3 min de lecture Arnaud Montebourg

Montebourg tacle l'austérité : les prémices d'un changement de cap ?

Dans une interview accordée au Monde de mardi, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, affirme que la politique de l'austérité conduit à la débâcle. Une sortie validée par l'Elysée qui pourrait marquer un changement de cap dans la politique économique du gouvernement.

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La rédaction numérique de RTL
et Yaël Goosz

Dans ce contexte très tendu, la Une de l'Express à paraitre jeudi claque. On y voit François Hollande la tête baissée et ce titre : Monsieur Faible. Et pourtant, le Président, qui s'empresse de reprendre la main en matière de morale, pourrait aussi changer de cap en matière de politique économique. C'est Arnaud Montebourg qui lance la première pierre.

La Une de l'Express sur François Hollande, le Monsieur faible
La Une de l'Express sur François Hollande, le Monsieur faible Crédit : Express

Le sérieux budgétaire est "absurde et dangereux"

L'austérité, "rejetée par tous les peuples", conduit l'Union européenne à la "débâcle" et fait planer la menace d'une "crise de régime" au niveau européen, estime le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. "Le sérieux budgétaire, s'il tue la croissance, n'est plus sérieux. Il est absurde et dangereux. Il est donc plus que temps d'ouvrir le débat sur cette politique qui conduit l'Union à la débâcle", déclare le ministre dans le quotidien.

Le sérieux budgétaire, s'il tue la croissance, n'est plus sérieux. Il est absurde et dangereux. Il est donc plus que temps d'ouvrir le débat sur cette politique qui conduit l'Union à la débâcle

Arnaud Montebourg
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Interrogé sur les conséquences de l'affaire Cahuzac sur cette "crise de régime", Arnaud Montebourg estime que "s'il y a une crise de régime, c'est au niveau de l'Union européenne, où il n'y a nul débat démocratique sur les causes et les conséquences de cette politique d'austérité qui nous entraîne collectivement dans une spirale récessive". Avant d'enfoncer le clou. "La vraie question est la suivante: la politique d'austérité imposée par l'Europe est-elle soutenue par nos concitoyens ? La réponse est non. Elle est rejetée par tous les peuples".

Un écho aux propos de Hollande du 28 mars dernier

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Les déclarations de Arnaud Montebourg, qui attaque violemment l'austérité prônée par l'Union Européenne, fait directement écho aux propos de François Hollande lors de son intervention télévisée le 28 mars dernier, quand il avait notamment déclaré que l'austérité allait "condamner l'Europe à l'explosion, et encourager la montée des mouvements populistes".

La sortie de Arnaud Montebourg, souvent critiqué pour son style très personnel et son appétence pour les médias(Titan, Florange, Made in France) est bien, comme le confirme Le Monde, validée par l'Elysée. Une sortie calculée en marge d'une rencontre entre Pierre Moscovici et son homologue américain des Finances Jacob Lew, les Américains continuant de recommander à la France, et à l'Europe, de cesser d'affaiblir l'économie avec des politiques d'austérité. Et qui pourrait permettre à François Hollande, très critiqué pour son "matraquage fiscal" et ses demandes aux Français de "faire des efforts", de retrouver un peu de crédit. Et de calme.

Moscovici prend (déjà) ses distances

De son coté, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a de nouveau prôné mardi une "approche équilibrée" entre réduction des déficits et croissance, refusant d'endosser les propos alarmistes d'Arnaud Montebourg. Interrogé sur ces propos, en marge de sa rencontre avec Jacob Lew à Paris, Pierre Moscovici, chantre justement du "sérieux budgétaire de gauche", a pris ses distances.

Le gouvernement français, le président français, refusent d'ajouter l'austérité à la récession.

Pierre Moscovici
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"Je suis dans une conférence de presse avec M. Jack Lew, pas avec M. Montebourg", a-t-il d'abord tenu à souligner. "Mais je veux marquer mon accord avec ce qu'a dit le secrétaire au Trésor" américain, a-t-il ajouté, à savoir qu'il faut une "approche équilibrée" entre "le redressement des finances publiques qui reste une nécessité, et les politiques de soutien à la croissance qui sont indispensables". "Je dirai les choses avec mes propres mots: le gouvernement français, le président français, refusent d'ajouter l'austérité à la récession", a déclaré le ministre de l'Economie, reprenant son leitmotiv des deux derniers mois.

Les deux poids lourds du gouvernement et de Bercy, qui n'ont jamais pas caché leurs divergences de vues, le premier défendant une ligne réformiste sociale-démocrate et le second plaidant pour des changements de politique économique plus radicaux, viennent d'ajouter un peu plus de cacophonie à un gouvernement qui n'en n'avait pas besoin.

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François Hollande prêt à lâcher l'austérité ? Crédit Média : Yael Goosz | Durée : | Date :





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Dans une interview accordée au Monde de mardi, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, affirme que la politique de l'austérité conduit à la débâcle. Une sortie validée par l'Elysée qui pourrait marquer un changement de cap dans la politique économique du gouvernement.
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2013-04-09 16:55:00