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Pass Navigo unique : gare aux effets pervers

REPLAY - REPLAY / ÉDITO - À compter de ce 1er septembre, les 3,8 millions de Franciliens abonnés aux transports en commun paient tous le même prix. Une fausse bonne idée ?

Christian Menanteau Eco Menanteau Christian Menanteau iTunes RSS
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Pass Navigo unique : gare aux effets pervers Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau Journaliste RTL

Le Pass Navigo à tarif unique est entré en vigueur mardi 1er septembre. C'est une petite révolution pour près de 4 millions de Franciliens. Elle va probablement faire des émules dans d’autres régions du pays, à l’exemple des TER à 1 euro dans le Midi. Ce genre de disposition, qui existe déjà à Londres, n’est pas sans vertu. Il est simplissime à comprendre. Où que vous résidiez dans la très vaste région francilienne, vous disposerez d’un pass unique à 70 euros par mois. Pour ceux qui habitent en bout de ligne, c’est une économie annuelle de près de 450 euros. En revanche, pour ceux qui ont un court rayon d’action, leur budget transport va être multiplié par deux.

Pour ses promoteurs, il s'agit d’une "mesure sociale" qui va améliorer le pouvoir d'achat de ceux qui se déplacent au long cours. Elle devrait aussi dans une perspective de marketing électoral, donner un semblant d’unité à une région sans identité. Financièrement, la baisse des tarifs pour les uns sera donc compensée par une augmentation pour les autres.
Ce dispositif signe la fin du principe assez universel, qui veut que plus on se déplace loin, plus le ticket est cher. On change de logique. Financièrement, cela va se traduire par une perte de recette d’au moins 400 millions selon la région ; beaucoup plus, selon les spécialistes. Le prix pondéré d’un Pass Navigo nouvelle mouture s’établirait à plus de 90 euros. Le manque à gagner friserait donc les 800 millions.
Pour combler ce très lourd déficit supplémentaire, la région va déjà augmenter la taxe transport payée par les entreprises. Ce qui, d’une manière ou d’une autre, impactera les salaires, les augmentations ou les primes des salariés. Dans un second temps, une hausse des taxes ou des impôts semble inéluctable.

Fausse bonne idée ?

Tout cela pose trois questions de fond.
1/ Nos transports publics sont en crise. Est-ce qu’il est judicieux de privilégier encore plus la subvention à l’usage  (60% des bus et métro sont déjà financés par l’impôt en Île-de-France, 85% en régions) plutôt que l’investissement de rénovation d’un réseau qui est partout  proche de la rupture ? Payer moins cher un transport dégradé n’est pas nécessairement un progrès.

2/ Le schéma est financièrement très avantageux pour ceux qui ont de longs trajets. Mais c’est aussi un encouragement à l’étalement urbain. C'est en contradiction totale avec les principes de base de l’écologie et de l’efficacité économique.

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3/ En privilégiant le dézonage tarifaire sur l’amélioration du réseau, il n’est pas acquis que les adeptes de l’auto basculent vers les transports en commun.

Rendez-vous dans un an pour un premier bilan.

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