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L'Allemagne reconnaît que ses bas salaires et ses emplois précaires sont un "avantage déloyal"

Dans un entretien à l'AFP, le secrétaire d'État allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, a reconnu que l'Allemagne s'est créé un avantage compétitif "déloyal" envers ses partenaires avec l'essor des bas salaires.

Le secrétaire d'État allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, le 20 février 2014.
Le secrétaire d'État allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, le 20 février 2014. Crédit : AFP / JOHANNES EISELE
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Michael Roth a jugé que le nouveau gouvernement de coalition associant les conservateurs aux sociaux-démocrates avait déjà "lancé un signal clair" pour répondre à ce problème avec l'introduction d'un salaire minimum universel de 8,50 euros de l'heure qui doit être mis en œuvre au plus tard d'ici 2017. "Des déséquilibres sont apparus dans l'Union européenne et nous avons le devoir de les corriger. Ce n'est pas seulement le devoir des pays en déficit mais aussi celui de l'Allemagne", a déclaré le social-démocrate, ce jeudi 20 février.

Ces propos tranchent avec ceux des conservateurs et de la chancelière Angela Merkel elle-même, qui ont toujours contesté que l'Allemagne avait un problème d'excédent commercial, malgré le seuil limite de 6% du PIB fixé par l'Union européenne et systématiquement dépassé par Berlin depuis 2007.

Augmenter la demande intérieur

Les emplois précaires et à bas salaires se sont multipliés en Allemagne dans les années 2000 sous l'effet des réformes du marché du travail de l'ancien chancelier Gerhard Schröder, contribuant à une chute du taux de chômage allemand désormais l'un des plus faibles de l'UE.

Ces réformes ont aussi dopé la compétitivité du pays déjà très forte, faisant exploser l'excédent commercial. L'Allemagne est régulièrement critiquée pour sa dépendance envers les exportations et la faiblesse de sa demande intérieure, qui pénalisent les exportations de ses partenaires européens comme la France, l'Italie ou le Royaume-Uni.

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La réduction de l'excédent commercial "est un sujet sensible en Allemagne", a reconnu Michael Roth. "Il a souvent été affirmé à tort qu'il s'agissait de réduire nos exportations. Ce n'est pas du tout ça. Il s'agit d'augmenter la demande intérieure". Outre le salaire minimum, le contrat de coalition comporte "d'autres mesures concrètes" à cet effet. Michael Roth a évoqué notamment : "l'encadrement des contrats à durée déterminée, de l'interim, la limitation des stages, des investissements dans les infrastructures".

Des améliorations dans la compréhension entre la France et l'Allemagne

Interrogé sur le changement de ton du nouveau gouvernement allemand, par rapport à la coalition précédente avec les libéraux, il a lancé : "les sociaux-démocrates sont bel et bien là". Et sur les désaccords éventuels avec les conservateurs sur ces questions économiques et sociales: "ce que je viens d'esquisser, ce ne sont pas seulement des réponses sociales-démocrates. Ce sont les réponses de la grande coalition. Cela me rend donc confiant qu'elles seront mises en œuvre".

Au sujet des relations entre l'Allemagne et le gouvernement socialiste français, Michael Roth a jugé qu'il régnait "une ambiance positive". "Nous nous comprenons mieux qu'avant politiquement. C'est naturellement aussi lié au fait que les sociaux-démocrates sont désormais une composante importante du gouvernement allemand", a-t-il expliqué.

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