2 min de lecture Aix-en-Provence

Les grands patrons appellent l'État à se réinventer

Réunis lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, les grands patrons français ont appelé à une nouvelle action publique pour favoriser l'investissement.

Pour le PDG de Total Christophe de Margerie, "le vrai problème de la France, c'est l'Etat".
Pour le PDG de Total Christophe de Margerie, "le vrai problème de la France, c'est l'Etat". Crédit : AFP / FRANCK PENNANT
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Poids excessif des dépenses publiques, instabilité réglementaire, manque de vision à long terme... Acteurs et observateurs de l'économie et du monde politique ont appelé l’État à se réinventer pour encourager l'activité et sortir par le haut de la crise, lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence tenues de vendredi à dimanche.

Moins d’État mais mieux d’État. C'est en substance, le refrain entonné par nombre d'économistes, grands patrons et autres dirigeants dans une série de conférences organisées chaque année au début de l'été par le Cercle des économistes.

On est encore à 'papa maman', à demander à l’État qu'il s'occupe de nous !

Christophe de Margerie, PDG de Total
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"Le vrai problème qu'on a en France, c'est l’État", a lancé avec son habituel franc-parler le PDG de Total, Christophe de Margerie. "55% du PIB est dans les mains de l’État, qui au passage à du mal à le gérer, et on ne s'occupe pas de l'entreprise, on est encore à 'papa maman', à demander à l’État qu'il s'occupe de nous!", a-t-il asséné.

"La dépense publique est un problème, mais l'action publique est un atout (...) Il faut une régulation, un droit de regard sur les entreprises", a tempéré Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Le syndicaliste a tout de même déploré un manque d'anticipation des pouvoirs publics. "On a les deux pieds dans la glaise et on regarde nos pompes, sans jamais anticiper. Ca fait trente ans qu'on n'a pas anticipé les problèmes de qualification, de compétitivité ou de retraite, on réforme toujours le dos au mur", a-t-il regretté.

Gallois demande de la "persévérance"

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Autre écueil dénoncé par plusieurs intervenants, les politiques en zig-zag, qui brouillent l'efficacité de l'action publique et découragent l'investissement. "Il faut resynchroniser les horloges entre le temps des États et celui des entreprises", a estimé Philippe Camus, PDG d'Alcatel-Lucent, évoquant l'exemple de la fiscalité. "Le principe en France, c'est : on augmente les prélèvements obligatoires, on crée un crédit d'impôt pour l'atténuer, on dénonce la niche fiscale créée par le crédit d'impôt et on supprime le-dit crédit d'impôt", a-t-il déploré.

De son côté, le Haut commissaire à l'Investissement, Louis Gallois, a souligné la difficulté des gouvernements à mener des actions impopulaires à court terme, sous la pression des élections et des sondages, alors que les bénéfices arriveront souvent bien plus tard. En France, "l'impact des investissements d'avenir se fera sentir dans trois, cinq, dix ans", a-t-il estimé, citant également le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi), dont on attend des résultats immédiats mais qui "n'a pas encore eu d'impact depuis novembre, non".

Son conseil aux gouvernants: "Il faut faire preuve de persévérance, et que le politique soit capable d'encaisser le fait que d'abord ce sont les effets politiques qui se produisent avant les effets" concrets. Et de rappeler l'expérience amère de l'ex-chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schroeder, "mis dehors avant la fin de son programme" de réformes en profondeur de l’État providence.

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