3 min de lecture Orange

Stéphane Richard : "Orange est un leader qui continue d'investir"

GRAND JURY - Le PDG de l'opérateur a martelé que la France devait revenir à 3 opérateurs pour retrouver une situation positive, et imposer les même conditions aux géants du web qu'aux télécoms.

245x300_Sportouch Le Grand Jury Benjamin Sportouch
>
Stéphane Richard, invité du Grand Jury, le 1er février 2015 - Partie 1 Durée : | La page de l'émission
PaulGuyonnet
Paul Guyonnet
Journaliste RTL

"Les télécoms sont un secteur vital pour l'économie française car à la pointe de la révolution numérique." Invité de Jérôme Chapuis dans le Grand Jury, Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur mobile Orange a plaidé en faveur de son entreprise, et à l'entendre, le secteur des opérateurs en France a besoin d'une révolution profonde

 Une fois de plus, il a ainsi insisté sur l'importance de revenir à seulement trois opérateurs dans le pays, pour "garantir des capacités d'investissement et d'innovation" dans un domaine crucial pour l'économique nationale. Selon Stéphane Richard, l'arrivée de Free et la concurrence menée sur les prix a certes bénéficié aux consommateurs, mais elle a aussi contraint les acteurs à repenser leur fonctionnement. 

"La baisse des prix doit cesser"

"En France, un quatrième opérateur est arrivé quand les autres pays d'Europe faisaient le choix inverse, celui de la consolidation." Stéphane Richard regrette ainsi que l'emploi "ait fortement baissé dans le secteur des télécoms en France", constatant notamment ne pouvoir "remplacer tous les départs, quand Bouygues et SFR sont contraints de licencier." 

À lire aussi
Le PDG d'Orange Stéphane Richard. Orange
Prime de fin d'année : "On est prêt à le faire tout de suite", dit Stéphane Richard sur RTL

Le PDG d'Orange reste également convaincu que la baisse des prix dans l'industrie doit cesser, sous peine de condamner l'investissement. "Nous avons perdu 2 milliards d'euros de marge annuelle et même si nous avons travaillé sur notre fonctionnement, cela reste difficile", a-t-il expliqué. "Malgré tout, Orange maintient 6 milliards d'euros d'investissements annuels dont la moitié en France." 

"Orange continuera sa route"

Pour lui, la faute revient en partie "au gouvernement de l'époque", qui a permis l'arrivée de Free, mais aussi aux opérateurs eux-mêmes. "L'industrie a payé ses erreurs du passé : personne ne peut dire que cette décision ait été positive, pour l'emploi ou l'investissement." 

Pour autant, le patron du premier opérateur français continue de se satisfaire de la politique menée par son entreprise : de l'investissement massif, quitte à courir plusieurs lièvres à la fois. "Sur le marché français, nous sommes le numéro 1 dans le fixe, dans le mobile, dans la fibre et de loin, dans la 4G", précise-t-il. "Nous avons fait des efforts dans les structures de coûts mais nous avons aussi réussi à investir et on s’est consolidé." 

Suffisant pour imaginer que la disparition d'un opérateur se fasse chez l'un de ses concurrent, même sans forcément prendre part à un rachat. "L'an dernier, nous avons discuté avec Bouygues mais on ‘est pas arrivés à une solution", raconte-t-il. "Maintenant, Orange n'a plus l'intention de reprendre des discussions avec qui que ce soir : je ne sais pas si la consolidation se fera, nous nous continuerons notre route." 

"L'Union Européenne laisse les Américains tout faire"

L'autre pierre d'achoppement à laquelle le pays et plus largement l'Union européenne devront se confronter pour Stéphane Richard, c'est celui des géants du web, et des traitements de faveur auxquels ils sont soumis. "La Commission est fascinée par les Américains et les laisse tout faire", regrette-t-il. 

"Quand des agents comme Google, dominent à 97% le marché de la recherche sur Internet en Europe et équipent deux tiers des smartphones avec son système d'exploitation, il faut qu'il y ait égalité de traitement avec ce que l'on fait subir aux opérateurs européens", insiste Stéphane Richard.  

"L'Europe doit être moins naïve"

Au point de formuler des demandes précises concernant le GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon, les quatre géants américains d'Internet). "Je demande qu'ils payent des impôts là où ils gagnent de l'argent, que la réglementation qui nous touche concernant la protection des données personnelles leur soit appliquée et enfin que les mesures anticoncurrentielles qu'ils mènent soient traquées."

En un mot, Stéphane Richard appelle à une Europe "moins naïve", si elle veut construire le futur. "Je pense que ce n'est pas sur le matériel qu'il faut concurrencer les géants, mais plutôt se recentrer sur les usages, le réseaux, le cloud, les data, la santé et les objets connectés." Et de conclure sur une note positive : "quand on construit la fibre, c'est pour 20 ans et je suis sûr que ces investissements finiront par payer.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Orange Stéphane Richard Télécoms
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7776420395
Stéphane Richard : "Orange est un leader qui continue d'investir"
Stéphane Richard : "Orange est un leader qui continue d'investir"
GRAND JURY - Le PDG de l'opérateur a martelé que la France devait revenir à 3 opérateurs pour retrouver une situation positive, et imposer les même conditions aux géants du web qu'aux télécoms.
https://www.rtl.fr/actu/conso/stephane-richard-orange-est-un-leader-qui-continue-d-investir-7776420395
2015-02-01 21:20:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/Ee6l54hs4K8NEGeH8AA4Qw/330v220-2/online/image/2015/0201/7776420345_stephane-richard-invite-du-grand-jury-le-1er-fevrier-2015.JPG