2 min de lecture Déficit

Le déficit meilleur que prévu, la dette en forte augmentation

Bercy prévoyait un déficit public de 3,8%, il est finalement meilleur que prévu, à 3,5% du PIB en 2015.

Le ministère de l'Économie et des Finances, communément appelé "Bercy", le 15 mars 2013
Le ministère de l'Économie et des Finances, communément appelé "Bercy", le 15 mars 2013 Crédit : AFP / FRED DUFOUR
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

La France a enregistré en 2015 un déficit public moins élevé que prévu, à 3,5% du produit intérieur brut (PIB), sans toutefois parvenir à faire refluer le poids de la dette publique, qui s'établissait fin décembre à 95,7% du PIB, a annoncé le 25 mars l'Insee. Dans son projet de budget, Bercy s'était engagé à ramener le déficit public - incluant celui de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales - à 3,8% du PIB l'an passé, après 4% en 2014, selon les comptes nationaux publiés par l'institut statistique.


"C'est notre sérieux budgétaire qui nous a permis d'atteindre ces bons résultats", s'est félicité le ministre des Finances Michel Sapin dans un communiqué. Une baisse du déficit "d'autant plus notable" que le gouvernement a dû "faire face à des dépenses imprévues, comme le renforcement des moyens liés à la sécurité", a ajouté le ministre. "Nous continuerons en 2016 et en 2017 à réduire les déficits tout en finançant nos priorités, en baissant les prélèvements et en confortant la croissance et l'emploi", a par ailleurs promis Michel Sapin. 

La baisse des prélèvements obligatoires n'a pas eu d'impact

L'Insee explique cette amélioration par une meilleure gestion des dépenses, en hausse de 1,4% en 2015 contre 1,8% en 2014. Rapportée au PIB, la dépense publique a baissé de 0,5 point sur un an, à 56,8% du PIB. La réduction du déficit s'est par ailleurs faite malgré une baisse des prélèvements obligatoires (une mesure de la pression fiscale), passés de 44,8% du PIB en 2014 à 44,5% l'an dernier, du fait de la baisse de l'impôt sur le revenu et des allègements de charge pour les entreprises. Le gouvernement a abaissé en 2015 l'impôt sur le revenu de 3,2 milliards d'euros et allégé les charges pesant sur les entreprises à travers son pacte de responsabilité, après le "ras-le-bol fiscal" entraîné par les fortes hausses d'impôts au début du quinquennat de François Hollande.

La dette s'alourdit

Si le déficit a baissé, ce n'est pas encore le cas de la dette publique brute mesurée en pourcentage du PIB : cette dernière a atteint 95,7% fin 2015, à 2.097 milliards d'euros, contre 95% du PIB fin 2014, selon l'Insee. La dette publique continue en effet à s'accumuler tant que les comptes publics sont déficitaires, puisqu'il faut chaque année emprunter pour boucler les budgets. En proportion du PIB, elle peut reculer même si l'endettement progresse en valeur absolue, mais à condition que la croissance soit suffisamment vive.

La croissance revue à la hausse

À lire aussi
Emmanuel Macron, le 27 août 2019 économie
Déficit : pourquoi Macron "jette aux orties" la règle des 3%

L'Insee a par ailleurs révisé à la hausse la croissance de l'économie française en 2015, à 1,2% contre 1,1% annoncé auparavant, et alors que le gouvernement s'était fixé pour objectif une hausse de 1% du produit intérieur brut. Ce relèvement est dû à "de légères révisions des différents agrégats" utilisés pour calculer PIB, indique l'Insee, qui a en revanche laissé inchangée son estimation de la croissance du quatrième trimestre 2015, à 0,3%.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Déficit Dette PIB
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants