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En France, les emplois sont dans les très petites entreprises

REPLAY / ÉDITO - Les TPE, qui emploient un salarié sur cinq, sont les plus dynamiques sur le marché du travail. Ce sont aussi les entreprises les plus fragiles...

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En France, les emplois sont dans les très petites entreprises Crédit Média : RTL | Date :
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L'Eco and You - Martial You
Martial You et Loïc Farge

Il y a quand même un marché du travail dynamique qui crée des emplois chaque année. Si on y regarde de près, on aura créé en 2015 plus de jobs qu'on n'en aura détruit. Mais en France, grâce à notre démographie, on a, tous les ans, plus de jeunes qui entrent sur le marché du travail que de seniors qui en sortent. Pour avoir des chiffres du chômage qui chutent, il faut, en fait, créer chaque année 150.000 nouveaux emplois. On n'y est pas. En revanche, le marché le plus dynamique se trouve dans les entreprises de moins de dix salariés. Ces TPE (très petites entreprises) emploient un salarié sur cinq, soit trois millions de personnes. C'est deux fois plus que l'industrie automobile, par exemple.

85% des contrats signés aujourd'hui sont des CDD

C'est le secteur le plus dynamique parce qu'il s'agit souvent de petites structures de un à trois employés, des entreprises agiles qui s'adaptent aux besoins du marché. On voit d'ailleurs que c'est le tertiaire - les emplois de services et d'aide à la personne - qui sont en tête des petites entreprises qui recrutent. Mais ce sont aussi des structures fragiles. On sait que les petites boîtes ont souvent du mal à dépasser les deux ans d'existence.

Cela veut-il dire que les emplois proposés sont précaires ? C'est assez complexe à dire. La norme de notre marché du travail, c'est encore le CDI dans huit cas sur dix. Mais actuellement, 85% des contrats qui sont signés sont des CDD. Dans ces petites entreprises particulièrement, on va voir s'agréger tout ce qui existe en matière de contrats précaires, car il y a un petit côté chasseur de prime, ou plutôt chasseur de charges. On va signer des CDD dont la moitié sont des contrats aidés, donc financés par l'État.

On trouvera aussi des prestataires qui sont au statut d'auto-entrepreneur, alors qu'ils ne travaillent quasiment que pour la même TPE. À chaque fois, c'est la même logique : trouver de la main d'oeuvre pour lancer une activité, mais sans être asphyxié par les charges qui tuent l'embryon de chiffre d'affaire que peut faire la TPE.

Une "ubérisation" du salariat ?

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Assisterait-on une "ubérisation" du salariat ? Il faut faire très attention pour qu'on n'en arrive pas à avoir des salariés qui supportent le risque de l'entreprise et qui paient pour travailler. C'est un peu ce que dénoncent les détracteurs du modèle Uber. D'ailleurs, la CFTC et la CFDT travaillent chacune de leur côté pour créer une branche qui défendrait spécifiquement tous les auto-entrepreneurs de type chauffeurs Uber qui sont sensés être indépendants mais qui n'ont qu'un employeur. C'est un modèle qui se développe chez les VTC, mais aussi chez les commerciaux ou dans la presse.

Attention toutefois à ne pas verrouiller le système. On n'en est pas rendu aux mini-jobs allemands ou aux contrats "zéro heure" britanniques. Donc ne mettons pas sous clé ces statuts et ces contrats certes précaires, mais qui donnent un peu de souplesse à notre marché du travail. L'emploi, aujourd'hui, se crée par petites touches et plus que par wagons entiers dans l'industrie.

Si on se penche une seconde sur le statut des auto-entrepreneurs, depuis trois ans on a voulu l'encadrer et protéger les salariés. Au final, en septembre dernier, l'Insee a montré que le nombre avait chuté de 22,2%. C'est quand même un comble quand on sait que beaucoup d'auto-entrepreneurs sont des chômeurs qui créent leur propre job. Voilà une piste à creuser pour les annonces de François Hollande le 18 janvier sur son vaste plan "Emploi" : comment transformer les chômeurs en entrepreneurs ? Comme l'écrivait Roland Topor dans ses Pense-bêtes, le "13ème travail d'Hercule" c'est de trouver un emploi. Surtout en ce moment.

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