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Crise en Grèce : banques fermées et retraits limités

Les agences garderont porte close jusqu'au 6 juillet et les guichets automatiques ne distribueront pas plus de 60 euros. Un lundi noir dans les Bourses est redouté.

Grèce : file d'attente devant un distributeur automatique à Athènes le 27 juin 2015.
Grèce : file d'attente devant un distributeur automatique à Athènes le 27 juin 2015. Crédit : ARIS MESSINIS / AFP
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et AFP

Pour éviter la faillite de son secteur bancaire et la fuite des capitaux à l'étranger, la Grèce prend des mesures drastiques. Les banques resteront fermées jusqu'au 6 juillet et, pendant cette période, les retraits aux guichets automatiques seront limités à 60 euros par jour, selon un arrêté publié au Journal officiel grec dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 juin.

Cette annonce du Premier ministre Alexis Tsipras est tombée après le refus des créanciers d'Athènes de prolonger l'aide financière au-delà du 30 juin. Le texte, signé par le président de la République Prokopis Pavlopoulos et par le chef du gouvernement, fait état "du caractère d'extrême urgence et de la nécessité imprévue de protéger le système financier grec et l'économie grecque en raison du manque de liquidité entraîné par la décision de l'Eurogroupe du 27 juin de refuser l'extension de l'accord de prêt à la Grèce". La Bourse d'Athènes devrait également rester fermée, au moins ce lundi. Les touristes séjournant en Grèce - le tourisme est un moteur vital de l'économie - et toute personne possédant une carte de crédit émise dans un pays étranger ne seront pas concernés par les mesures de limitation des retraits.

Chronologie : la crise en Grèce depuis 2010
Chronologie : la crise en Grèce depuis 2010 Crédit : jfs/pld, G. Handyside/J. Storey / AFP

Tsipras joue son va-tout

Tirant les conséquences de l'émoi provoqué par son annonce de référendum, Alexis Tsipras est apparu à la télévision dimanche soir pour inviter la population à garder son sang-froid. Il a expliqué que le refus des ministres des Finances de la zone euro, samedi, de prolonger le programme d'assistance à son pays "a conduit la BCE à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à activer les mesures de fermeture provisoire des banques et de limitation des retraits bancaires". Le Premier ministre, omettant de citer parmi les causes de cet émoi sa soudaine annonce, dans la nuit de vendredi à samedi, d'un référendum, a assuré d'un ton ferme que "les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis", tout comme le versement des salaires et des retraites.

Alexis Tsipras indique également avoir reformulé, dimanche, auprès de l'UE et de la BCE la demande de la Grèce d'une prolongation du programme d'aide dont elle bénéficie. Cette fois, la requête a été adressée au "président du Conseil européen et aux 18 dirigeants des États membres de la zone euro, ainsi qu'aux présidents de la BCE, de la Commission et du Parlement européen". "J'attends leur réponse immédiate à cette requête démocratique de base", a-t-il ajouté dans son allocution télévisée. "Ce sont les seuls qui peuvent le plus rapidement possible, et même ce soir, renverser la décision de l'Eurogroupe et donner la possibilité à la BCE de rétablir le flux des liquidités des banques". 

La porte reste entrouverte

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La mise en place de ce contrôle des capitaux avait été redoutée tout le week-end, et les distributeurs de billets grecs ont été mis à sec. "J'ai essayé plusieurs machines, cinq, six, huit, dix...", a dit Voula, excédée, à l'AFP. "Je suis inquiète, triste et en colère contre le gouvernement. Je le déteste !". Hors de Grèce également, la préoccupation du "cash" se fait plus pressante. Plusieurs pays, dont l'Allemagne, encouragent leurs ressortissants qui partent en vacances en Grèce à emporter beaucoup d'argent liquide. 

Toutefois, les créanciers ont envoyé dimanche des signaux positifs. D'abord, la Banque centrale européenne, qui a donné un répit à la Grèce en maintenant intact le plafond de fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques, alors qu'on craignait qu'elle leur coupe les vivres. Le Commissaire européen Pierre Moscovici a aussi répété sur Twitter le mantra de la Commission : "la porte est toujours ouverte" pour négocier. Ce lundi, sur RTL, il précise que le président de la Commission Jean-Claude Juncker "fera des propositions ce midi". Jean-Claude Juncker, lui, a tweeté le texte de la proposition des créanciers "pour l'information du peuple grec", laissant entendre que, si les électeurs approuvent ces propositions, il sera encore temps de s'entendre.

En France, le Premier ministre Manuel Valls a exhorté les Grecs à "revenir à la table des négociations". Il appelle à "tout faire" pour que la Grèce reste dans l'euro. Quant au FMI, il a fait savoir qu'il reste prêt à "apporter son aide". De son côté, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a estimé dimanche qu'il appartenait maintenant "aux institutions (UE, FMI et BCE) de montrer leur bonne volonté", tout en se disant ouvert à de nouvelles négociations pour parvenir à un compromis in extremis. 

Lundi noir dans les Bourses ?

Mais les marchés financiers, souvent prompts à des réactions très volatiles, risquent de mal prendre ces nouveaux rebondissements et la journée de lundi s'annonce mouvementée. À Paris, la Bourse a chuté à l'ouverture de 4,70%. À Francfort, le Dax perdait 4% dans les premiers échanges. Lisbonne a chuté de 5,6%, Madrid de 4%, Amsterdam de 4,1% et Londres de 2%. 

Ce lundi matin, les marchés asiatiques se repliaient, plombés par les craintes de voir Athènes sortir de la zone euro. À la mi-journée, Tokyo perdait 1,78%, Sydney cédait 1,81%, Séoul 1,45%, Taipei 1,90% et Hong Kong 1,76%. Les Bourses continentales chinoises, qui s'étaient envolées ces derniers mois et ont subi une dégringolade spectaculaire vendredi - plus de 7% -, ont connu un bref sursaut avant de replonger, dans un marché paniqué. Shanghai et Shenzen ont ouvert en hausse (+2,31% et +1,77% respectivement), avant de perdre respectivement 7,35% et 6,9%.

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