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Manifestation d'agriculteurs à Paris : à quoi serviraient les trois milliards d’euros demandés au gouvernement ?

RENTRÉE ÉCO ET IMMO (4/4) - Plus de 1.000 tracteurs ont gagné la capitale, jeudi 3 septembre. La FNSEA demande trois milliards d’euros au gouvernement pour redresser le secteur agricole. À quoi cette somme correspond-elle ?

Plus de 1.000 tracteurs bloquent Paris, le 3 septembre 2015
Plus de 1.000 tracteurs bloquent Paris, le 3 septembre 2015 Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Partis depuis trois jours loin de leur exploitation, les agriculteurs ont décidé de rejoindre Paris en tracteur. Plus de 1.000 bétaillères et autres remorques bloquent la capitale ce jeudi 3 septembre. Avec ce rassemblement, les agriculteurs souhaitent faire entendre leur voix et dénoncer la crise qui sévit dans leur métier. Et pour cause, le secteur de l’agriculture traverse une période inédite de crise avec trois secteurs de son activité touchés.

Ce rassemblement est le point culminant de nombreuses manifestations et négociations qui durent depuis plusieurs mois. Selon Christiane Lambert, première vice-présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricole (FNSEA), "les crises du lait, du porc et de la viande bovine sont respectivement les conséquences de l’embargo russe, d’un marché surchargé et des pays plus compétitifs".

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Selon la fédération, la solution pour rétablir le secteur agricole a un coût estimé à 3 milliards d’euros. Et ce alors que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, avait annoncé la mise en place d’un plan d’aide d’urgence de plus de 600 millions d’euros, en juillet dernier. Un coup d'épée dans l’eau, selon les agriculteurs : "Dans ce plan d’aide, on demande aux éleveurs d’emprunter une partie de la somme. C’est impossible pour eux car ils n’ont aucune visibilité sur l’avenir de la profession et ne prendront pas le risque de s’endetter", explique Christiane Lambert.

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Ces propos sont appuyés par ceux de Xavier Beulin, le président de la Fédération qui déclaré à l'antenne de RTL : "Ce n'est pas 600 million, c'est 100 millions, car il y a 500 millions de garantie de prêts pour des restructurations".

3 milliards pour moderniser et devenir plus compétitif

Concrètement, le budget des 3 milliards d’euros en trois ans demandé par la FNSEA, dont 1 milliard proviendrait de l’Etat et deux autres d’investisseurs, seraient répartis entre le secteur de l’exploitation agricole et celui des outils de transformation. C’est le nerf de la guerre pour Christiane Lambert. La modernisation des bâtiments d’abattage est impérative : "En France, l’âge moyen d’un abattoir est de 22 ans pour le porc et 24 ans pour le bœuf. C’est considérable par rapport à des pays comme l’Allemagne qui ont modernisé leurs installations. De meilleurs équipements nous rendront plus compétitifs et seraient gage d’investissements productifs. Ainsi, on aurait un meilleur rythme de production et des coûts plus bas".

Le mot d’ordre reste la compétitivité. À titre de comparaison, la première vice-présidente de la FNSEA explique que la France reste le premier pays exportateur de blé "parce que le secteur ne pâtit pas de toute cette phase de transformation, contrairement à la viande de porc et de bœuf. En Allemagne, les transformateurs travaillent en usine six jours sur sept en pratiquant le système des trois huit. En France, nous pratiquons les 35 heures, cinq jour par semaine". Il est aussi question de se tourner vers l’avenir, "il faut aussi penser au climat et aux conditions qui s’imposent à notre métier. L’argent pourrait aussi utiliser à la construction de réserves d’eau, ajoute-t-elle.

Comment répartir ces milliards ?

La question de la répartition de cette somme reste encore ouverte au sein de la FNSEA qui explique que tout se fera "en fonction des projets et des autorisations obtenues". Le principal est de "donner un rythme et de maintenir les volumes de production. Actuellement, la France continue d’importer des produits malgré le fait que nous les produisons". Le budget demandé au gouvernement permettrait de relocaliser l’investissement en France. Mais pour l’instant, il reste difficile de se projeter car désormais, "c’est Manuel Valls qui a les cartes en mains".

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