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Les bonnes affaires américaines d'Airbus

REPLAY - ÉDITO - L'avionneur européen vient d'inaugurer sa première usine aux États-Unis. Il affiche de grandes ambitions, à la mesure du marché américain. Est-ce la bonne stratégie ?

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Les bonnes affaires américaines d'Airbus Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

Le rêve américain d’Airbus s’est réalisé lundi 14 septembre avec l'inauguration de son premier site de production en Alabama, aux États-Unis. C’est un saut magistral pour Airbus. C’est la promesse d’être un acteur industriel sur le plus gros et le plus solvable marché du monde. Les compagnies locales vont  commander 5.700 avions d’ici 2030. Cela représente un chiffre d’affaires potentiel de 750 milliards de dollars. Plus qu'en Chine, où Airbus est déjà présent dans une configuration un peu semblable, cette installation en Amérique n’est pas une opération cosmétique. C’est un coin du ciel jusqu’ici quasi exclusivement réservé à Boeing, que va occuper l’entreprise de Toulouse.

Airbus va travailler en dollars

Airbus vend déjà aux compagnies américaines. Pourquoi s’y installer ? Outre les perspectives commerciales listée ci-dessus, il y a aussi trois raisons de fond.
1/ Renforcer son poids sur le marché américain, en bénéficiant du label "made in USA". Le patriotisme économique local n’est pas une notion abstraite. Fabriquer la famille des A320 au cœur de l’Alabama c’est bénéficier d'une "green card" (un visa de travail permanent). Airbus a de grandes ambitions outre-Atlantique : elle ne pèse aujourd'hui que 19% du marché. C’est peu puisque le groupe européen fait voler 50% du parc aéronautiques civil mondial.
2/ Airbus va travailler en dollars et vendre en dollars. Elle élimine ainsi les risques de change si l’euro se remet à flamber. Elle va aussi payer en dollars les  équipementiers locaux qui fournissent jusqu'à 42% de la valeur d’un Airbus. 
3/ L’Alabama - qui, au passage, va financer 160 des 600 millions investis par Airbus - est un État qui a la main très légère en matières fiscales. Il abrite la main d’œuvre qualifiée la moins cher des États-Unis. Un ouvrier y est payé 7 euros de l’heure. Son homologue à Hambourg ou Toulouse vaut lui 34 euros.

Voilà pourquoi ce pari américain est sans grand risque. La vente de quelques centaines d’avions en fera même une belle opération industrielle et financière.

Pas d'incidence sur l'emploi en Europe

Cette implantation ne va pas peser sur l’emploi en Europe, en tout cas pas à moyen terme. Airbus n'a finalement que des soucis de riches : son carnet de commande de 5.500 appareils représente sept ans de production. L’usine d’Alabama, comme celle de Pékin, va donc permettre de résoudre une partie des problèmes industriels de l’entreprise, qui doit monter en cadence pour faire face à la demande.

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Ce sera d'ailleurs une assistance modeste : les installations de Mobile ne livreront que quatre appareils par mois, alors que Toulouse et Hambourg sortent quarante-deux machines. C’est en Europe que seront longtemps encore fabriqués les gros morceaux des avions qui seront définitivement assemblés de l’autre côté de l’Atlantique. L’emploi, pas plus que les transferts de technologies, ne sont des sujets dans ce dossier.

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