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Porc, "made in France", contrôle des capitaux : le retour des frontières économiques en Europe

REPLAY - ÉDITO - Alors que l'Allemagne rétablit les contrôles aux frontières nationales à cause de l'afflux des migrants, ces mêmes frontières ont été ressuscitées au plan économique.

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Porc, "made in France", contrôle des capitaux : le retour des frontières économiques en Europe Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet et Loïc Farge

C'est une révolution silencieuse. Le marché unique européen, qui prévoyait la liberté de circulation en Europe, est mis à mal. Non seulement pour les personnes, mais aussi pour les capitaux. Depuis la crise de l'euro, en Grèce et à Chypre on n'a plus le droit de sortir de l'argent du pays. On a rétabli les frontières intérieures de l'Europe pour l'argent, au moins entre les pays en crise grave et les autres.

Pour les marchandises, il y a toujours la libre-circulation en Europe. En apparence, du moins. En apparence, oui. Mais en réalité, chaque pays privilégie désormais la production nationale. Un exemple récent : la crise de la viande de porc en France.

Le grand marché européen est fragmenté

Le gouvernement refuse de s'aligner sur le marché européen. Il fixe un prix plus élevé sur le territoire national et enjoint aux clients publics (les cantines scolaires, par exemple) d'acheter en France, au prix français, pour soutenir la production nationale. On ne peut pas rétablir les frontières en frappant de droits de douane la viande de porc étrangère, mais ça revient au même ! La promotion du "made in France", c'est le retour des frontières !

Le grand marché européen est fragmenté. Il est mis à l'épreuve par les besoins du moment des peuples, qui veulent se protéger à cause de la crise. Une frontière, c'est une protection. Contre les mouvements de population brutaux. Contre les invasions de produits qui déstabilisent un écosystème. Contre la marée des capitaux internationaux qui, elle aussi, peut détruire une économie si ses mouvements sont trop brusques.

Les frontières se ferment et se rouvrent au gré de l'humeur des peuples

François Lenglet
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Il faut bien avoir présent à l'esprit que l'Europe n'a aboli ses frontières internes qu'en 1993, avec l'Acte unique. Auparavant, elle était fragmentée, avec des frontières impénétrables, qui n'avaient d'ailleurs pas empêché la croissance des Trente Glorieuses.

À l'inverse, avant la guerre de 1914, les frontières n'existaient pas. En 1913, l'écrivain George Duhamel passe d'un pays à l'autre avec une simple carte de visite. On laisse passer alors sans contrainte les hommes, les marchandises et les capitaux. En bref, les frontières se ferment et se rouvrent au gré de l'humeur des peuples.

La confiance des peuples, le grand déterminant

Avec les nouvelles technologies, le repli national ne serait donc pas envisageable ? Détrompez-vous : les technologies n'ont rien à voir avec tout cela. Le principal déterminant de l'ouverture, c'est la confiance des peuples dans l'avenir.

Au contraire, lorsque les peuples s'inquiètent pour l'emploi et la croissance, comme aujourd'hui, les barrières entre les pays se referment. On a toujours vu cela dans l'Histoire. 

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