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Retraites complémentaires : compte à rebours enclenché

Une première séance de négociation entre patronats et syndicats s'ouvre ce mardi pour tenter d'éviter la faillite de l'Agir-Arrco.

Les réserves de l'Argic et l'Arrco pourraient être épuisées dès 2018 et 2027, les deux régimes versant chaque année "plus de pensions qu'elles ne perçoivent de cotisations".
Les réserves de l'Argic et l'Arrco pourraient être épuisées dès 2018 et 2027, les deux régimes versant chaque année "plus de pensions qu'elles ne perçoivent de cotisations". Crédit : JOEL SAGET / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Ce mardi 17 février s'ouvre la première séance de négociation entre patronat et syndicats ayant pour objectif de trouver un accord pour sauver l'Argic-Arrco de la faillite. Les deux parties auront jusqu'à fin juin pour trouver comment pérenniser les retraites complémentaires.
À 14h30 au siège du Medef à Paris, les huit partenaires sociaux gestionnaires de l'Agirc-Arrco s'élanceront pour un premier tour de piste où chacun fixera ses objectifs et ses limites. Il faudra attendre la deuxième, voire troisième rencontre pour qu'un texte commence à s'élaborer, et fin juin pour savoir s'il trouvera des signataires.
"L'enjeu est majeur. Il en va de l'avenir du système de retraites complémentaires", commente Patrick Poizat, négociateur CFTC. Mais la négociation s'annonce "extrêmement compliquée", selon plusieurs négociateurs et il y a urgence à sauver le régime des cadres.

Des réserves bientôt épuisées

En 2013, syndicats et patronat avaient déjà pris des mesures pour pallier la dégradation des finances liée à l'arrivée massive à la retraite des papy boomers et à la réduction de la masse des cotisations due au chômage. 
Mais le naufrage du système par répartition est imminent, et des solutions doivent être trouvées pour que les cotisations -- acquittées par plus de 18 millions de salariés et leurs employeurs -- continuent de financer directement les pensions complémentaires, versées en 2013 à près de 12 millions de personnes.
L'Agirc (cadres, 1,24 milliard d'euros de déficit en 2013) et l'Arrco (tous les salariés du privé, 405 millions de déficit) disposent aussi de réserves financières, pour faire face aux déséquilibres temporaires. Mais ces réserves pourraient être épuisées dès 2018 pour l'Agirc, 2027 pour l'Arrco. Les deux régimes, en déficit depuis 5 ans, versent chaque année "plus de pensions qu'elles ne perçoivent de cotisations", rappelait en décembre la Cour des comptes pour qui une amélioration du solde des régimes de 5,5 milliards dès 2018 "semble raisonnable", mais "rien ne doit être interdit" pour y parvenir.

Il n'y a pas 50 solutions, ça ne peut se traduire que par un allongement de l'âge de départ

Jean-Pierre Crouzet, président de l'UPA
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Les partenaires sociaux arrivent ce mardi armés d'une solide boîte à outils, peaufinée depuis près d'un an à travers des projections financières demandées par les uns et les autres. "Il n'y a pas 50 solutions", tranche Jean-Pierre Crouzet, président de l'UPA : "ça ne peut se traduire que par un allongement de l'âge de départ". Cette hypothèse sera d'emblée rejetée par les syndicats, qui refusent de servir de cheval de Troie pour les retraites de base.
"Comme la borne d'âge est un sujet tabou", il ne devrait pas trouver sa place dans la négociation, selon Geneviève Roy (CGPME). Les discussions devraient se porter sur des abattements, portés par le Medef. Concrètement, l'actif qui partirait à la retraite à 62 ans toucherait sa pension de base dans son intégralité. Toutefois, il percevrait pendant une durée à définir (un, deux, cinq ans) une retraite complémentaire amputée.
La mesure reste douloureuse. Or, "il ne s'agit pas d'appauvrir les uns pour soulager les autres. Le pouvoir d'achat des uns et des autres est tout aussi important que le fait par exemple qu'on n'augmente pas les cotisations", ajoute Geneviève Roy.

Hors de question de baisser le niveau des pensions pour les syndicats

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Les syndicats sont eux justement plutôt partisans d'une hausse des cotisations Agirc et estiment qu'il est "hors de question de baisser le niveau des pensions". La réversion constitue notamment "un point de grande fâcherie", prévient Patrick Poizat qui défend "la nécessité de maintenir des régimes de réversion qui permettent aux conjoints survivants de recevoir une pension d'un niveau décent", la plupart d'entre eux n'ayant pas forcément le niveau de droits directs pour assurer eux-mêmes ce niveau.
CFTC comme CGPME refusent en bloc "la mise sous condition de ressources", une mesure "inenvisageable". Il va donc falloir panacher les solutions pour parvenir à un accord qui puisse, comme le souhaite FO, "conforter le modèle à deux niveaux : retraite de base et retraite complémentaire, seul garant contre la tentation d'un régime unique, voire universel, forcément réducteur de droits".
D'après un sondage Odoxa pour Les Échos et Radio classique mardi, une large majorité de Français (55%) dit craindre une faillite des régimes de retraite complémentaires.

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2015-02-17 09:18:00
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