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Entre 450.000 et 1,2 million de personnes dans la rue

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté le 1er mai en France mais la mobilisation était bien moindre que le 19 mars pour exiger de Nicolas Sarkozy une autre politique face à la crise. Ce recul va compliquer la tâche des syndicats, qui doivent se réunir lundi pour déterminer leur stratégie face au gouvernement, lequel n'entend pas modifier sa ligne privilégiant l'investissement malgré trois mobilisations successives. Le ministère de l'Intérieur a dénombré 450.000 manifestants dans le pays, contre 1,2 million le 19 mars et la CGT 1,5 million, soit moitié moins que la fois précédente.

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La rédaction de RTL Journalistes RTL

A Paris, les manifestants étaient 160.000, selon les syndicats, et 65.000 d'après la police, également en fort recul, de même que dans la plupart des grandes villes de province. Pour la première fois unis le jour de la fête du Travail, les huit syndicats misaient au départ sur une mobilisation accrue pour contraindre Nicolas Sarkozy à prendre de nouvelles mesures sur l'emploi et le pouvoir d'achat.

Ils se sont donc efforcés de relativiser leur contre-performance, soulignant qu'il y avait quatre à cinq fois plus de monde que lors des habituels défilés du 1er-Mai.

"On a une mobilisation qui est très significative et qui est importante, donc, il faudrait que le gouvernement arrête ce regard de haut, en disant 'c'est une manifestation de plus'", a déclaré François Chérèque, dirigeant de la CFDT. Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a estimé que cette journée démontrait "l'ancrage d'un mécontentement dans le pays." Jean-Claude Mailly, le chef de file de Force ouvrière, a estimé que ce reflux de la mobilisation justifiait son appel à changer de méthode, par exemple en lançant une grève de 24 heures. "On ne va pas faire des manifs tous les mois. Moi, j'appelle à monter d'un cran", a-t-il dit sur BFM-TV

Dans les cortèges, l'annonce par le gouvernement de son intention de relancer son texte sur le travail dominical a fourni un nouveau motif de colère aux manifestants, alors que le chômage a poursuivi son envolée en mars. "La crise c'est eux, la solution c'est nous", "Sarko nous l'a promis, Sarko nous a menti" ou "on ne paiera pas pour les banquiers" proclamaient des banderoles.

A Marseille, il y avait 35.000 manifestants selon les syndicats, entre 8.000 et 10.000 d'après la police, contre les centaines de milliers revendiqués le 19 mars par les organisations.

A Lyon, entre 10.000 personnes selon la police et 15.000 d'après les syndicats ont manifesté, contre 20.000 à 45.000 le 19 mars. Même cas de figure à Bordeaux, où les manifestants étaient 13.500 selon la police et 33.000 selon la CGT, soit moins de la moitié que les fois précédentes. Dans plusieurs villes, des salariés d'usines menacées de fermeture ont emmené les cortèges, comme à Toulouse où figuraient des salariés des usines Molex et Freescale.

On dénombrait 40.000 manifestants selon les organisateurs, 15.000 selon la police, soit trois fois moins qu'il y a un mois et demi. A Marseille, où le front syndical était mis à mal par l'absence de FO, les ouvriers d'Arcelormittal ouvraient le défilé, devant ceux des bassins industriels de Fos-sur-mer. "On est dans un processus de mobilisation pour faire pression. Le gouvernement ne pourra pas toujours faire la sourde oreille", prévenait Gilbert Tomasi, délégué FSU.

Face aux revendications syndicales, le gouvernement reste ferme et mise, pour contenir les tensions sociales, sur les mesures déjà annoncées, dont le plan sur l'emploi des jeunes d'un montant de 1,3 milliard d'euros dévoilé vendredi dernier. Des fissures sont cependant apparues dans le front syndical -le "G8" né de la crise regroupant les organisations CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU et Solidaires- sur la stratégie à suivre pour contraindre le gouvernement à bouger.

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, veut prolonger le 1er-Mai par une grève public-privé de 24 heures. Mais François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a réaffirmé son opposition à une grève "qui ne règlerait pas" les problèmes. Les leaders syndicaux doivent se retrouver lundi pour décider "des prochaines initiatives", dans un contexte compliqué par la baisse de la mobilisation.

Du Parti socialiste, qui a retrouvé une certaine pugnacité face à Nicolas Sarkozy, au Nouveau parti anticapitaliste, les partis de gauche étaient très présents dans les cortèges. Le PS a dû cependant se passer de la "photo de famille" de Ségolène Royal défilant dans la capitale aux côtés du premier secrétaire Martine Aubry et du maire de Paris Bertrand Delanoë. Initialement annoncée à Paris, l'ex-candidate à la présidentielle a en effet décidé de rejoindre les salariés en lutte d'Heuliez, à Niort (Deux-Sèvres).


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