3 min de lecture Économie française

La croissance est en marche mais pas suffisante pour l'emploi

REPLAY / ÉDITO - La reprise de l'économie française au premier trimestre (+0,6%) n'a pas suffi à faire redémarrer l'emploi et à absorber le chômage, qui a connu une forte progression en avril.

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La croissance est en marche mais pas suffisante pour l'emploi Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet Journaliste RTL

Il y a désormais 3,536 millions de chômeurs en France pour les seuls sans emploi dits de catégorie A, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas travaillé et qui sont disponibles. Quant à la mesure large, incluant tous les demandeurs, et l'Outre-mer, elle est de 5,650 millions de personnes. Un Français sur cinq est inscrit à Pole Emploi. Jamais on n'a vu des chiffres aussi terribles depuis la guerre.

Alors reprise, peut-être, mais elle est faible. On l'avait qualifié ici même de "reprisette". La croissance n'est pas suffisante pour créer des emplois. Il y a tout juste assez d'activité pour maintenir, péniblement, le nombre de postes dans le secteur privé, ce qu'on appelle les "emplois marchands". Alors que la population active continue à augmenter, avec l'arrivée des jeunes sur le marché du travail.

Pas de créations d'emploi, plus d'actifs, ça fait plus de chômeurs.

Les emplois aidés, un dispositif vieux de 35 ans

François Rebsamen, le ministre du Travail, a annoncé lundi 1er juin 100.000 emplois aidés supplémentaires. Cela englobe toute la batterie d'emplois d'avenir, de contrats de génération, contrats d'insertion et autres. Ce sont en fait des sortes de CDD d'une durée moyenne de treize mois, en principe réservés soit aux jeunes, soit aux chômeurs de longue durée.

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Si c'est dans le secteur public, les collectivités locales ou les associations, l'État prend en charge 70% du salaire ; si c'est dans le privé, 35% seulement. Ce sont ce qu'on appelle les petits boulots, des tâches d'entretien, d'animation, pour ce qui est du secteur para-public. Dans le privé, c'est beaucoup plus divers.

En 2013, l'État a signé 538.000 contrats aidés, à 90% dans le secteur non marchand. Est-ce que cela a empêché le chômage de grimper ? Non, il n'a cessé de grimper depuis.

En 2013, l'État a signé 538.000 contrats aidés, à 90% dans le secteur non marchand

François Lenglet
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Les premiers emplois aidés datent de Raymond Barre, il y a trente-cinq ans (les "stages Barre"). Ces formules ont prospéré sous la gauche comme sous la droite, avec des appellations loufoques. La dernière en date étant la plus cruelle : les "emplois d'avenir", justement pour des postes qui, souvent et malheureusement, n'en ont pas.

Le record, c'était le gouvernement Jospin, qui en avait plus de 650.000, alors que la croissance était forte. Nous sommes devenus les champions mondiaux des emplois aidés, tout en restant l'un des pays développés où le chômage est le plus élevé.

Ça semble bien montrer que ce n'est guère efficace. Ce sont malheureusement souvent des dispositifs-parkings, où l'on installe les jeunes en les occupant avec des tâches fictives.

Un instrument politique

Selon une récente étude du ministère du Travail, seulement un tiers des bénéficiaires de contrats aidés dans le secteur non marchand sont en emploi six mois après la fin de leur contrat. Pour ce qui est du secteur privé, la proportion de réussite est bien supérieure : ce sont les deux-tiers qui sont en emploi six mois plus tard. Mais leur nombre est bien plus réduit.

La plupart du temps, ils se substituent à d'autres formules, l'apprentissage en particulier. Ou alors ils provoquent des effets d'aubaine : l'emploi aurait été créé de toutes façon, même sans subventions.

Mais alors pourquoi en fait-on ? Tout simplement parce que ça fait limite de fait la hausse du chômage à court terme, sans guérir en rien le mal. C'est donc un instrument politique. Cela veut dire que si nous n'avions pas cela, ce n'est pas 5,5 millions d'inscrits à Pôle emploi que la France compterait, mais plus de 6 millions.

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