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Smart France : les leçons de l'accord de Hambach

REPLAY - ÉDITO - Le 11 septembre, les salariés de l'usine Smart en Moselle ont voté pour la fin des 35 heures. Le journaliste y voit un tournant dans les relations sociales françaises.

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Smart France : les leçons de l'accord de Hambach Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Les salariés ont approuvé à 56 % une proposition de la direction pour remonter progressivement à 39 heures par semaine, tout en étant payé seulement 37. Ils acceptent donc de faire un sacrifice important, qu'ils échangent contre la garantie de l'emploi jusqu'en 2020. Trois syndicats sur quatre de l'usine (la CFDT, la CGT et la CFTC) s'étaient pourtant prononcés en faveur du "non", estimant que les contreparties ne sont pas suffisantes. Cette affaire montre le décalage croissant entre les syndicats français et leur base.

Quand on regarde de près les votes, on voit aussi un autre élément important : les ouvriers ont voté contre, alors que les cadres étaient massivement pour. Comme les cadres sont désormais légèrement majoritaires dans l'entreprise (comme dans nombre d'industries désormais), c'est le "oui" qui l'emporte. Il y a donc derrière ce vote, à la fois un changement de mentalités, puisque les salariés privilégient désormais la garantie de l'emploi, et un bouleversement sociologique dans les usines.

Les salariés prêts à détricoter les 35 heures

"Oui" chez les salariés, "non" chez les syndicats : qui va gagner ? En fait, le référendum n'a aucune valeur juridique. Il n'était que consultatif. La direction l'a organisé pour faire basculer le rapport de force, devant l'hostilité des syndicats. Même après ce résultat, si l'accord n'est pas signé par des syndicats représentant au moins 30% des salariés, il ne sera pas appliqué. C'est la loi.

Cela veut dire que les salariés sont prêts à détricoter les 35 heures dans certains cas. Contrairement aux élites politiques et à nombre de syndicats, pour lesquels c'est un tabou. On l'a encore vu il y a peu lorsque le ministre Macron s'est fait recadrer violemment pour avoir osé critiquer les tables de la loi sur le temps de travail.

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En fait, les salariés mettent par-dessus tout la garantie de l'emploi. La crise et le record de chômage sont passés par là. Pour l'obtenir, ils sont prêts à faire des concessions momentanées, sur le temps de travail par exemple. Cela montre aussi que les syndicats doivent évoluer s'ils veulent retrouver de l'influence. Défendre les principes, c'est bien. Défendre les salariés, c'est mieux.

La flexibilité est souhaitable

Fixer des limites à cette flexibilité, c'est indispensable. Pour cela, on a besoin de syndicats. Sinon on pourrait avoir des salariés qui acceptent n'importe quoi sous le coup de la peur ou de l'émotion. Pour autant, la flexibilité est souhaitable. Il y en a parfois besoin dans la vie d'une entreprise, pour maintenir l'emploi. Il faut donc l'encadrer.

C'est d'ailleurs l'objectif d'un projet de loi gouvernemental qui sera déposé en 2016. On pourra déroger à certaines dispositions habituelles du Code du travail, mais il faudra l'accord de syndicats représentant non plus 30% des salariés comme aujourd'hui, mais 50%.

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