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La ri-lance (rigueur+relance), le nouveau concept de Christine Lagarde

Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, a levé le voile dimanche, lors des rencontres économiques d'Aix, sur la stratégie du gouvernement pour les mois à venir : on va faire une politique de la ri-Lance. Vous pouvez décrypter ? La chronique de Christian Menanteau.

Christian Menanteau
Christian Menanteau Journaliste RTL

C'est un concept très simple. C'est l'association de la rigueur - c'est pour le "ri" - et puis, de la relance : "lance". La question est de savoir si, à 48h du débat sur les orientations budgétaires de la France, nous sommes en face d'un gadget de communication ou d'une séquence qui est potentiellement efficace. Le volet "ri", celui de la rigueur, là, les choses sont à peu près claires : nous devons purger l'essentiel de nos dettes et réguler le torrent de nos déficits. Didier Migaud, le premier président de la Cour des Comptes, l'a d'ailleurs rappelé, hier, au Grand Jury-RTL-Le Figaro-LCI. Avec 1.540 milliards d'euros de dettes et 150 milliards d'euros de déficit par an, nous sommes dans le collimateur de la patrouille.

Le problème, c'est que l'austérité de cette rigueur, c'est aussi une faucheuse d'emplois. L'Europe a détruit 6,8 millions jobs, dont 600 mille en France, depuis 2007. Étrangler un peu plus la croissance n'arrangera certainement pas les choses. Tout repose donc sur le "lance" de la relance. L'activité, on le sait, quand elle vivote au rythme de 1 à 1,5% par an, ne permet ni de couvrir nos frais de fonctionnement collectif, ni de réduire le chômage. Or, comment relancer la machine quand les caisses sont vides ? C'est à cette question que devra répondre, dès demain, le gouvernement.

Rigueur et relance : on voit bien la contradiction. Est-ce que ça sous-entend que la France est condamnée à jouer en deuxième division ?

C'est un risque qu'il ne faut plus traiter par le mépris, parce les Allemands et les pays nordiques l'ont déjà anticipé, depuis 15 ans. Nous nous sommes fait un petit peu surprendre par le basculement du rapport des forces. On découvre, aujourd'hui, que l'Europe n'est plus le centre de gravité du monde. Alors, c'est vrai que c'est encore le plus gros centre commercial de la planète, pour le plus grand bonheur de l'Asie. Et que l'Allemagne est toujours une machine industrielle incomparable, mais les écarts technologiques s'amenuisent. Quand vous interrogez, par exemple, Louis Gallois, le patron d'EADS, il est très clair . si Airbus n'invente pas, aujourd'hui - maintenant - ses futurs avions, ses productions de Toulouse seront rattrapées par des modèles chinois avant 20 ans.

L'Europe est-elle condamnée à la rigueur, à une faible croissance et à un chômage massif ?

Ce n'est écrit nulle part. En revanche, ce qui s'affiche partout c'est que la France joue "petits bras" depuis la crise pétrolière de 1974 et qu'aujourd'hui, nous avons définitivement consommé les fruits des 30 glorieuses. Par ailleurs, nous avons, en France, le confort du "principe de précaution". Tout cela est formidable mais conduit aussi à des situations parfois indécentes. Nos 10 plus belles réussites dans les nouvelles technologies, par exemple, sont ou vont être rachetées par des groupes étrangers, comme l'a été "Business Object", comme vient de l'être "Priceminister", la semaine dernière. Nous refusons de faire confiance à nos jeunes entrepreneurs pour qu'ils puissent conquérir le monde. Résultat : l'Allemagne produit 32% de sa richesse avec de la technologie. La France à peine 17%, et pourtant, nous sommes des leaders potentiels dans 4 ou 5 secteurs qui vont façonner le 21ème siècle. On a les joueurs. Il faut maintenant une stratégie et, quand même, un peu d'audace.

*** La Note du Jour

14 sur20 à deux jeunes créateurs d'Easytec : un concept de taxi low-cost qui a été lancé en Avignon. Il est particulièrement attractif. Il a son centre de réservation par téléphone et par Internet et on paie un forfait de 7 à 35 euros, selon la distance. Ces 2 jeunes gars ont créé, en quelques mois, 73 emplois à Avignon. Et, bien sûr, dans la foulée, ils ont déjà des procès avec les taxis traditionnels








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