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François Lenglet se penche sur la "malédiction de l'encadrement des loyers"

ÉDITO - L'encadrement des loyers, une mesure-phare du quinquennat Hollande, a subi un nouveau revers mardi 28 novembre.

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François Lenglet se penche sur la "malédiction de l'encadrement des loyers" - Lenglet-Co
Crédit Média : RTLnet
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Le tribunal administratif de Paris a tout bonnement annulé, mardi 28 novembre, l'encadrement des loyers en vigueur dans la capitale depuis le 1er août 2015. Une claque juridique qui intervient un mois après la même mésaventure exactement à Lille, où la mesure a été également supprimée. À Paris, le tribunal a pris argument de ce que le contrôle des loyers n'était appliqué que dans la ville de Paris, et non pas dans toute la zone urbaine avec ses 412 communes, comme le demande la loi. Il y a donc un vice de forme. Les deux seules agglomérations qui avaient opté pour cette mesure, Paris et Lille, ont donc été contraintes de l'abandonner. Il s'agissait de limiter la hausse des loyers en cas de renouvellement de bail, à partir de la référence d'un loyer moyen dans le quartier.

Si l'on en croit les promoteurs de la mesure, cela avait fonctionné. Ils nous disent que le prix des loyers était en modeste progression à Paris l'année dernière. Faut-il les croire ? Les chiffres ne sont pas contestables. Le tout est de savoir à quoi les attribuer. Est-ce l'encadrement, ou bien une directive plus ancienne, qui limite la hausse lors de la relocation ? Ou bien encore une tendance plus large (nationale d'ailleurs) qui voit stagner les loyers dans la moitié des villes de plus de 10.000 habitants ?

Les derniers chiffres publiés justement mardi par l'observatoire Clameur, qui fait référence dans le domaine, font état d'une baisse de 0,1% en 2017 au niveau national, constatée sur quelque 450.000 baux signés cette année. Selon cet observatoire, cette modération est due à la perte de pouvoir d'achat des ménages à faibles revenus, qui sont les principaux occupants du parc locatif privé, et à la diminution des aides au logement.

Une rétraction de l'offre de logements à Paris

L'encadrement des loyers a-t-il eu un effet ? Sur les prix, c'est très discutable. Pour le reste, s'il y a eu un effet constaté, c'est la rétraction de l'offre de logements, constatée par le réseau Guy Hocquet par exemple, qui la chiffre à -15% sur le parc de logements locatifs des petits propriétaires, dissuadés de mettre leur logement sur le marché, car ils redoutent d'avoir à louer à un prix qui ne leur permette pas de compenser leurs frais.

Comme par hasard, cette réduction du parc locatif intervient alors que l'essor d'Airbnb s'intensifie. Le site de location de logement pour court séjour à des touristes devient, en effet, une alternative intéressante pour celui qui veut louer son logement. Seulement des cours séjours, donc pas de risque d'occupation prolongée sans payer. Pas d’encadrement des loyers. Pas de risque d'impayés puisque les sommes sont prélevées d'avance.

Le principal effet de l’encadrement des loyers à Paris a été de réserver les appartements aux touristes étrangers. Et comme dans le même temps, on a rendu la circulation dans la ville de plus en plus difficile, il y a un vrai risque que la ville se transforme en musée. Mais heureusement, il y a les touristes allemands ! Merci madame Hidalgo.

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