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La croissance française en baisse au premier trimestre 2018

ÉDITO - La croissance française est plus faible au premier trimestre 2018 que l'an dernier. Elle est même plus faible que les prévisions, qui étaient déjà pessimistes.

François Lenglet Lenglet-Co Le service Économie
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La croissance française en baisse au premier trimestre 2018 Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Martial You
Martial You et La rédaction numérique de RTL

La croissance en baisse au premier trimestre 2018. +0,3%, c'est un vrai ralentissement par rapport à ce qu'on a connu en 2017. C'est moins bon que les prévisions qui étaient déjà plus pessimistes. Avec un rythme de 0,3%, on s'oriente vers une croissance annuelle de 1,5-1,6% contre 2% en 2018. C'est aussi un scénario plus pessimiste que ce que le gouvernement anticipait pour son budget. 

Donc c'est une déception qu'on sentait venir mais ça reste une douche froide. Et maintenant, ce qui va compter, c'est l'effet psychologique pour les Français qui consommaient déjà un peu moins et avaient un peu moins le moral ces derniers mois.

Le paradoxe, c'est que 1,5-1,6%, ça reste une croissance suffisamment solide, par exemple, pour voir les chiffres du chômage baisser. Mais, il n'y a plus l'euphorie un peu grisante qu'on a connu en 2017 ce sentiment que l'économie repartait. Il va falloir s'habituer à une économie qui repart doucement.

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Une croissance fragile

Et cette croissance est fragile, on ne va pas se mentir. Ce n'est pas parce que l'économie française repart depuis quelques mois qu'elle est prête à affronter tous les contre-coups qui se profilent. D'ailleurs, cette reprise fragile se ressent sur l'ensemble du continent européen. À tel point que Mario Draghi, le patron de la Banque Centrale Européenne a décidé de maintenir encore des taux d'intérêt bas pour ne pas asphyxier l'économie de la zone euro.

C'est un acte de résistance car la logique est à une remontée des taux directeurs dans la mesure où les États-Unis le font. Ça finira par arriver chez nous, on le sait. Mais une remontée des taux, ça veut dire des prêts immobiliers ou des crédits consommation plus chers pour les particuliers, ce qui pourraient ralentir la consommation. Ça veut dire un euro qui pourrait remonter, ce qui toucherait aussi la consommation. Ça veut dire des dettes publiques plus lourdes à rembourser pour les États ce qui compliquerait la politique budgétaire d'un pays surendetté comme la France.

Fin de l'alignement des planètes

C'est sans doute la fin de ce qu'on avait appelé l'alignement des planètes : un euro faible, des taux d'intérêts bas, un pétrole bon marché. Cette parenthèse enchantée s'achève. Comme elle a duré peu de temps, le risque, c'est qu'on n'ait pas eu le temps de reconstituer toutes nos forces.

Le pétrole est en train de repartir à la hausse. Ça va peser sur le porte-monnaie des ménages et sur la balance commerciale française. Parce que la facture des importations pétrolières sera plus lourde et parce que la production qui tourne avec des camions ou des machines sera plus chère. Et quand le pétrole remonte, on assiste souvent à un mouvement similaire sur le gaz ou sur les autres matières premières (métaux, céréales).

On sait aussi que les États-Unis sont entrés dans une politique plus protectionniste qui vise à faire baisser le dollar ce qui revient à faire monter l'euro. Et là, c'est la production industrielle et nos exportations qui risquent d'en pâtir. Là, c'est le spectre d'une guerre commerciale et d'une guerre des changes entre les États-Unis et le Chine qui se profile, où l'Europe aurait tout à perdre.

Des réformes structurelles

Il faut des réformes structurelles (retraites, code du travail, allocations chômage) pour faire des économies importantes et durables. Mais ça complique aussi leur mise en oeuvre. C'est plus facile de faire passer des réformes douloureuses quand on a une croissance solide que lorsqu'on a des consommateurs qui s'inquiètent (c'est le cas) et des mouvements de grève qui peuvent fragiliser encore plus cette croissance.

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ÉDITO - La croissance française est plus faible au premier trimestre 2018 que l'an dernier. Elle est même plus faible que les prévisions, qui étaient déjà pessimistes.
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