1 min de lecture Chroniques

Guillaume Pépy : "La neige ne gênera pas les départs SNCF en vacances" (vidéo)

Le président de la SNCF répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin. L'entreprise ferroviaire est entièrement mobilisée face aux intempéries qui ne perturberont pas les départs en vacances de Noël, a assuré Guillaume Pépy. "On a mobilisé énormément de gens pour réparer ces petits dégâts que la glace peut causer", ce qui devrait permettre un trafic fluide vendredi soir, quand débutent les vacances scolaires de fin d'année, a-t-il déclaré. Il a par ailleurs jugé que les résultats du deuxième semestre devraient être "un peu meilleurs" que ceux du premier.

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Guillaume Pépy.

Guillaume Pépy : Bonjour.

La neige perturbe-t-elle l'activité de la SNCF ?

Un tout petit peu, parce que quand il y a de la neige et de la glace, il nous arrive de ralentir les trains, tout simplement parce qu'un bloc de glace qui se détache d'un toit, ça peut endommager un capteur ou même briser une vitre. Mais la sécurité passe avant tout. La sécurité est garantie d'ailleurs. Noel, les vacances, c'est un moment un peu spécial à la SNCF, parce que les familles, les enfants. Les vacances commencent déjà sur le quai des gares, donc aujourd'hui, mobilisation maximum et sécurité maximum. C'est ce qu'il y a de plus important cet hiver.

Mais la neige, c'est un handicap pour les départs en vacances ? Ca va vous désorganiser, ça va vous gêner beaucoup, Guillaume Pepy...

Non, parce qu'on a l'habitude, et qu'on a mobilisé énormément de gens par exemple pour réparer ces petits dégâts que la glace peut causer, on a plusieurs dizaines de dépanneurs supplémentaires qui sont mobilisés. D'ailleurs, aujourd'hui c'est 3.000 trains qui partent des gares parisiennes, dont 2.000 TGV. C'est une énorme mobilisation parce que c'est pas des grands départs comme les autres. C'est beaucoup d'affection, d'affectif. Tout le monde se souvient de ses premières vacances de Noël et des premiers trains des vacances de Noël.

La grève du RER A vous gêne davantage ?

On s'occupe beaucoup des voyageurs qui sont évidemment désemparés, qui ont une semaine très difficile. Moi j'étais hier à la gare Saint-Lazare sur le quai avec les voyageurs et les cheminots. Je voudrais rendre hommage aux cheminots de la gare Saint-Lazare. Ils ont fait vraiment un travail formidable. Parce qu'il y a 100.000 à 150.000 voyageurs de plus. On a rajouté cette semaine 130 trains de plus.

C'est énorme !

C'est absolument énorme, il y a une foule considérable. On a aussi l'aide de la police, parce qu'il faut canaliser tous ces flux de voyageurs, faut que ça se passe sans incident. Notre préoccupation, c'est le service public, on rajoute des trains, on rajoute des personnels pour que ça se passe, on va dire, le moins mal possible

Et c'est une grève qui dure, qui ne s'arrête pas. Ca, ça doit vous embêter Guillaume Pepy

Mais c'est surtout gênant pour les voyageurs. Nous cette année, le changement d'horaire,où il y avait traditionnellement beaucoup de grèves à la SNCF s'est plutôt bien passé, sur le plan à la fois technique, et puis sur le plan social. On a beaucoup beaucoup négocié et aujourd'hui, à la SNCF, cette année 2009, le changement d'horaires s'est bien passé.

Mais ce que vous savez faire, visiblement, la direction de la RATP a du mal à le faire

Ca je ne le dirai pas, je ne suis pas un donneur de leçons.

La SNCF a perdu 496 millions d'euros au premier semestre de cette année. Le deuxième semestre 2009 sera-t-il lui aussi déficitaire à la SNCF, Guillaume Pépy ?

C'est un peu tôt pour le dire, mais je pense qu'il sera un peu meilleur que le premier semestre. Il faut voir les choses comme elles sont.

C'est-à-dire meilleur ? Toujours déficitaire, mais moins...

Peut-être. il faut voir les choses comme elles sont. Le transport est frappé par la crise, par exemple nos trafic voyageurs qui augmentaient chaque année de 3% à 4%, cette année n'ont pas connu de croissance. Par conséquent, l'équilibre économique doit être retrouvé l'année prochaine avec une très faible croissance.

Alors ça veut dire quoi ? Vous allez augmenter le prix des billets ?

Non, en même temps, ce qu'on va faire, c'est qu'on fait en même temps une énorme transformation de la SNCF. Cette année, par exemple, on a inventé le transport écologique des marchandises. C'était une promesse qu'on avait faite l'été dernier, et le 13 décembre, on a doublé les fréquences de l'autoroute ferroviaire en France. C'est à dire qu'on s'engage vraiment à réduire le transport routier en France. L'autre chose, c'est que moi j'avais pris l'engagement il y a un an et demi de rénover les trains en Ile-de-France. Une première étape a été franchie, puisque le 13 décembre, on a mis en service en Ile-de-France un nouveau train sur la ligne H. On en a commandé 200. C'est un nouveau service public qui va naitre progressivement en Ile-de-France. Donc, malgré la crise, les progrès continuent, si je puis dire.

Je n'ai pas compris comment l'année prochaine vous allez retrouver un exercice bénéficiaire avec un trafic qui lui ne va pas augmenter...

