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Retraites complémentaires : les 3 questions pour comprendre l'enjeu des négociations

ÉCLAIRAGE - Les caisses de retraite sont au bord de la faillite. Les syndicats et le patronat se réunissent une énième fois pour tenter de trouver une solution. Quel est l'impact de ces mesures sur les salariés et les cadres ?

Retraites complémentaires
Retraites complémentaires Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Les réserves des retraites complémentaires s'épuisent. Même si les négociations qui ont lieu ce vendredi 16 octobre entre le patronat et les syndicats sont cruciales, leurs chances d'aboutir sont minimes. François Hollande avait précisé, mardi 13 octobre, que des "mesures courageuses" devront être mises en place.

1. Qu'est-ce que les retraites complémentaires ?

Les retraites complémentaires correspondent à une caisse de retraite qui permet d'accumuler des points qui, à terme, donneront droit à une retraite complémentaire qui s'ajoute à la pension du régime de base. En ce qui concerne leur fonctionnement, elles se basent sur un système par répartition, c'est-à-dire que l'employeur et le salarié cotisent. L'employeur se charge de verser les cotisations nécessaire à la caisse de retraite. Comme le régime de base, les retraites complémentaires s'évaluent en fonction du nombre de trimestres cotisés.
 
Ainsi, tous les salariés du secteur privé cotisent obligatoirement à la caisse de retraite complémentaire Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés). Les cadres cotisent à l'Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres). À noter que les taux de cotisation et les valeurs des points varient en fonction des deux régimes. Si vous souhaitez connaître le montant de votre retraite complémentaire, sachez que les caisses de retraite adressent régulièrement le relevé des points à chaque salarié. Il est aussi possible de consulter son relevé de points via Internet.

2. Pourquoi les négociations sont-elles cruciales ?

Dans une conjoncture de crise économique, les caisses de retraites Agirc et Arrco ont vu leur déficit respectif se creuser à 1,985 milliard et 1,153 milliards d'euros en 2014. Les raisons de ce déficit : l'arrivée des papys boomers à la retraite et le chômage de masse. La réunion s'annonce explosive. "Si rien n'est fait, leurs réserves seront épuisées d'ici à 2018 pour l'Agirc et à 2027 pour l'Arrco. Alors des abattements sur les pensions deviendraient quasi obligatoires", explique La Tribune.

3. Que proposent les syndicats et le patronat ?

Le Medef, la CGT, la CFDT et FO ont des préconisations bien différentes qui touchent à différents niveaux les cadres et les salariés. Le Medef refuse une augmentation "significative" des cotisations. Il propose surtout de retarder l'âge de départ à la retraite des salariés à 64 ans. Ce système se ferait via un dispositif de bonus-malus. Des abattements de 25 à 15% seraient appliqués aux salariés prenant leur retraite avant "l'âge d'équilibre" qui permet de maintenir les régimes à l'équilibre, actuellement à environ 64 ans. Des surcotes de 25 à 15% leurs seraient octroyées pendant un ou deux ans, s'il dépassent cet âge.

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Cette proposition fait bondir les syndicats qui la jugent "inacceptable". La CFDT propose, au 1er janvier 2019, une mutualisation des réserves des deux régimes dès 2017 avant une fusion. Le syndicat préconique la mise en place d'une "contribution de solidarité intergénérationnelle" de 4% assumée pendant deux ans par les nouveaux retraités. Autre mesure proposée, la création d'une contribution patronale en cas de licenciement ou de rupture conventionnelle au-delà de 50 ans. Ces propositions permettraient, selon Laurent Berger, de réaliser 2,4 milliards d'euros d'économies par an à l'horizon 2018, 3,3 milliards en 2020, 7,3 milliards en 2030. Retour à l'équilibre prévu à partir de 2024. 

 
Le syndicat des cadres CFE-CGC n'est pas contre un abattement des pensions, mais à un "taux raisonnable". Il refuse la fusion des deux régimes. Il propose ainsi dès 2016, une hausse des cotisations de 1,25 point (soit environ +6,65 euros par mois pour le salarié et +10,85 pour l'employeur). FO et la CGT sont contre tout abattement des pensions mais le premier syndicat évoque la mise en place d'une taxation des entreprises qui se séparent de seniors de plus de 55 ans par rupture à l'amiable. La CGT souhaite, elle, arriver à une égalité salariale hommes-femmes pour permettre un accroissement des cotisations. La mesure permettrait de réduire de 46% le déficit d'ici 2040.  

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2015-10-16 09:26:00
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