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Criteo, l'ex-licorne française qui poursuit sa conquête

LES PÉPITES FRANÇAISES (2/5) - Cotée à Wall Street depuis 2013, l'entreprise de reciblage publicitaire continue de grandir en s'appuyant sur ce qui a fait son succès : la technologie et l'innovation.

Jean-Baptiste Rudelle, co-fondateur de Criteo, dans les bureaux parisiens de l'entreprise.
Jean-Baptiste Rudelle, co-fondateur de Criteo, dans les bureaux parisiens de l'entreprise. Crédit : FLORIAN DAVID / AFP
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Camille Kaelblen
Journaliste

Le 30 octobre 2013, le discret Jean-Baptiste Rudelle est aux anges. L'entrepreneur réalise un rêve auquel il n'aurait même pas songé huit ans plus tôt : Criteo, son entreprise, va être introduite au Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques de la bourse de Wall Street. Valorisée à 1,55 milliard d'euros, Criteo devient ainsi la troisième entreprise française à frayer avec les géants cotés de la technologie, quittant en grande pompe le "club des licornes", ces entreprises du secteur technologique valorisées à plus de 1 milliard d'euros sans être encore cotées en bourse.

Un succès inespéré pour cette entreprise âgée de seulement 8 ans. En 2005, le diplômé de Supélec et de l'Imperial College de Londres s'associe avec Franck le Ouay et Romain Niccoli, deux anciens salariés de Microsoft, pour créer un service de produits pour sites marchands. À cette époque, la start-up stagne et n'emploie qu'une vingtaine de salariés. Mais Jean-Baptise Rudelle, "serial entrepreneur" comme il aime se définir, ne baisse pas les bras. Avec sa famille, il part s'installer à Palo Alto, en Californie, où il se met en quête d'idées et de financement.

Service à très haute valeur ajoutée

La "barrière mentale" est franchie. Une fois en Californie, ce fils d'intellectuel, qui a été élevé bien loin des codes de l'entrepreneuriat, réussit à lever 7 millions d’euros auprès de Index Venture, une société suisse de type "business angel" qui détient aujourd’hui 23% de Criteo. Cet apport signe le début de l'envolée de Criteo, qui se spécialise alors définitivement dans le ciblage publicitaire.

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Derrière cette spécialité, l'entreprise peut se targuer de disposer d'une recette miracle : un algorithme sophistiqué et constamment enrichi qui permet de suivre à la trace la navigation des internautes et donc de cibler quel produit leur proposer et à quel moment le faire. Criteo opte parallèlement pour une formule de "paiement par clic" : les entreprises qui passent leurs annonces payent l’hébergeur de la publicité seulement lorsqu'un internaute clique dessus.

Une stratégie ancrée dans la technologie

Face à cette formule alléchante, les entreprises clientes ne tardent pas à affluer. Et Criteo d'engranger les recettes, d'autant plus importantes que le service n'est pas très cher à produire. Résultat : entre 2009 et 2010, son chiffre d'affaires est multiplié par dix. Deux ans plus tard, en 2012, le cabinet Deloitte lui décerne le titre d’entreprise technologique ayant connu le plus fort taux de croissance en Europe en cinq ans, soit +202.100%.

Installée depuis 2012 dans le IXe arrondissement de Paris, l'entreprise poursuit sa croissance exponentielle. Coté à plus de 1,79 milliard d'euros, le fleuron de la French Tech embauche 300 personnes en 3 mois en 2015, faisant grimper à 1.500 le nombre de ses salariés. La société compte aujourd'hui 7.900 clients partout dans le monde. Et continue d'innover : le prochain défi de Criteo, c'est de suivre les consommateurs potentiels sur les "quatre écrans" (télé, ordinateur, mobile, tablette), tout en poursuivant son développement de nouvelles filiales en Turquie, à Dubaï et au Canada après avoir déjà conquis les États-Unis et l'Asie.

Le contagieux succès de Criteo

Et l'histoire de cette petite entreprise devenue grande inspire : d'autres entrepreneurs français sont depuis venus se placer dans le sillage de Criteo, profitant ainsi de l'effet "grappes d'innovation". C'est le cas de Geolid, une start-up lyonnaise qui aide les PME à dénicher leurs clients sur le web. Elle ne cache pas son objectif : devenir le "Criteo de la publicité locale", comme le rapporte le quotidien Les Echos. Créée en 2008, la société ne s'est dirigée vers le reciblage publicitaire qu'en 2010, au moment où Criteo perçait. Elle embauche aujourd'hui 200 salariés, et a bouclé, en septembre, une levée de fonds de 10 millions d'euros. 

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