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Livret A : la Banque de France veut baisser le taux le 1er août

Le patron de l'institution Christian Noyer plaide à nouveau pour une baisse, qui avait été retoquée par le gouvernement en janvier.

Livret A (illustration).
Livret A (illustration). Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le taux du Livret A, actuellement à 1%, est-il menacé ? La Banque de France voudrait l'abaisser, mais le gouvernement s'y était refusé en janvier. 

La rémunération du placement préféré des Français est de nouveau sous le feu des critiques, à quelques semaines de sa révision le 1er août, ses détracteurs continuant à le juger trop élevé. Partisan d'une baisse du taux, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer estime ce lundi 6 juillet qu'il est "hors de question que le taux ne baisse pas au cours de l'année". À 1%, cette rémunération se situe à son plancher historique. Celle-ci est déterminée par une formule de calcul faisant essentiellement intervenir le niveau de l'inflation, très bas actuellement. 

"Il pourrait y avoir une logique à laisser jouer la formule. On verra en fonction des chiffres de l'inflation", fait valoir Christian Noyer. Lorsque l'inflation sera connue, le 15 juillet, le gouverneur de la Banque de France aura à se prononcer sur le futur taux du produit d'épargne le plus répandu en France. S'il choisit de suivre la formule de calcul, sa décision s'appliquera. S'il souhaite y déroger, la décision finale reviendra au gouvernement.

L'équivalent de HLM

Cette formule de calcul demande de prendre en considération l'inflation (hors tabac) et de la majorer de 0,25 point, afin que soit préservé le pouvoir d'achat de l'épargne des ménages, en arrondissant ensuite au quart de point le plus proche. En janvier, le taux aurait mécaniquement dû baisser à 0,25%. Mais Christian Noyer avait choisi de proposer un repli plus limité, à 0,75%. Finalement, le gouvernement avait tranché en faveur de son maintien à 1%. Mais le gouverneur relève que la rémunération actuelle du Livret A, qui est identique à celle du Livret de développement durable (LDD), constitue un obstacle à la politique menée par la Banque centrale européenne (BCE) pour favoriser la reprise de l'activité économique en Europe. La BCE a notamment abaissé en septembre son taux directeur - c'est-à-dire le taux auquel les banques lui empruntent - à 0,05%, son plus bas niveau historique. 

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Avec un Livret A dont les dépôts sont rémunérés à 1%, cette ressource coûte donc plus cher aux banques. Mais aussi aux organismes HLM, qui utilisent les fonds de ce produit d'épargne - centralisés pour une large part par la Caisse des dépôts -, afin de construire des logements sociaux. Selon le gouverneur de la Banque de France, le surcoût estimé pour 2014 de la rémunération avantageuse du Livret A, par rapport aux conditions de marché, correspond ainsi à la construction d'environ 5.000 logements

Plus de retraits que de dépôts en 2015

Avant Christian Noyer, Pierre-René Lemas, le directeur général de la Caisse des dépôts, a lui aussi laissé entendre qu'il serait favorable à une baisse du taux du Livret A, pour aider les organismes HLM. "Certes, cela apparaît faible pour l'épargnant (un taux de 1%, NDLR), mais pour l'emprunteur, par exemple le monde HLM, c'est une ressource chère au regard des taux du marché qui sont historiquement très bas", a-t-il expliqué la semaine dernière dans un entretien à La Tribune. Du côté des banques, les patrons de Crédit Agricole SA et Société Générale ont également pointé du doigt début mai ce taux de 1%. L'ancien directeur général de la banque verte Jean-Paul Chifflet estime que son coût pénalise le financement de l'économie.

Cependant, même si elle est jugée avantageuse pour l'épargnant par le secteur financier et les institutionnels, la rémunération actuelle peine à séduire les Français. Sur les cinq premiers mois de 2015, ces derniers ont effectué bien plus de retraits que de dépôts sur leur Livret A, pour aboutir à une décollecte nette de 2,32 milliards d'euros fin mai. Et, depuis avril 2014, ce produit d'épargne a connu plus de retraits que de dépôts tous les mois, à l'exception d'une embellie passagère en mars. 

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