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L'obsolescence programmée dans le collimateur du Sénat

REPLAY / ÉDITO - Le Sénat examine un projet de loi visant à punir les constructeurs qui réduisent sciemment la durée de vie de leurs produits.

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L'obsolescence programmée dans le collimateur du Sénat Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau Journaliste RTL

L'obsolescence programmée, c'est la mise en œuvre de techniques de fabrication ou de marketing qui abrègent volontairement la durée de vie d’un produit. On déplore tous l’étrange fragilité de nos machines à expresso, la faible résistance de nos lave-linge ou de nos fers à repasser, sans parler des fameuses courroies de distribution de nos voitures.

Et on a raison. La génération actuelle de produits techniques fonctionne en moyenne de 6 à 9 ans. Les appareils du siècle dernier ne rendaient l’âme qu’après au moins 12 années de bons et loyaux services. Le constat est documenté.

L'étrange fragilité de nos produits techniques

Mais le dossier est aussi ancien que l’industrie de masse. Dès 1920, un cartel avait mis en place l’obsolescence programmée des ampoules à incandescence : pas plus de 1.000 heures de fonctionnement.

Depuis, rien n’a fondamentalement changé. Sauf les enjeux. Ils sont aujourd'hui plus pesants : sur le pouvoir d’achat des consommateurs bien sûr, mais aussi sur nos capacités de recyclage des déchets électriques et électroniques, sur la consommation de matières premières rares, et évidemment sur l’environnement.

Le consommateur devra faire la preuve de la duplicité du constructeur

Christian Menanteau
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Le projet de loi prévoit de calmer le jeu. Il menace de deux ans de prison et de 300.000 euros d’amende tout constructeur qui réduira consciemment le cycle de vie de sa production. La loi va demander aux fabricants de laisser vieillir nos machines en bonne santé.


L’intention est louable. Sa mise en œuvre parait en revanche très problématique. C’est, en effet, le consommateur qui devra faire la preuve de la duplicité du constructeur. En clair qu’il a, dès la conception du produit, dès le choix des composants, volontairement programmé les pannes ou la fin de vie de sa machine. Pas facile à démontrer. Surtout quand le consommateur moyen est un peu schizophrène : il veut des prix toujours plus bas sans prise de risque sur la qualité.

Un premier pas

Si cette loi n’est pas l’arme fatale, c’est un premier pas. Nos grandes associations (UFC - Que Choisir60 millions de consommateurs...) ont d’excellents labos pour débusquer les coups fourrés trop flagrants. Par ailleurs, les actions de groupe et les indemnités vont monter en puissance. De quoi faire réfléchir les industriels.

En fait, si le législateur veut s’épargner le ridicule d’un nouveau "pschitt", il devra bien cadrer ses objectifs, ne pas oublier que la réparation crée plus d’emplois que la construction de biens importés et doter les consommateurs d’armes qui ne soient pas en carton-pâte.

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