3 min de lecture Jean-claude juncker

Juncker dévoile son plan d'investissement de plus de 300 milliards

REPLAY / ÉDITO - Cet après-midi à Strasbourg, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, va présenter un plan de relance économique de 315 milliards d'euros. Ce montant représente 2,3% du PIB européen.

Lenglet - Lenglet-Co François Lenglet
>
Juncker dévoile son plan d'investissement de plus de 300 milliards Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet Journaliste RTL

La Commission européenne finalise un plan de relance économique de 315 milliards d'euros. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va le présenter ce mercredi 26 novembre à Strasbourg. De quoi faire repartir l'Europe ?

Seulement 2,3% du PIB européen

En réalité, c'est un montant qui n'est pas si considérable. Cela représente 2,3% du PIB européen. C'est à comparer aux 800 milliards de l'Amérique, quand elle avait mis oeuvre un plan de relance en novembre 2008 après la faillite Lehman Brothers.

C'est surtout faible quand on le rapporte à la médiocrité de la situation économique européenne : croissance zéro depuis plus de trois ans et retard d'investissement considérable. Entre 2007 et aujourd'hui, l'investissement a chuté de 15% en Europe.

Il s'agirait justement de financer des projets d'infrastructures dans l'énergie, le numérique, les transports et aussi d'aider le tissu européen de PME.

Les Français sont toujours les "Monsieur Plus" de la relance.

François Lenglet
Partager la citation
À lire aussi
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker et le président du Conseil européen, Donald Tusk donnent une conférence de presse. union européenne
Sommet européen : des négociations en suspens et une mauvaise image pour l'UE

Mais a-t-on 300 milliards d'euros à dépenser ? En fait, il n'y pas d'argent, ni à la Commission ni dans les États membres. Du coup, on sollicite un peu la créativité financière. L'idée est la suivante : on prendrait une vingtaine de milliards, notamment à la Banque européenne d'investissement (une banque publique), avec des garanties qui serviraient à mobiliser 280 milliards de fonds privés.

Autrement dit, ce plan sera financé par l'épargne des Européens, l'argent des banques et des compagnies d'assurances (si elles veulent bien le mettre dans cette affaire). C'est l'hypothèque qui pèse sur ce plan. Ou bien les projets sont rentables, et on ne voit pas pourquoi on aurait besoin de la Commission ; ou bien ils ne le sont pas, et on ne voit pas ce que les investisseurs privés viendraient faire dans cette galère.

L'autre menace, c'est la complexité : il va falloir monter cette usine à gaz financière et sélectionner les projets. C'est long. Cela ne devrait pas porter ses fruits avant 2016.

Les réformes font repartir l'économie

Pour la France, plusieurs projets verraient le jour. Il y a d'abord la fameuse navette Charles-de-Gaulle Express, qui ferait la liaison entre l'aéroport et la capitale. Il y aurait ensuite une liaison circulaire ferrée autour de Paris, l'interconnexion électrique entre la France et l'Allemagne et le développement du réseau de bornes de chargement pour les véhicules électriques.

La relance par la dépense peut-elle fonctionner ? En fait, tout dépend de quel côté du Rhin on regarde cela. Pour les Français, cela fonctionne. Ils n'ont pas tort : dans les situations d'urgences, la dépense publique ou initiée par l'État est un secours indispensable. C'est exactement ce qu'ont fait les Américains, c'est du pragmatisme. François Hollande voulait même 1.200 milliards d'euros pour ce plan. Les Français sont toujours les "Monsieur Plus" de la relance.

Pour faire une bonne politique économique en Europe, il faudrait un Français et un Allemand

François Lenglet
Partager la citation

Mais pour les Allemands, on n'est pas dans une situation d'urgence. Ensuite, vu de chez eux, la relance ne marche pas. Ce qui ferait repartir l'économie, ce sont les réformes (celle du marché du travail, par exemple). Sur ce dernier point, ils n'ont pas tort non plus. Pour faire une bonne politique économique en Europe, il faudrait un Français et un Allemand. Faire une relance de l'investissement et parallèlement des réformes.

La Commission attend un million d'emplois supplémentaires de son plan. Ce genre d'évaluation n'a aucun sens. Tout va dépendre de l'ampleur finale du plan, du choix des projets et de la rapidité avec laquelle l'argent sera décaissé. Sur ces trois sujets, il y a trois points d'interrogation.

RTL vous recommande
Lire la suite
Jean-claude juncker Commission européenne Strasbourg
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants