2 min de lecture Agriculture

Crise agricole : "Mes collègues qui livrent à Lactalis sont payés 0,25 euro le litre de lait, il nous faudrait 36 centimes"

INVITÉE RTL - Marie-Andrée Luherne, responsable de la Fédération nationale des producteurs de lait en Bretagne, manifestera lundi 22 août devant le siège de l'entreprise.

micro générique L'invité RTL du week-end Stéphane Carpentier iTunes RSS
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L'invité RTL du week-end du 21 août 2016 Crédit Image : PATRICK MONNARD / AFP | Crédit Média : Anne Le Henaff | Durée : | Date : La page de l'émission
Anne Le Henaff
Anne Le Henaff et Ludovic Galtier

La crise agricole n'en finit plus. Lundi 22 août, les producteurs de lait manifesteront leur colère contre les pratiques du groupe Lactalis (Lactel, Président, Bridélice) au siège de ce géant à Laval (Mayenne). Marie-Andrée Luherne, responsable de la Fédération nationale des producteurs de lait en Bretagne reproche à Lactalis de ne pas rémunérer ses producteurs "correctement". "Mes collègues qui livrent à Lactalis sont payés 0,25 euro le litre, 256 euros les 1.000 litres. Ils sont les leaders mondiaux, ils sont les moins disants et on sait très bien que les autres laiteries vont emboîter le pas. On leur reproche d'avoir donné un très mauvais signe à la profession. On est déjà en crise depuis plus d'une année. On ne peut plus toujours accepter être la variable d'ajustement."

L'éleveuse de vaches laitières dans le Morbihan, qui se bat également pour une valorisation de l'étiquetage (macaron bleu, blanc, rouge), estime que "pour vivre de notre métier, il nous faudrait 36 centimes. En France, on a le coût environnemental, on a le bien être animal, on a le coût social. On a un produit de très haute qualité. Et quelque part, on veut nous payer au prix lambda du lait qui arrive de n'importe où dans le monde."

Avant d'aller travailler j'ai perdu 300 euros sur une journée

Marie-Andrée Luherne, responsable de la Fédération nationale des producteurs de lait
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Pour les exploitants, cette faible rémunération a des conséquences lourdes. "On travaille en dessous de nos coûts de production, donc on perd de l'argent tous les jours. Par exemple, sur mon exploitation ce matin, avant d'aller travailler j'ai perdu 300 euros sur une journée, ça fait 9.000 euros pour le mois. Je ne peux pas payer toutes mes factures sans parler de prendre de l'argent pour vivre. Quelque part, je paye pour aller travailler. Dans l'agriculture, on tient parce que notre patrimoine privé et professionnel est souvent lié. Si on dépose le bilan, on perd tout, on perd même notre habitation. On met en danger des hommes, des femmes mais aussi des familles. "

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