaux, lancés en 2012. Comme l'organisation mondiale du commerce, l'OMC, a complètement capoté, les états se sont lancés dans des accords entre grandes régions. L'idée est de favoriser le commerce pour relancer la croissance, et de le faire en abaissant les droits de douane, mais surtout en se mettant d'accord sur des normes communes pour l'industrie, la finance, l'alimentation

La question des normes est centrales

Car les normes ne sont pas les mêmes. Les feux arrières d'une voiture ne sont pas les mêmes aux États-Unis et en Europe, il faut donc fabriquer deux modèles différents. Les États-Unis autorisent le poulet lavé au chlore, le bœuf aux hormones et les OGM, alors que tout cela est interdit en Europe. Ces normes différentes, de part et d'autre de l'Atlantique, sont considérées comme des obstacles au commerce, et le traité cherche à trouver des compromis sur ces sujets innombrables. Et c'est là que les choses se compliquent, car on reproche un certain nombre de choses en Europe. 
 
D'abord de faire entrer la malbouffe en Europe, si nos normes alimentaires étaient modifiées. Ensuite, les États-Unis ne veulent pas respecter nos AOC, les appellations d'origine contrôlée, pour les vins en particulier, qu'ils considèrent comme des mesures protectionnistes les empêchant d'exporter leur Champagne. Ils refusent également d'ouvrir  à la concurrence leurs gigantesques marchés publics, qu'ils protègent aujourd'hui avec des dispositions qui obligent les acheteurs à se fournir en produits américains, et à favoriser les PME locales. De son côté, l'Europe refuse de modifier la réglementation de son secteur bancaire. Et l'autre gros sujet de désaccord, c'est que le traité prévoit la mise en place d'arbitres spéciaux, qui jugeraient les conflits commerciaux entre les états et les multinationales. Ce serait une juridiction spéciale, échappant au droit classique, chargée de prévoir des indemnisations pour les entreprises qui seraient déclarées victimes d'un préjudice. 

La France pourrait faire capoter l'affaire

Les négociations reprennent lundi prochain. Barack Obama vient voir ce week-end la chancelière allemande Merkel, qui est favorable au traité, dans l'espoir de trouver un compromis sur une version plus réduite. Mais la France traîne des pieds, et pourrait pratiquer une sorte de veto, qui ferait tout capoter. On voit bien l'intérêt politique que François Hollande pourrait avoir à se présenter comme l'obstacle à un traité qui hérisse bon nombre de Français, et en particulier à gauche. Défendre le vin et le fromage, ça ne fait jamais de mal à un homme politique français. Il serait le héros de l'anti-mondialisation.
 
D'autant que la France n'aurait pas grande chose à perdre en faisant capoter le traité. De toute façon, sa route est semée d'embûches. Si même il était conclu, il faudrait le faire ratifier dans les 28 pays de l'union, c'est aujourd'hui impensable. Nous n'avons que peu d'avantage à signer ce traité, surtout si les marchés publics américains restent fermés. Mais ce n'est pas le cas des Allemands, pour qui les États-Unis sont devenus le premier partenaire commercial, devant la France. 

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2016-04-20 11:33:00
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