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Le gouvernement grec obtient la confiance du Parlement

Le gouvernement socialiste grec a remporté dans la nuit de mardi à mercredi un vote de confiance au parlement, une victoire qui ouvre la voie à l'adoption d'un plan d'austérité, condition sine qua non pour obtenir l'aide financière du FMI et de l'UE.

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La rédaction numérique de RTL
et Alexia Kefalas

Plus de la moitié des 300 députés du parlement (155 voix pour, 143 contre, deux abstentions) ont apporté leur soutien au gouvernement socialiste du Premier ministre Georges Papandréou, qui a procédé à un remaniement de gouvernement la semaine dernière pour faciliter l'adoption de nouvelles mesures d'austérité. Tous les députés du Parti socialiste au pouvoir (Pasok) ont accordé leur confiance au gouvernement. "Si nous avons peur, si nous laissons passer cette opportunité, alors l'histoire nous jugera sévèrement", avait déclaré Papandréou peu avant le vote.

L'issue du vote de confiance a entraîné une brève hausse de l'euro sans toutefois dissiper les craintes des investisseurs concernant l'adoption rapide des mesures d'austérité. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a aussitôt fait part de son soulagement. "Le vote de cette nuit au parlement grec lève un élément d'incertitude dans une situation déjà très compliquée", a-t-il déclaré, soulignant que Papandréou devait maintenant se concentrer à la mise en œuvre des réformes. Avant le vote, Barroso avait jugé que c'était "le moment de vérité" pour Athènes. "On ne peut pas aider quelqu'un contre sa volonté", avait-il dit.

Plus de 20.000 manifestants anti-austérité ont assiégé le parlement grec à Athènes pendant le vote. Rassemblés place Syntagma, ils ont repris des slogans hostiles à la classe politique et ont braqué des projecteurs verts en direction du parlement et des policiers anti-émeutes stationnés aux abords. Après le vote, la foule s'est dispersée mais la police anti-émeutes a tiré du gaz lacrymogène pour disperser les derniers manifestants. "La réaction des Grecs sera décisive. Si on voit des voitures brûlées et des manifestations demain (mercredi), alors cette victoire à court-terme partira en fumée", a déclaré William Larkin, gestionnaire de portefeuille à Cabot Money Management à Salem, dans le Massachusetts.

Le vote de confiance était le premier des trois tests à réussir pour éviter la faillite au pays. Le gouvernement devra faire adopter d'ici mardi prochain le principe d'un ensemble de mesures d'économies s'élevant à 28 milliards d'euros sur cinq ans, décidées avec l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). Les lois d'application de ces diverses mesures - économies, hausses d'impôts et privatisations - devront ensuite être adoptées avant un Eurogroupe exceptionnel le 3 juillet. Il s'agira probablement de l'obstacle le plus difficile à franchir.

Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de n'accorder la prochaine tranche d'aide (12 milliards d'euros) à Athènes qu'en cas d'adoption de ce plan d'austérité. Dans un communiqué, l'actuel directeur général du FMI, John Lipsky, a fait savoir que le FMI était déterminé à aider les économies de la zone euro si ces dernières continuaient à mener des réformes. La chancelière allemande Angela Merkel s'est pour sa part déclarée optimiste mardi sur un règlement de la crise grecque et a réaffirmé la position de l'Allemagne, qui demande une contribution des créanciers privés. "La compétitivité de la Grèce doit être améliorée, la dette grecque doit être réduite et le gouvernement doit prendre les bonnes décisions au Parlement", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse organisée à l'issue d'une rencontre à Varsovie avec son homologue polonais, Donald Tusk. Interrogé mercredi matin par la télévision ARD, le chef de file des députés CDU/CSU, au pouvoir en Allemagne, a également affiché sa confiance. "Le plan d'austérité (...) doit maintenant être adopté la semaine prochaine après le vote de confiance de la nuit dernière mais je m'attends à ce que cette nouvelle étape soit également franchie avec succès", a dit Volker Kauder.

(Avec AFP)

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