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Migrants : zoom sur le business "florissant" des passeurs

REPLAY - ÉDITO - L'afflux de dizaines de milliers de réfugiés en Europe a développé un incroyable trafic. Une activité bien plus rentable que le trafic de drogue.

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Migrants : zoom sur le business "florissant" des passeurs Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Il y aurait 30.000 passeurs en Europe, dont 3.000 en Méditerranée, pour acheminer les migrants venus de Syrie, de Libye, d’Érythrée ou de Somalie. Ils sont organisés comme de véritables multinationales : des tour-opérateurs du crime, avec des correspondants sur tout l'itinéraire qui organisent les transferts de la route à la mer, de la mer au rail, etc. Ils gagnent un argent phénoménal. La traite des êtres humains est devenu l'activité criminelle la plus rentable, bien davantage que la vente d'armes ou de drogue. La police Europol a, par exemple, arrêté tout récemment un réseau de 16 Roumains, Égyptiens et Pakistanais en Grèce qui avaient gagné 7,5 millions en quelques mois.

Pour les migrants, un de ces voyages coûte entre 5 et 10.000 euros par personne pour aller jusqu'en Angleterre, selon les filières. Mais il y a des suppléments sordides. 100 euros pour une boîte de thon et de l'eau, par exemple ; 200 euros pour un gilet de sauvetage pendant la traversée ; 200 euros pour une place sur le pont, à l'air libre ; un passeport portugais pour 5.000 euros ; une carte Sim avec forfait bloqué pour plusieurs centaines d'euros.
Les passeurs achètent les canots en Chine ou de vieux cargos pourris sous pavillon de Sierra Leone ou de Moldavie. On peut les trouver sur des sites de vente spécialisés, tout comme les camions. Exactement comme une entreprise, ces réseaux font de la publicité sur Facebook, sur les innombrables pages consacrées à l'exil, créées par les migrants eux-mêmes.
Selon le journal Le Temps, une start-up nigériane a même créé une carte interactive de l'Europe, où les migrants signalent les dangers et les contrôles, exactement comme les applications de navigation routière.

Peu d'arrestations

Les passeurs  ont même du personnel. Ce sont souvent des migrants eux-mêmes qui sont recrutés pour conduire les bateaux, et payés pour les emmener dans les eaux italiennes où ils sont arraisonnés par la police italienne. Il y a aussi des professionnels de la traite. À Calais, ce sont des gangs albanais qui ont pris littéralement possession de certains quartiers. Ils y font régner la peur, car ils sont armés. Ils logent leurs clients dans des hôtels minables, et montent des voyages pour l'Angleterre d'une dizaine de personnes, en droguant les enfants pour qu'ils ne risquent pas d'alerter la police avec leurs pleurs.
 
Ce sont, pour la plupart, des organisations qui se sont constituées pour l'occasion. Mais les mafias traditionnelles s'y mettent, comme la Mafia "capitale", basée à Rome. Elle a pris le contrôle de nombreux centres de migrants en Italie, pour récupérer et détourner les subventions publiques destinées à l'accueil. Ce qui représente des centaines de millions d'euros. 
 
Pour lutter contre eux, toutes les polices d'Europe s'y mettent, en surveillant notamment les communications téléphoniques. Le problème, c'est que nombre de passeurs utilisent des dialectes pour lesquels les traducteurs sont rares. Lorsque ce sont des migrants eux-mêmes qui font les passeurs, ils sont difficiles à interpeller car ils disparaissent avec leur chargement. 

Mais il y a quand même des arrestations : par exemple, plusieurs centaines à Calais sur la seule année dernière, avec dix-sept bandes criminelles démantelées.

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