3 min de lecture La Poste

Des facteurs livreurs de médicaments? La Poste teste de nouvelles activités

Les Français envoient de moins en moins de courrier ? Qu'à cela ne tienne, La Poste invente de nouveaux services ! Une vingtaine de nouveaux projets sont testés parmi lesquels des offres d'emplois ou des visites aux personnes âgées.

Deux hommes ont été arrêtés par la police de Seine-Saint-Denis, soupçonnés d'avoir volés des chèques postaux
Deux hommes ont été arrêtés par la police de Seine-Saint-Denis, soupçonnés d'avoir volés des chèques postaux Crédit : AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Que deviendront (et que deviennent déjà) tous nos facteurs, à l'ère d'Internet ? Quelles activités leur proposer, pour éviter qu'ils ne se retrouvent au chômage? Confrontée à ce problème, La Poste invente de nouveaux services. Certains des employés du groupe au logo jaune ont déjà commencé à se reconvertir, et livrent aujourd'hui des médicaments, vendent des solutions de recyclage de papiers de bureaux ou encore relèvent les compteurs. La Poste compte ainsi "une vingtaine de projets pilotes" pour étendre le champ d'activité de ses quelque 90.000 facteurs et contrer ainsi la chute du courrier.

Une appli pour prendre des photos pour le compte d'assureurs


Le groupe a aussi commencé à doter ses facteurs de smartphones. Plus de 9.000 d'entre eux sont équipés (10%) et ils devraient tous l'être fin 2015, a indiqué le directeur général du courrier Nicolas Routier. Avec cet outil, qui permet déjà d'effectuer de nouvelles tâches comme faire signer des recommandés aux clients, La Poste envisage d'utiliser une application baptisée "Digishoot" pour prendre des photos "horodatées géolocalisées, certifiées".

"L'idée, c'est que nos facteurs pourront prendre des photos de confiance", par exemple pour le compte d'assureurs lors de sinistres (dégâts des eaux ou accidents), ou encore pour signaler à la voirie la présence d'encombrants, de nids de poule ou d'arbres tombés sur les routes, explique le directeur du courrier. Mais, souligne-t-il, il s'agit pour l'heure d'un "projet pilote" qui n'est "pas encore vendu".

150.000 occasions "où un facteur a fait quelque chose qui n'est pas du courrier"


La Seine-et-Marne où tous les facteurs devraient être équipés de smartphones sous peu, servira de laboratoire pour tester ces services "à partir de l'automne". Toutes ces mesures visent à contrer la chute du courrier, qui aura atteint quelque 20% entre 2008 et 2013 et devrait se poursuivre d'ici 2018. "Nous croyons beaucoup à l'avenir de notre réseau de facteurs", explique Nicolas Routier. "Mais nous sommes aussi lucides et nous savons que les volumes de courrier reculent de 5 à 6% par an". "Donc nous avons un devoir d'innover et de lancer de nouvelles offres en s'appuyant sur nos facteurs que les Français aiment bien et qui forment un réseau de proximité assez unique", dit-il.

À lire aussi
Une lettre (illustration) taxes
Smic, prime d'activité, gaz, timbres... Ce qui change au 1er janvier

Au total, l'entreprise, qui emploie quelque 240.000 personnes, souligne avoir déjà recensé 150.000 occasions "où un facteur a fait quelque chose qui n'est pas du courrier". "C'est à la fois encore des montants relativement faibles, mais on n'est plus dans le marginal", dit le responsable, notant "une vraie adhésion des facteurs" et "une vraie acceptation des clients".

Faire "un inventaire sur l'activité du facteur"


Ces initiatives plus ou moins développées laissent pour l'heure les syndicats dubitatifs. Elles interviennent pendant le temps de travail et ne font pas l'objet de rémunérations supplémentaires. Elles suscitent un certain scepticisme du côté des syndicats alors que La Poste, qui va changer de patron d'ici la rentrée, a perdu selon eux quelque 90.000 emplois en dix ans. "Par rapport aux 13 milliards d'objets postaux distribués chaque année, c'est très marginal", relève Claude Quinquis (CGT), pour qui "l'impact sur le chiffre d'affaires semble quand même très mince". Même sentiment pour Régis Blanchot (SUD), qui note que "La Poste communique beaucoup, alors que très concrètement c'est un peu le désert". Comme Jacques Dumans (FO) qui estime que "tous les marchés qui pourront développer l'activité du facteur sont bons à prendre", Régis Blanchot estime que l'idée de trouver de nouvelles activités n'est "évidemment pas choquante", la baisse du courrier ne pouvant être ignorée.

Mais, dit-il, cela nécessite de faire "un inventaire sur l'activité du facteur". Car "ce n'est pas parce qu'il y a moins de lettres à distribuer qu'il y a moins de kilomètres à faire", "une baisse de 5% du flux du courrier" n'étant pas forcément synonyme d'"une baisse de 5% de l'activité".
Pour Régis Blanchot, la question qui se pose est aussi celle du "sens de l'activité", évoquant par exemple une initiative en Dordogne où une personne perdant son chien pouvait solliciter les facteurs. "Si nos facteurs ne sont pas convaincus que La Poste est légitime pour proposer une offre et pour leur faire faire, on y arrive pas", souligne pour sa part Nicolas Routier.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
La Poste Info Économie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants