3 min de lecture BCE

La BCE a commencé ses achats d'obligations

REPLAY / ÉDITO - La Banque centrale européenne (BCE) et ses établissements financiers au niveau national s'activent sur le marché de la dette publique pour soutenir l'économie.

Lenglet - Lenglet-Co François Lenglet iTunes RSS
>
La BCE a commencé ses achats d'obligations Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet Journaliste RTL

La Banque centrale européenne a commencé son action de soutien à l'économie. Elle va acheter 1.100 milliards d'euros d'obligations. D'où viennent ces milliards, alors que tous les États sont endettés ?

1.100 milliards, c'est l'équivalent de la production économique annuelle de l'Espagne : c'est énorme, à hauteur de 60 milliards par mois. La BCE va tout simplement les créer, c'est-à-dire faire apparaître des nombres sur son compte en banque. Les banques centrales sont les seules dans la zone euro à avoir ce pouvoir-là.
Auparavant, les banques centrales imprimaient des billets ou frappaient des pièces. Aujourd'hui, il s'agit d'argent informatisé. Les banques centrales, avec ces comptes en banque qu'elles ont garnis, font leurs emplettes sur les marchés financiers.

Les banques centrales affranchies de la tutelle politique

Elles achètent des titres financiers et des obligations, principalement émises par les États de la zone pour s'endetter. En fait, la BCE et les banques nationales - la Banque de France chez nous - rachètent de la dette émise par les États.

Elles peuvent décider de leur propre chef de créer de la monnaie. Elles sont indépendantes des gouvernements. Elles ne peuvent recevoir d'ordres de quiconque. On les a affranchies de la tutelle politique il y a vingt ans, sur le modèle de la Bundesbank (la banque centrale allemande), en espérant que si on adoptait le même système, nous aurions une prospérité à l'allemande. Elles sont réunies en un Conseil, qui a décidé de cette opération pour relancer l'économie de la zone euro.

À lire aussi
Giuseppe Conte, le Premier ministre italien Union européenne
Coronavirus : pourquoi la situation économique de l'Italie inquiète l'Union européenne

En quoi le fait d'acheter des titres financiers peut aider l'économie réelle, les entreprises, la création d'emploi ? En fait, c'est très indirect. En achetant des titres, elles font baisser le prix de l'argent, c'est-à-dire les taux d'intérêt, ce qui peut éventuellement aider à la reprise. Elles contribuent à faire monter les bourses, ce qui augmente la richesse des actionnaires et des entreprises, et leur donne donc confiance pour investir.

C'est une politique qui est faite d'abord pour la bourse

François Lenglet
Partager la citation

Cela semble avoir marché aux États-Unis et en Angleterre, où l'on a pratiqué cette méthode pendant plusieurs années. Mais il est difficile de savoir vraiment quelle efficacité cela a eu. Il y avait d'autres facteurs qui expliquent la reprise dans le monde anglo-saxon. En plus, le rôle des marchés financiers dans l'économie est beaucoup plus important là-bas que dans la zone euro.

Il y a de quoi avoir l'air sceptique. C'est une politique qui est faite d'abord pour la bourse. C'est d'ailleurs à cause d'elle que les marchés financiers européens sont en pleine forme. Personne ne connaît ses effets de long terme, et les dangers qu'elle peut occasionner. A dire vrai, elle a quand même un avantage : elle contribue à faire baisser l'euro. Et ça, c'est utile à l'économie réelle.

Pas un cadeau aux États européens

Est-ce que l'on fait marcher la "planche à billet" ? Oui, car il s'agit bien de créer de la monnaie sans contrepartie réelle, c'est-à-dire sans croissance. Non, car l'argent n'est pas donné aux États - c'est interdit en Europe - pour régler leurs dépenses. Les États s'endettent d'abord auprès d'investisseurs, à qui l'on rachète les titres.

Si on donnait de l'argent directement aux États sans contrainte, le risque serait que le pouvoir politique s'en serve sans mesure, pour financer les promesses, et que l'inflation flambe. C'est ce qui se passe dans les États mal gérés, encore plus que chez nous, au Venezuela par exemple, ou au Zimbabwe il y a quelques années, qui ont connu d'importants désordres économiques. C'est ce que veut faire également le Front national, s'il arrivait au pouvoir en France.

RTL vous recommande
Lire la suite
BCE Dette Banques
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants