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L'Alliance Renault-Nissan est-elle en péril ?

REPLAY - REPLAY / ÉDITO - Nissan, le constructeur automobile japonais, s'inquiète de la montée en puissance de l'État français au capital de Renault.

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L'Alliance Renault-Nissan est-elle en péril ? Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Cette alliance, il faut d'abord savoir que c'est un objet bizarre. Tout remonte à une quinzaine d'années. A l'époque, Renault est en pleine santé et prend le contrôle d'un Nippon subclaquant, Nissan. Le Français envoie là-bas un certain Carlos Ghosn pour redresser l'entreprise. Ghosn fait merveille. Il transforme Nissan et devient une légende au Japon (des BD lui sont même consacrées). Entre-temps, Nissan prend 15% au capital de Renault. L'alliance est donc consolidée par des participations croisées inégales. C'est Renault le sauveur, et c'est Renault le patron.

Quinze ans plus tard, Goshn dirige l'ensemble. Mais surtout, le rapport de force entre Nissan et Renault s'est transformé. Le Japonais vaut désormais trois fois plus que le français. L'un est en pleine santé et mondialisé ; l'autre est plus fragile et centré sur l'Europe. L'année dernière, les trois-quarts du profit de Renault provenaient des dividendes de la participation dans Nissan. Le sauvé est devenu le sauveteur.

Macron et l'ex-RNUR

C'est ce déséquilibre qui menace le groupe. À cause d'une initiative d'Emmanuel Macron, notre ministre de l'Économie, et à ce titre actionnaire de Renault, aux côté de Nissan. Renault, il y a trente ans, était une entreprise publique. On l'appelait la Régie nationale des usines Renault (RNUR). L'État français y a donc toujours à la fois une participation et une influence inhabituelle. Et le ministre a décidé d'augmenter la part de l'État au capital de Renault au printemps dernier, en rachetant des titres en Bourse, exactement comme un fonds spéculatif, contre l'avis de la direction de l'entreprise. Les Nippons en sont restés sur le flanc. Ils ont réagi instantanément pour un Japonais, c’est-à-dire six mois plus tard.

C'est à propos d'une affaire de droits de vote au capital que l'affaire a éclaté. Mais ça n'est pas le vrai sujet. La préoccupation de Macron, c'est le point de destination de l'alliance, c'est-à-dire la répartition des pouvoirs à terme. Il redoute que les Japonais ne prennent l'ascendant sur le groupe, à la faveur de leur santé retrouvée et des manœuvres de Carlos Ghosn, et que notre ex-RNUR devienne japonaise. Après Peugeot-Citroen, devenue en partie chinois, ça la ficherait mal.

Un groupe franpon ?

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Quel intérêt aurait Gohsn à favoriser les Japonais ? D'abord, ces derniers le demandent. Et ça lui permettrait de s'émanciper de la tutelle encombrante de l'État français, qui vient mettre son nez dans la stratégie et dans la rémunération du patron, qui est l'un des mieux payé de France lorsqu'on additionne ses deux salaires, celui de Renault et celui de Nissan. Les relations entre Ghosn et Macron ne sont pas au beau fixe.

Il va falloir que l'État français et les Japonais se parlent, en tant que co-actionnaires, pour trouver une juste répartition des pouvoirs, probablement modifiée par rapport à aujourd'hui. Mais jusqu'où ? Pourrait-on accepter, par exemple, qu'après Carlos Ghosn, Renault soit piloté par un Japonais ? Pas évident. Tout l'enjeu, c'est de parvenir, quinze ans après cette alliance baroque mais géniale, à constituer un groupe franpon.

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