On va aller se battre pour mettre plus de gens dans les trains. Aujourd'hui, on parle de Copenhague. Qu'est ce que ça veut dire Copenhague à la SNCF ? Ca veut dire que nous, notre travail, ça consiste à faire préférer le transport collectif par rapport au transport individuel. Et donc nos objectifs de 2010 c'est de mieux remplir les trains donc par exemple, on lance des TGV où toutes les places sont des places à prix réduits, et à prix Prems. Ca représente par exemple 200.000 places pendant les vacances de Noël.

Votre activité la plus rentable, c'est le TGV. Et on entend, on lit, qu'à cause d'une augmentation des droits d'utilisation des rails (on va pas entrer dans les détails techniques)... Mais cette rentabilité du TGV se trouve menacée. Est ce vrai ?

Il y a eu un débat là dessus public. Tout a été dit. Et maintenant, on travaille. On travaille avec le gouvernement parce qu'il faut bien voir ce qu'il y a derrière. La France est en train d'avoir une ambition ferroviaire sans précédent. On rénove les lignes existantes et on construit des centaines de kilomètres de lignes nouvelles. Derrière ça, il y a évidemment un problème de bouclage financier. Donc ça c'est un problème sérieux. Mais il faut retenir l'essentiel, c'est que la France, elle fait le choix du rail, le train est vital en France, et le train est de retour. Moi, j'ai la chance d'être le responsable d'une entreprise qui a devant elle un projet formidable, qui est de faire préférer le transport collectif à la voiture individuelle.

Mais on a l'impression que vous n'avez pas les moyens financiers de cette ambition, que par beaucoup d'aspects, le modèle économique de la SNCF et du rail se trouve menacé aujourd'hui?

Vous savez, je ne dois pas être le seul à avoir des problèmes de financements. Qui aujourd'hui n'a pas de problème de financement ? Voilà, on travaille.

Mais vous, vous en avez aussi.

Comme tout le monde !

Qui vous inquiètent ?

A la fois qui nous inquiètent et qui nous motivent parce que la France est en train d'avoir un projet très simple, sans doute d'être le numéro un mondial du ferroviaire. Le ferroviaire, c'est une industrie extraordinaire. On vend des trains dans le monde entier, on construit des trams, des nouvelles lignes, des TGV dans le monde entier. et dans ce formidable projet mondial, la France et la SNCF peuvent avoir un rôle moteur et l'industrie ferroviaire, c'est une des industries de demain.

Les lignes internationales (Parix-Bruxelles, Paris-Berlin, Paris-Londres) sont ouvertes depuis dimanche dernier à la concurrence internationale, mais il y  a pas de concurrent. Alors ça, c'est quand même assez cocasse.

Il y en aura bientôt, nos collègues italiens, la compagnie publique de train italienne, Trinitalia sera sans doute sur les rails de France l'été prochain. C'est une nouvelle page de l'histoire de la SNCF qui s'ouvre. C'est à dire la concurrence comme ça existe dans la radio, dans la télévision, dans le téléphone.

Ca va faire baisser les prix pour les consommateurs... pour les voyageurs ?

Je pense que l'objectif est vraiment d'avoir plus d'offres, des offres plus diverses. La SNCF est prête, ça fait des années qu'on se prépare... Et au fond, cette concurrence, elle va réussir si elle fait grandir la part du train dans les transports, ce qui est encore une fois l'objectif de Copenhague, l'objectif du Grenelle et c'est la raison d'être de la SNCF. Donc on aborde ça, on va jouer le jeu, et on aborde ca avec une grande détermination, plus de train, plus de choix.

Et sur les lignes nationales, ce sera quand la concurrence ?

Le Parlement l'a pas décidé. Moi je pense qu'en pronostics, ça devrait être d'ici trois-cinq ans j'imagine

Un mot. On a vu que Mireille Faugière, qui dirigeait la branche TGV de la SNCF a démissionné, a été démissionnée. On a plutôt eu la deuxième version d'ailleurs... Qu'est ce qui s'est passé ?

Mireille Faugière et ses équipes ont fait le succès du TGV d'aujourd'hui qui est un succès reconnu. Et puis en même temps une nouvelle page s'ouvre. J'ai décidé, et c'est ma responsabilité, d'avoir un nouveau capitaine. Parfois d'ailleurs, dans le sport, il y a des victoires et on change le capitaine. Le nouveau patron est une patronne, elle s'appelle Barbara Dalibar, et c'est à elle que reviendra le futur du TGV dans les années à venir, et c'est un beau projet.

Lire la suite
Chroniques L'invité de RTL Politique
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
5931402064
Guillaume Pépy : "La neige ne gênera pas les départs SNCF en vacances" (vidéo)
Guillaume Pépy : "La neige ne gênera pas les départs SNCF en vacances" (vidéo)
Le président de la SNCF répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin. L'entreprise ferroviaire est entièrement mobilisée face aux intempéries qui ne perturberont pas les départs en vacances de Noël, a assuré Guillaume Pépy. "On a mobilisé énormément de gens pour réparer ces petits dégâts que la glace peut causer", ce qui devrait permettre un trafic fluide vendredi soir, quand débutent les vacances scolaires de fin d'année, a-t-il déclaré. Il a par ailleurs jugé que les résultats du deuxième semestre devraient être "un peu meilleurs" que ceux du premier.
https://www.rtl.fr/actu/conso/guillaume-pepy-la-neige-ne-genera-pas-les-departs-sncf-en-vacances-video-5931402064
2009-12-18 11:55:00