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L'Allemagne en appelle au "plombier asiatique"

L'Allemagne a publié une liste regroupant 18 secteurs à la recherche de personnel, dont des emplois intermédiaires. Une première, le pays étant habituellement ouvert surtout aux travailleurs hautement qualifiés.

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La rédaction numérique de RTL
et AFP

C'est une première en Allemagne : la plus grande économie de l'Union Européenne a publié lundi 22 juillet une liste regroupant 18 secteurs à la recherche de personnel. Pour combler sa pénurie de main-d'oeuvre, le pays s'ouvre à une immigration choisie, proposant un certain nombre de métiers moyennement qualifiés à des travailleurs hors UE. Du plombier à l'infirmier en passant par le conducteur de train, l'aide-soignant en maison de retraite ou le technicien spécialiste en mécanique: telles sont les professions que pourront exercer des immigrés non européens s'ils le veulent.

Après avoir facilité l'an dernier l'obtention d'un titre de séjour pour les personnels hautement qualifiés, Berlin veut désormais permettre à des professions intermédiaires de s'installer plus aisément en Allemagne. La condition d'entrée pour les étrangers intéressés sera de présenter un diplôme professionnel dans les domaines listés.

Jusqu'ici, l'Allemagne passait par des accords bilatéraux entre Agences pour l'emploi, quand elle avait besoin d'un certain type de personnel, a précisé un porte-parole du ministère de l’Économie. C'était notamment le cas pour du personnel soignant en provenance des Philippines ou de Croatie, a-t-il dit. "C'est une petite révolution car pour la première fois l'Allemagne s'ouvre réellement à du personnel moyennement qualifié", a déclaré Thomas Liebig, économiste de l'OCDE.

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Cinq à dix fois moins qu'au Royaume-Uni ou au Danemark


Selon une étude de cette organisation présentée en février dernier, "l'Allemagne était l'un des pays de l'OCDE avec le moins de barrières à l'immigration de travailleurs hautement qualifiés", mais celle de travailleurs sans diplôme universitaire était "difficile". En particulier, relevait alors l'OCDE, l'Allemagne accueillait chaque année environ 25.000 travailleurs immigrés venus de pays hors Union européenne et hors Association européenne de libre-échange, ce qui représentait environ 0,02% de la population. Or, l'Australie, le Danemark, le Canada et le Royaume-Uni enregistraient des chiffres de cinq à dix fois plus élevés.

L'Allemagne, plus vieux pays d'Europe avec une natalité en berne et 42% de la population âgée de plus de 50 ans, prend peu à peu conscience de l'urgence de la situation. Même si elle fait travailler les personnes âgées plus longtemps, l'Allemagne accepte désormais l'immigration comme l'une des solutions à son problème démographique. On est loin d'un fameux slogan électoral controversé d'un des caciques du parti chrétien-démocrate, Jürgen Rüttgers, qui appelait en 2000 les Allemands à faire plus d'enfants, plutôt que d'embaucher des informaticiens indiens.

Une "façon de rogner sur les salaires" ?


L'Allemagne ouvre désormais ses bras, et pas seulement aux travailleurs des pays européens en crise ou d'Europe de l'Est. Sur un site intitulé "Make it in Germany", les ministères de l'Economie et du Travail, ainsi que l'Agence pour l'emploi, informent en anglais et en allemand des possibilités de travail, avec en photo une Africaine ou un Asiatique. "Et l'été dernier, l'Allemagne a décidé d'autoriser à rester après leur formation les jeunes non issus de l'UE venus faire un apprentissage dans le pays", relève Thomas Liebig.

Ce sont notamment les PME, épines dorsales de l'économie allemande, qui commencent à manquer de main-d'oeuvre, comme le montre la liste de métiers publiée lundi, où l'on souligne le manque d'électroniciens. La langue allemande reste cependant un obstacle, la plupart des candidats à l'immigration ne la maîtrisant pas encore quand ils arrivent dans le pays.

Selon Karl Brenke, économiste de l'institut berlinois DIW, cette politique d'ouverture cache en réalité une nouvelle pression sur les salaires. "Il n'y a pas de pénurie de main-d'oeuvre en Allemagne", a-t-il affirmé, citant "le personnel médical allemand qui préfère exercer en Scandinavie ou en Suisse où les salaires et les conditions de travail sont meilleurs". "Cet appel à l'immigration est une façon de rogner sur les salaires", assure-t-il.

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2013-07-23 10:53:41