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Spanghero : "Ou bien il y a une reprise, ou bien c'est la mort de l'entreprise", affirme le fondateur

INVITÉ RTL - Le fondateur de Spanghero, Laurent Spanghero, présente ce mercredi aux salariés l'un des deux dossiers de reprise de la société. Impliquée dans le scandale de la viande de cheval, l'entreprise a été placée en redressement judiciaire en avril.

Spanghero : 8 personnes en garde à vue. Photo : l'usine de Spanghero
Spanghero : 8 personnes en garde à vue. Photo : l'usine de Spanghero Crédit : AFP / Archives
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La rédaction numérique de RTL

Après le scandale de la viande de cheval, Spanghero peut-elle être sauvée ? Oui, selon Laurent Spanghero, fondateur avec son frère de la société. Il a déposé l'un des deux dossiers de reprise de l'entreprise de Castelnaudary (Aude) qu'il présente ce mercredi aux salariés.

Son projet, qui associe un promoteur immobilier narbonnais, Jacques Blanc, reprendrait les activités de l'usine (transformation de viande, plats préparés), mais dans des dimensions réduites, et y ajouterait une gamme végétale.

Invité de RTL, Laurent Spanghero détaille son projet pour l'entreprise, placée en liquidation judiciaire depuis avril.

Avez-vous les moyens de sauver Spanghero ?

Nous avons fait le maximum pour obtenir les moyens même si les pouvoirs publics ne sont pas au rendez-vous. Nous avons amélioré notre offre et nous l'améliorons tous les jours. Nous avons jusqu'au 21 juin pour remettre la dernière offre. nous serons présents.

Quel est votre projet pour l'entreprise ?

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Il y a encore des clients qui font confiance à Spanghero, nous allons essayer de reconstruire à partir de là. Surtout nous allons régionaliser l'activité de l'entreprise. Nous allons faire en sorte que nos fournisseurs soient régionaux, ce qui permettra aux consommateurs de savoir d’où vient le produit qu'ils consomment.

Combien de salariés pensez-vous sauver ?

Aujourd'hui, ils sont 240 et nous pensons à terme, c'est-à-dire à l'horizon de 8 à 10 mois en sauver 130, 140. Il resterait encore une centaine de salariés sur le carreau mais ce serait un moindre mal. Aujourd'hui, il n'y a pas 50 solutions. Ou bien il y a une reprise de l'activité, ou bien c'est la mort de l'entreprise.

Les salariés sont-ils de votre côté ?

Réponse ce soir à 18h. Je les ai tous invités à venir débattre avec nous. J'ai également invité ceux qui portent le projet alternatif, il peut être complémentaire du nôtre. Je n'ai cessé de tendre la perche pour qu'ils nous rejoignent, c'est sans succès pour l'instant.

Qu'est-ce que vous allez leur dire ?

Je vais leur dire que la vie est faite d'espérances et que aujourd'hui, il n'y a pas d'alternative. Ou bien on croît à ce qu'il est encore possible de réaliser ou bien c'est la désespérance pour tout le monde. Certains des ouvriers, depuis 4 mois, ils ne savent plus où ils habitent. Il y en a qui sont en dépression, il y en a qui se sont suicidés. C'est un drame terrible, familial, même pour la ville de Castelnaudary. Castelnaudary était un des endroits où il y avait le moins de chômage il y a quelques années. Aujourd'hui, c'est une ville sinistrée. Pour toutes ces raisons, il faut que les gens relèvent la tête et on va la relever.

Demandez-vous le soutien de l’État ?

Je déplore aujourd'hui dans le travail que je viens de faire depuis deux mois l'absence des pouvoirs publics. C'est un désastre. Ce pays ne se relèvera pas si à un moment donné les pouvoirs publics ne sont pas auprès de gens qui croient encore en l'avenir de l'entreprise.

Que réclamez-vous ?

Il y a quelque chose qui s'appelle le CDP, le contrat de développement participatif porté par Oséo. Dans ce contrat, il est précisé que pour un euro apporté par un investisseur privé, il y a un euro qui peut être prêté par l'Etat. Dans le cas qui nous occupe, ça ne fonctionne pas. Je lance un appel pour que les entreprises soient un peu accompagnées. L'environnement économique des entreprises est désastreux actuellement. S'il n y a aucun accompagnement par ailleurs, on continuera à perdre des emplois, non seulement à Castelnaudary, mais partout en France.

Au fond, vous voulez sauver les salariés ou votre nom ?

Mon premier souci, ce sont les salariés. Le deuxième , c'est de réhabiliter notre nom car on a vraiment été injustement salis et ça c'est difficile à admettre.

A 73 ans, vous n'avez pas envie de la retraite ?

Je travaille depuis 56 ans. Je suis en pleine forme, il n'y a pas de problème.

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Laurent Spanghero : "Ou c'est la reprise de l'activité, ou c'est la mort de l'entreprise" Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date :
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