2 min de lecture Déflation

Pourquoi Hollande et Valls s'inquiètent du risque de déflation

DÉCRYPTAGE - L'inflation a rarement été aussi faible en France. Le Premier ministre et le Président parlent d'"un vrai risque déflationniste" qui pourrait tuer la croissance dans l’œuf. Un mauvais signe pour la reprise économique.

Le ministère de l'Économie et des Finances, communément appelé "Bercy", le 15 mars 2013
Le ministère de l'Économie et des Finances, communément appelé "Bercy", le 15 mars 2013 Crédit : AFP / FRED DUFOUR
Eric Vagnier
Éric Vagnier Journaliste RTL

Pour l'exécutif, le pessimisme est de rigueur. Après Manuel Valls, François Hollande a évoqué lundi 4 août "un vrai risque déflationniste". Selon le Président, c'est simple, "l'inflation n'a jamais été aussi basse en France." Et le risque de déflation - un phénomène de baisse durable des prix en France et dans la zone Euro - est réel.

À première vue, ça peut sembler une bonne nouvelle : en 18 mois, on est passé de 2% d'inflation à 0,4%.  Le pouvoir d'achat n'est plus rogné par la valse des étiquettes. En réalité, quand une économie ne génère plus d'inflation, ce n'est jamais très bon signe. 

Avec la déflation, adieu la croissance

Dans une économie en situation de déflation, la masse monétaire stagne. En clair, les entreprises ne cherchent plus à s'endetter pour investir et les particulier à emprunter pour consommer. À quoi bon acheter aujourd'hui ce qui se vendra moins cher demain ? L'économie se fige. Adieu la croissance. 

La déflation incite à ne plus bouger : puisque les prix baissent , je vais attendre pour acheter. Patienter pour souscrire un crédit que j'aurai à un meilleur taux. De mauvais augure pour les entreprises. Car si les prix baissent, les marges bénéficiaires se contractent. 

Les finances de l'État en berne

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La déflation n'est pas une bonne nouvelle non plus pour les salariés. Contrairement aux idées reçues, elle n'impacte pas seulement les États et les nantis. Car au final, avec une inflation quasi nulle, les salariés peuvent tirer une croix sur des augmentations de salaire significatives

Le phénomène handicape également les pour les personnes qui ont un crédit à rembourser. L'inflation permettait d'alléger le poids des traites pour les endettés. La déflation les alourdit. 

Elle pourrait également porter un coup sévère aux caisses de l'État. La fiscalité se calcule souvent en pourcentage. Appliquée sur des prix revus à la baisse, la TVA génère par exemple moins de rentrées dans les caisses de Bercy, aggravant le déficit. Moralité, vive l'inflation. À condition qu'elle reste maîtrisée, dans des limites raisonnables entre 1 et 2 %.

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En 18 mois, on est passé de 2% d'inflation à 0,4 %. Crédit Média : Éric Vagnier | Durée : | Date :
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