1 min de lecture Le Journal économique

Grèce : vers une deuxième crise financière ?

Pour la Grèce, l'été s'annonce difficile, voire tragique. On s'achemine , semble-t-il, vers un deuxième plan de survie financé par les Européens. C'est une nouvelle crises qui s'annonce ? La chronique de Christian Menanteau.

Christian Menanteau
Christian Menanteau
Christian Menanteau
Christian Menanteau Journaliste RTL

Oui, absolument. Le pays est à bout du souffle. Les réanimateurs du FMI et de l'Union Européenne ont débarqué, ce matin, à Athènes. Les 110 milliards d'euros du premier plan d'aide ont, en effet, déjà été consommés et il en faudra, probablement, 40 de plus vers la fin de l'année. Emprunter une telle somme c'est, bien sûr, au-dessus des forces grecques. Les marchés financiers internationaux refusent de lui prêter de l'argent à moins de 15% de taux d'intérêt. Le pays est structurellement insolvable. Il n'a plus de marge de manœuvre. Son appartenance à la zone euro d'un côté, la rigidité des positions allemandes, de l'autre, lui interdisent toute piste de sortie de crise crédible.

Aujourd'hui, on prête à la Grèce à 15% d'intérêts ! C'est quand même surprenant. On nous disait, après le grand plan de secours, que la Grèce était pourtant sur de bons rails. Comment expliquer cette rechute ?

Quand on nous l'a raconté, c'était un leurre parce que, depuis la révélation d'une manipulation des comptes officiels, nous savons que la Grèce n'a pas la capacité de rembourser ses dettes. On lui a imposé un plan d'austérité d'une violence extrême, qui a réduit bien sûr ses dépenses, mais qui a aussi gelé toute activité économique. La seule industrie prospère, à Athènes, c'est celle de la fraude fiscale. Par ailleurs, les capitaux fuient le pays, au rythme de 3 milliards d'euros par mois. Il n'y a plus rien dans les caisses pour faire tourner la machine. Dans cette situation, quand vous enfourchez le toboggan, la glissade est irrémédiable. La dette était de 110% de la richesse nationale, en mai 2010. Elle est, ce matin, de 150%.

Il y a quand même peut-être un moyen de sortir le pays d'affaire ?

Pour les économistes, il n'y a qu'une seule technique, c'est la restructuration des dettes, c'est, ce que j'appelle, "le coup du coiffeur". Il s'agit de tondre, plus ou moins ras, les financiers qui ont prêté, ou spéculé, sur les difficultés de la Grèce. Alors, vous avez la vraie coupe : on réduit massivement la dette, on la coupe en deux, carrément. Si Athènes doit, par exemple, 200 milliards d'euros, elle n'en remboursera plus que 100. Les prêteurs, bien sûr, vont y laisser des plumes mais, au moins, ils auront la certitude de récupérer la moitié de leur mise, plutôt que rien du tout. C'est, à l'échelle d'un État, le travail de la commission de surendettement de la Banque de France pour les ménages asphyxiés par leurs crédits revolving.

Si les financiers se rebellent - et ils ne vont pas s'en empêcher - on peut leur proposer un geste moins radical. Une sorte de rafraîchissement le long de la nuque. Deuxième technique de coupe. On rallonge la période des prêts et on baisse les taux d'intérêt. Le montant final, bien sûr, reste le même : 200 milliards, mais le malade peut continuer à rembourser, tandis que les créanciers perdent simplement une part de leurs profits. Ce ne serait dont pas un scalp : ils peuvent le supporter. Il faudrait juste avoir le courage de sortir les ciseaux.
 
*** Le Bloc-Notes

C'est la période des grosses ventes. Banque Populaire en France va vendre son réseau d'agences immobilières, Foncia, pour 1 milliard d'euros.

En Allemagne, c'est Volkswagen qui met la main sur les camions Mann pour près de 14 milliards d'euros.

Et aux Etats-Unis, c'est Microsoft qui lorgne le système de téléphonie gratuite : Skype.

*** La Note du Jour

13 sur 20 à Jacques Royer, le dernier industriel de la chaussure, en France : c'est lui qui a repris Stéphane Kélian ou Charles Jourdan. Il va racheter le dernier spécialiste basque de l'espadrille.





























Lire la suite
Le Journal économique RTL Info Chroniques
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants